La semaine dernière, le Swiss Market Index (SMI) a légèrement reculé pour atteindre 11’022 points (-1,6%). Ces derniers jours, les bourses dans de nombreuses régions se sont accordé un moment de répit à l’approche du sommet, celles-ci ayant connu après tout une reprise générale au mois d’avril. Malgré des résultats trimestriels exceptionnellement bons, il y a quand même eu quelques prises de bénéfices sur le marché global.
Et pourtant, le meilleur reste à venir. L’économie américaine devrait afficher une croissance de 7% à 8% environ cette année. L’effet de richesse positif, qui s’élève à approximativement dix billions de dollars depuis janvier 2020, et l’épargne excédentaire à hauteur de 1,9 billion de dollars environ accumulée durant la période de confinement provoquent actuellement un véritable boom de consommation aux Etats-Unis. Sans compter les divers plans de soutien fiscaux et monétaires qui ont tous pour effet parallèle d’encourager les investissements de remplacement et les nouveaux investissements tout en dynamisant fortement la conjoncture.
Les indices des directeurs d’achat européens continuent leur progression. On voit ici se profiler des chiffres supérieurs à la barre des 60, autrement dit l’accélération des activités économiques devrait durer bien au-delà de l’automne 2021. Il s’agit d’excellents signes avant-coureurs révélant que dans les trimestres qui viennent, les chiffres d’affaires augmenteront sensiblement au niveau «topline» et qu’au niveau «bottomline», c’est-à-dire en fin de compte, il en résultera de meilleurs bénéfices.
Au vu de ces perspectives, bon nombre de valeurs de substance européennes ont toujours une valorisation modérée. Leur ratio cours/bénéfice demeure intéressant face au potentiel de croissance.
Du point de vue des investisseurs suisses, il convient d’observer le mois d’avril en gardant un œil sur les fluctuations monétaires. Par exemple, le Dow Jones américain a certes progressé de 2,7% en dollar en l’espace d’un mois, affichant fin avril 33 875 points. Mais parce que le dollar s’est montré relativement faible, le résultat pour l’investisseur suisse est une performance mensuelle négative de -1,0%. Nous aborderons ce sujet plus en détail dans le rapport mensuel du mois de mai qui sera publié dans le courant de la semaine.
Notons aussi que l’indice boursier britannique FTSE 100 s’est apprécié de 3,8% dans la monnaie locale, alors que la hausse en franc suisse s’est limitée à 1,0%. A la différence de la livre Sterling et du dollar, l’euro a fait preuve de force. Ce fut l’une des surprises du mois boursier d’avril. Une autre a été la pentification de la courbe des taux dans la zone euro. Les emprunts d’Etat à dix ans en France, en Italie et au Portugal ont affiché une hausse de rendement d’au moins 0,2% en un mois. En conséquence, le rendement des emprunts d’Etat à long terme de la Grèce est aussi élevé que celui de l’Italie (0,9%). Les deux nations doivent désormais payer beaucoup moins que les Etats-Unis (1,6%) pour s’acquitter de leur dette à long terme.
Près de la moitié des rapports trimestriels a d’ores et déjà été publiée. Malgré le contexte difficile, les résultats obtenus ont été exceptionnellement positifs. Les prévisions de bénéfices ont été largement dépassées. Ceci était toutefois inévitable pour certaines actions. Lorsque Microsoft a présenté ses résultats trimestriels, ces derniers étaient supérieurs aux attentes de 10%. Malgré tout, le cours a légèrement baissé, étant donné qu’il avait déjà sensiblement progressé en amont du rapport, dépassant de 13% la valeur du début d’année.
Facebook et Alphabet, la maison mère de Google, qui se livrent tous deux une bataille sans merci avec Apple, ont publié des résultats convaincants. Pour l’essentiel, il est question de nouvelles règles sur les données mises en place par Apple avec son nouveau système d’exploitation pour iPhone. Dorénavant, il est demandé expressément si l’on souhaite un suivi de ses activités en ligne; jusque-là, le suivi devait être désactivé manuellement. Les activités publicitaires de Facebook et de Google étant basées sur l’analyse des données de leurs utilisateurs, cela représenterait un revers de fortune si ces derniers étaient nombreux à refuser le suivi.
Or, la technologie de publicité moderne est très appréciée. On n’est pas inondé de publicités inutiles, mais on reçoit plutôt des informations ciblées et personnalisées. Facebook est très bien positionné en particulier dans la classe moyenne en Asie et profitera à l’avenir du désir de consommation croissant dans cette région. Pour le premier trimestre, Facebook a fait état d’un bond de son chiffre d’affaires à 26,2 milliards de dollars (+48%). Le résultat net s’est presque doublé pour atteindre 9,5 milliards de dollars – et les mois qui viendront seront encore meilleurs.
En revanche, Samsung Electronics est mis à mal par l’actuelle pénurie de puces électroniques, les importants fabricants de smartphones ayant commandé moins d’écrans chez Samsung en raison du manque de micropuces. Ce creux ne sera probablement pas de longue durée. La demande de téléviseurs et d’appareils électroménagers durant la pandémie a fortement augmenté, et la prochaine Coupe d’Europe de football ainsi que les Jeux olympiques devraient être responsable d’une conjoncture exceptionnelle pour le trimestre actuel.
Cette année aussi, nous préférons ne pas suivre le fameux dicton saisonnier «sell in May and go away». Il y a un an déjà, nous avions conseillé de laisser les actifs fructifier pleinement dans les mandats. Et cela a été payant.
Nous sommes convaincus cette année aussi que ce dicton devrait être reformulé comme ceci: «buy in May and go away». Il y a toujours une trop grande quantité d’argent sur les comptes bancaires. Or, il existe d’excellents moyens pour permettre à cet argent de fructifier en cette période de forte reprise conjoncturelle.
Le produit intérieur brut suisse a déjà retrouvé son niveau d’avant la crise au mois d’avril. D’autres pays n’en sont pas encore là. Le secrétariat d’Etat à l’économie à Berne publie toutes les semaines l’indice des activités économiques. Il en ressort que la baisse lors de la première vague de la pandémie et le creux de la deuxième vague ont d’ores et déjà été compensés. Mais ceci ne doit en aucun cas nous faire oublier que certaines branches souffrent toujours énormément et que dans l’un ou l’autre cas, cette perte de prospérité n’est probablement pas seulement de nature temporaire.
Les investisseurs qui détiennent un surplus de liquidités profitent actuellement du besoin de capitaux de l’économie croissante. La stratégie de gestion active que nous poursuivons dans chaque classe d’actifs et leur combinaison optimale vous promettent toujours beaucoup de bonnes perspectives de croissance dans le contexte actuel de reprise.
Cordialement, Maurice Pedergnana