Rapport hebdomadaire 15/2020

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La concentration sur le marché national s’avère payante

L’indice boursier suisse du marché actions Swiss Market Index (SMI) a affiché une tendance à la hausse pour la troisième semaine consécutive. Le SMI a terminé la semaine dernière à 9’242 points (+2,7%). Il le doit avant tout à ses poids lourds que sont Nestlé, Novartis et Roche.

Grâce à son orientation défensive avec ses poids lourds issus des industries agroalimentaire et pharmaceutique, lesquelles sont moins sensibles à la conjoncture, le SMI représente le meilleur marché d’actions à travers le monde. Il est relativement bien conservé, et cet état de fait confirme qu’il n’est pas toujours nécessaire de courir derrière chaque tendance d’investissement dans les secteurs allant de l’impression 3D jusqu’à la technologie financière, en passant par la robotique.

En plein cœur de la crise de la maladie à coronavirus, les investisseurs à long terme qui ont concentré la base de leur épargne en actions sur le marché national doivent se sentir confortés dans leur décision. Le marché d’actions suisse offre quelques perles, également des perles de dividendes. L’éclat repose parfois sur la performance absolue et parfois sur la performance relative. Actuellement, le SMI affiche un recul d’environ 13% par rapport au début de l’année. C’est toujours mieux qu’ailleurs. L’indice européen Euro Stoxx 50 affiche un recul de 29%, le Dow Jones américain de 26%, et le Nikkei japonais de 25%.

En toute honnêteté, il convient de préciser qu’en Suisse, d’autres indices sont également suivis parmi les experts. Il s’agit d’une part du «SPI Extra» qui renferme de petites et moyennes entreprises. Cet indice a perdu 22% de sa valeur depuis le début de l’année. Et pour ce qui est du «SMIM» qui représente les sociétés de taille moyenne, le recul atteint même les 25%. Ceci n’est pas étonnant. En effet, ces indices comportent d’importantes entreprises axées sur l’exportation, lesquelles ont connu une forte baisse passagère dans leurs activités commerciales en raison de la pandémie.

Encore une fois, nous nous référons aux termes «passager», «à court terme» et «temporaire». Toutefois, il est important de ne pas perdre le long terme de vue. Les deux faux-pas les plus fréquents sur les marchés des capitaux sont une réaction excessive face à de fortes variations à court terme, et une réaction timide face à une tendance structurelle. Le premier est compréhensible. Sur un plan émotionnel, les phases de volatilité élevée ne sont pas faites pour les nerfs fragiles. À bout de nerf, on finit par vendre, peut-être même au point le plus bas, sans même disposer d’un concept de réinsertion sur le marché. On encourt alors le risque de recommencer à entreprendre des placements en actions alors même que les cours sont déjà à nouveau bien plus élevés.

Toutefois, une réaction timide face à un changement structurel est peut-être la plus grosse erreur. Persuadés de ne pas pouvoir établir de prévisions, on se raccroche au passé. Or, l’économie évolue. Nous abordons ce sujet dans le «Sujet de la semaine».

Sujet de la semaine: Un portefeuille prometteur et plein d'avenir

Certains se raccrochent strictement au passé car il semblerait que rien ne puisse être pronostiqué et que tout tende à nouveau vers le milieu sur le long terme. C’est une façon de voir les choses que nous ne partageons pas en grande partie. Le passé appartient au passé, il ne reviendra jamais. Les économies nationales sont des entités dynamiques qui évoluent structurellement, tout comme les ménages privés sous-jacents, l’État et les entreprises.

Une réaction timide face à un tel changement structurel est considérée comme un faux-pas majeur. En effet, l’économie évolue. Chaque époque est empreinte d’un courant de pensée spécifique, fascinée par les «figures de proue» respectives de l’entrepreneuriat. Il y a bien longtemps de cela, les entreprises ferroviaires étaient considérées comme des valeurs «sûres». Elles signifiaient dynamisme et modernité. Durant l’époque d’après-guerre, les entreprises sidérurgiques formaient la base d’une portefeuille.

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, les groupes pétroliers sont réputés «solides et sûrs». Bien que la première raffinerie commerciale ait été ouverte plus de cent ans auparavant (en 1860, à Bakou), il a fallu très longtemps avant que des entreprises pétrolières s’établissent. Ce fut tout d’abord une source d’énergie marginale. Le charbon jouait alors un rôle bien plus important. Au fil du temps, le pétrole est parvenu à évincer beaucoup de matières premières, pour finalement se voir élever au plus haut niveau dans le mix énergétique mondial.

