Au cours de la dernière semaine, les nuages les plus sombres se sont dissipés. Après le relèvement du plafond de la dette des États-Unis de 31,4 milliards de dollars par la Chambre des représentants puis par le Sénat, négocié avec acharnement pendant des semaines, les tensions se sont apaisées. Les investisseurs ont apprécié le fait que les États-Unis aient évité une insolvabilité imminente, pour ainsi dire à la dernière minute. Les marchés ont gagné à la fin de la semaine ce qui avait été perdu en début de semaine. L’indice du marché suisse (SMI) a terminé la semaine à 11’443 points (+6,7 % depuis le début de l’année).
Le fait le plus marquant est la perte hebdomadaire de Nestlé (-2,2 %), imputable au changement de personnel au niveau de la direction de la plus grande entreprise alimentaire mondiale, qui compte plus de 275 000 collaborateurs. Âgé de 61 ans, le directeur financier François-Xavier Roger a annoncé sa démission, probablement pour prendre la présidence du conseil d’administration de Sandoz et se préparer à l’entrée en bourse correspondante. Nous sommes certains que le passage de témoin à Anna Manz, sa remplaçante compétente et expérimentée, a eu lieu sans aucune difficulté. Nous estimons que la perte de valeur de marché de 6 milliards de francs de Nestlé à la suite de ce changement de personnel est injustifiée.
À Wall Street, les préoccupations relatives à l’augmentation des taux d’intérêt se sont atténuées. Le 14 juin, la Réserve fédérale (Fed) a pu faire une pause pour la première fois. La note conjoncturelle de la Fed (le Livre beige) et le robuste marché du travail ont également contribué à détendre la situation. Au mois de mai, 339’000 nouveaux emplois ont été créés en dehors du secteur de l’agriculture en forte expansion. Les économistes interrogés ne s’attendaient qu’à 190’000 nouveaux emplois. Cela démontre la force de l’économie pour faire face à l’augmentation des taux d’intérêt de référence. Parallèlement, l’évolution modérée des salaires a été particulièrement convaincante (à nouveau seulement +0,3 % en mai), ce qui signifie qu’il n’y a aucun signe d’une spirale salaires-prix aux États-Unis.
La hausse des salaires sur base annuelle n’est pas un indicateur significatif. Cependant, certaines des mesures les plus récentes de hausse des salaires, comme l’«Atlanta Fed Wage Tracker» aux États-Unis et ce qu’on appelle les «Negotiated Wages» dans la zone euro, sont publiées uniquement en tant que taux annuels : les limites des données empêchent donc d’évaluer avec précision la tendance sous-jacente de la croissance séquentielle des salaires.
Toutefois, sur la base des données salariales mensuelles séquentielles les plus récentes, tout porte à croire que la hausse des salaires aux États-Unis est ralentie de façon significative depuis début 2022. Dans la zone euro, les pressions inflationnistes ont été plus tardives et plus fortes qu’aux États-Unis, par conséquent le ralentissement de la hausse des salaires n’est pas attendu avant le second semestre de l’année. Par ailleurs, la forte baisse de l’inflation dans la zone euro est déjà considérée comme positive. L’indice des prix à la consommation a baissé en mai à 6,1 % en glissement annuel. Les prix ont même diminué par rapport au mois d’avril : en glissement mensuel, l’inflation a été de -0,1 %, c’est-à-dire que les prix sont entrés dans une phase déflationniste.
La tendance de l’inflation dans les pays industrialisés reste à la baisse. Rien ne laisse présager une inversion de tendance. L’ampleur de la vitesse est surprenante. En février, l’office statistique Eurostat a mesuré une croissance de +8,7 % dans la zone euro par rapport au même mois de l’année précédente. Entre-temps, le taux d’inflation est descendu à +6,1 % en mai. Les prix à la production ont diminué encore davantage. Les coûts énergétiques et de transport extrêmes, ainsi que les problèmes de la chaîne d’approvisionnement, appartiennent au passé. L’économiste Robin Brooks du célèbre Institute of International Finance (IIF) n’exclut pas un «choc déflationniste mondial» dans un avenir plus lointain.
Les prix de l’énergie et de l’électricité dans le commerce de gros européen ont complètement chuté. Tandis qu’en août dernier le prix d’un mégawattheure était de plus de 300 euros, il n’est que de 22 euros aujourd’hui. La situation est similaire dans le secteur électrique, ce qui signifie que les frais annexes d’un ménage finiront par diminuer et par compenser ainsi au moins en partie la légère augmentation potentielle du loyer (après l’augmentation du taux d’intérêt de référence).
C’en est aussi fini du temps où il suffisait de rendre les voyages plus chers. L’exemple de Singapore Airlines, où l’accès au Wi-Fi est désormais gratuit pour tous, démontre combien il est difficile de faire des comparaisons d’une année sur l’autre. Il est possible qu’un ensemble de services soit devenu plus coûteux, mais il inclut aussi plus de services. Les premières compagnies aériennes, assez coûteuses, permettent aux voyageurs d’accéder à Internet sans frais supplémentaires et tentent de regagner le terrain perdu, notamment auprès des clients des classes les plus économiques.
De nombreux producteurs de biens de consommation savent que l’inflation a atteint son pic depuis longtemps et estiment pouvoir encore modifier un peu les prix, mais les revendeurs exercent une contre-pression en se concentrant sur leurs marques les plus économiques. La pression sur les prix a augmenté également pour les biens de consommation durables comme les automobiles et les meubles. Pendant le semestre d’hiver, la consommation privée et le pouvoir d’achat ont diminué en raison de l’inflation élevée, mais cette tendance s’est désormais inversée.
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – juin 2023
Le jeudi 15 juin et le mardi 20 juin 2023 aura lieu la 31e édition du Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz au Theater Casino de Zoug et au KKL de Lucerne.
Le programme sera mené par Timo Dainese, fondateur et partenaire dirigeant ainsi que par le Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef et partenaire dirigeant de Zugerberg Finanz.
A cette occasion, notre orateur invité, le Professeur émérite et Docteur en sciences naturelles Lutz Jäncke, de l’Institut des neurosciences de l’Université de Zurich, nous emmènera pour un voyage fascinant et nous expliquera de manière compréhensible et divertissante à quel point le cerveau influence nos pensées, nos actions et nos sentiments, et que ces interactions n’ont parfois qu’un rapport marginal avec la raison.
La séance d’information se déroulera à deux occasions au Theater Casino (Zoug) et à une occasion au KKL (Lucerne).
Theater Casino de Zoug
KKL Lucerne
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