Or, le changement structurel veille peu à peu à une évolution de la tendance du mix énergétique. La demande en pétrole brut en est également impactée. Les prix ont chuté à leur plus bas niveau depuis 18 ans. La consternation se répand dans toute la branche. À l’occasion de la prochaine réunion de l’OPEP+, d’importantes réductions de production devraient être décidées dans la mesure où le prix ne s’écroule pas.

En tant que gestionnaire de portefeuille, il convient de veiller à ce que l’économie mondiale soit dynamique et capable de s’adapter. Celle-ci est tout juste en train de se décarboniser. Les énergies solaire, éolienne et hydraulique gagnent des parts de marché. Un portefeuille ne doit pas s’orienter sur le passé, mais doit intégrer les changements structurels et être conçu de manière à être porteur d’avenir.

Les principales dates de la nouvelle semaine

6 avril 2020 Inde: PMI services au mois de mars
7 avril 2020 Chine: nouveaux crédits aux entreprises au mois de mars
9 avril 2020 États-Unis: indice du sentiment économique de l'université de Michigan pour le mois d'avril
10 avril 2020 Pays producteurs de pétrole: réunion OPEP+ au mois d'avril

Commentaire

La reprivatisation contrainte et forcée à travers les interdictions de contact et les restrictions de sortie porte sur les nerfs. Néanmoins, la réussite collective évidente justifie les mesures, et nous espérons tout naturellement que la discipline sera respectée également tout au long des vacances de Pâques. La météo printanière peut quelque peu consoler en rappelant qu’outre le salon, le balcon, le jardin ou la cour devant le garage peuvent, eux aussi, devenir un terrain de jeu.

En outre, la numérisation s’accélère à un rythme inattendu. Des applications telles que Teams, Skype et Zoom veillent à ce que les rencontres aient toujours lieu, même si celles-ci ne sont que virtuelles. La semaine dernière, nous avons d’ailleurs organisé notre réunion ordinaire du conseil d’administration de cette manière. Pas à pas, nous avons traité les points à l’ordre du jour à l’aide des documents correspondants que nous avons projetés sur l’«écran de réunion» virtuel. Vous en saurez plus sur les décisions que nous avons adoptées au cours de cette réunion du conseil d’administration dans les prochaines semaines.

Nous aborderons ce mois de mars 2020 historique et les conséquences de ce dernier sur les portefeuilles dans le rapport mensuel du mois d’avril qui paraîtra demain.

Nous espérons que vous et vos proches allez bien et que vous gérez bien ces temps difficiles. Nous vous souhaitons de bien débuter cette 4e semaine de confinement. Récemment, l’Europe a émis des signes encourageants d’enraiement de la propagation de la Covid-19.

Cordialement, Timo Dainese

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2019
SMI 9'242.4 –12.9%
SPI 11'292.0 –12.0%
DAX € 9'525.8 –28.1%
Euro Stoxx 50 € 2'663.0 –28.9%
S&P 500 $ 2'488.7 –23.0%
Dow Jones $ 21'052.5 –26.2%
MSCI EM $ 831.7 –25.4%
MSCI World $ 1'776.9 –24.7%
Marchés obligataires depuis 31/12/2019
SBI Dom Gov TR 234.1 –0.6%
SBI Dom Non-Gov TR 113.6 –4.9%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2019
SXI RE Funds 414.9 –4.9%
SXI RE Shares 2'790.9 –14.7%
Matières premières depuis 31/12/2019
Pétrole ($/Bbl.) 28.3 –53.6%
Or (CHF/kg) 50'926.2 +7.6%
Cours de change depuis 31/12/2019
EUR/CHF 1.0562 –2.7%
USD/CHF 0.9773 +1.1%
EUR/USD 1.0801 –3.8%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.61 −0.8 - −0.6 −0.8 - −0.6
EUR –0.23 −0.5 - −0.2 −0.2 - ±0.0
USD +1.39 +1.0 - +2.0 +1.0 - +2.0
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.31 −0.6 - −0.4 −0.5 - ±0.0
EUR –0.45 −0.5 - −0.1 −0.5 - ±0.0
USD +0.59 +0.3 - +1.0 +0.9 - +1.4
Renchérissement
2020P 2021P 2022P
Suisse –0.5% 100.0% 120.0%
Zone euro 20.0% 160.0% 190.0%
Etats-Unis 60.0% 160.0% 220.0%
Economie (PIB real)
2020P 2021P 2022P
Suisse –3.0% +1.5% 150.0%
Zone euro –4.0% 180.0% 160.0%
Etats-Unis –4.0% 220.0% 200.0%
Global –2.5% 300.0% 320.0%
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