Les prévisions de croissance pour le quatrième trimestre en Europe ont été revues à la hausse par rapport au trimestre précédent. De quoi espérer une bonne fin d’année 2021, tant sur le plan économique qu’au niveau des entreprises et de l’évolution de leurs bénéfices. Cette hausse va de pair avec de solides perspectives pour les deux prochaines années, qui s’inscriront dans la continuité de la reprise économique. Pour l’instant, il s’agit encore de surmonter les pénuries de l’offre et les arrêts d’approvisionnement mondiaux liés à la pandémie, qui donnent du fil à retordre aux entreprises de l’industrie 4.0. En revanche, les courbes d’inflation, dont les hausses sont essentiellement dues aux prix de l’énergie, s’aplatissent, et les taux d’inflation devraient descendre à partir du quatrième trimestre 2021 (aux Etats-Unis) et du premier trimestre 2022 (en Europe).
Récemment, le président de la réserve fédérale américaine, la Fed, a laissé entendre qu’il considérait l’objectif d’inflation comme bientôt atteint. Toutefois, la Fed poursuit un objectif tout aussi important que la stabilité des prix, à savoir le plein emploi. Et il y a toujours beaucoup de problèmes à ce niveau. Le taux d’emploi reste bas, et les personnes touchant de bas salaires ainsi que les membres de minorités ont du mal à prendre pied sur le marché du travail en cette période de relance conjoncturelle. La Fed accorde désormais une plus grande importance à la lutte contre les inégalités, ce qu’elle communique de manière claire et transparente.
Les taux d’intérêt se sont substantiellement éloignés de leurs plus bas. Aux Etats-Unis, on attend maintenant une hausse du taux directeur de 0,25 % d’ici la fin de l’année 2022, et au Royaume-Uni, on table même sur trois hausses de cette nature. En Suisse, les taux directeurs devraient rester inchangés.
Fort heureusement, la valeur temps de l’argent reste nulle. En effet, il faut actuellement se montrer un peu patient, les marchés ayant besoin de temps pour retrouver clairement une trajectoire de croissance. Pendant 17 mois, la tendance n’a été que haussière. Puis, en septembre, les marchés boursiers ont fait un break et les marchés obligataires ont reculé en raison des taux d’intérêt. La volatilité a augmenté d’environ 27 %. L’indice boursier suisse, le Swiss Market Index (SMI), a chuté de 6,1 %, tandis que l’indice des obligations de la Confédération (SBIDGT) a accusé une perte de valeur de 2,0 % au mois de septembre. L’indice boursier mondial (MSCI World) a reculé de 4,1 %, le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques, de 5,3 % et l’indice Golden Dragon, constitué de sociétés chinoises, voire de 9,8 %.
Au vu de ces valeurs de référence, il n’est pas étonnant que nos solutions de placement à risque aient essuyé des pertes plus importantes au mois de septembre. Une chose qui se reflète clairement dans la solution Fondspicking100 (de -2,5 % à +14,7 % depuis le début de l’année). Grâce à l’utilisation des fondations de placement, les véhicules de placement largement diversifiés de la Fondation de libre passage ont permis d’amortir cette baisse, ceux-ci ayant perdu en septembre, pour l’essentiel, la performance positive du mois d’août – rien de plus. Dans la classe de risque 2, la Fondation de libre passage affiche +7,7 % depuis le début de l’année (-1,6 % en septembre) et dans la classe de risque 3, +8,7 % (-2,2 %).
Dans la classe de risque 3, la performance mensuelle basée sur les titres individuels a été d’environ -3 %. Dans Revo 3, elle a été un peu plus négative (-3,7%) que dans les solutions Z3 et R3 enregistrant respectivement -3,0 % et -2,8 %.
La production économique mondiale s’est sensiblement redressée cette année, après s’être effondrée l’année dernière. Or, selon les prévisions de nombreuses institutions, une part considérable du boom économique ne se fera sentir que dans les deux prochaines années. Le rythme d’expansion reste donc effréné, et les prévisions pour 2022/23 ont même été récemment légèrement revues à la hausse.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit une croissance plus faible que prévu pour l’économie européenne cette année en raison des goulots d’étranglement dans l’industrie. D’après les dernières prévisions, le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne augmentera de 2,9 %. Au mois de mai, l’OCDE prévoyait encore un taux de croissance de 3,3 % pour l’Allemagne. En conséquence, le taux prévu pour 2022 est passé de 4,4 % à 4,6 %. On observe un net regain d’optimisme pour 2023.
L’industrie automobile, qui est profondément ancrée dans le commerce mondial, et le secteur manufacturier dans son ensemble ont été fortement mis à mal par les goulots d’étranglement et les difficultés logistiques à l’échelle mondiale. On enregistre temporairement des arrêts de production durant plusieurs semaines – soit dit en passant, pour un bien qui ne représente même pas 1 % des coûts de production. Les risques liés à la chaîne d’approvisionnement ont été massivement sous-estimés, en particulier dans la filière automobile où les procédés de production «juste à temps» ont été «optimisés» pratiquement sans entreposage.
A partir du quatrième trimestre, on devrait assister à une élimination progressive des goulots d’étranglement affectant les chaînes d’approvisionnement et à un renforcement de la reprise. Pour l’économie mondiale, l’OCDE prévoit une croissance légèrement plus faible de 5,7 % pour 2021 (contre 5,8 % précédemment), et la prévision de croissance pour 2022 a été relevée en conséquence. Pour 2022, de nombreux économistes s’attendent à ce que la croissance économique soit supérieure de 0,5 % aux prévisions antérieures. Par conséquent, les principaux piliers de la croissance restent le commerce mondial et, surtout, la consommation privée. Il semblerait que «l’épargne forcée» due au Covid soit terminée; les effets de rattrapage se poursuivront jusqu’aux deux prochaines années. Le boom économique post-Covid initialement prévu pour l’été et l’automne 2021 est encore reporté.
Il est intéressant d’écouter les réactions des compagnies de croisières par exemple. La société norvégienne Hurtigruten accueillera de nouveau des passagers à partir de l’hiver 2021/22. Les cours des actions des plus grandes compagnies (Carnival Cruises, Norwegian Cruise Line et Royal Carribean) ont nettement augmenté ces dernières semaines, atteignant pour la plupart leur plus haut depuis plusieurs mois. Les réservations de voyages en bateau en 2022/23 ont récemment affiché une hausse considérable – au même titre que tout l’indice du voyage et des loisirs. Par exemple, les actions de l’aéroport de Zurich ont progressé de 10 % en septembre au vu des signes de normalisation qui se profilent dans l’industrie internationale du tourisme et des voyages d’ici à 2024.
La pandémie n’est pas encore terminée et l’économie mondiale est loin d’être redevenue normale. Néanmoins, les banques centrales du monde entier se mettent à repenser leur politique d’expansion monétaire. Compte tenu des risques qui perdurent, la Réserve fédérale américaine (Fed) ainsi que la Banque centrale européenne (BCE) accordent actuellement beaucoup d’importance à la flexibilité de la politique monétaire.
La persistance des pénuries d’approvisionnement dans le commerce mondial et la pandémie de coronavirus pèsent sur le moral économique dans la zone euro. Selon les experts en études de marché de l’IHS Markit, l’indice des directeurs d’achat a reculé de 2,9 points pour s’établir à 56,1 points en septembre. Toutefois, le baromètre est resté largement au-dessus du seuil de croissance de 50 points. Ceci a pu être confirmé dans un indice essentiel.
Après le pic atteint temporairement cet été par le baromètre de tendance de la Commission européenne pour la zone euro, les entreprises et les consommateurs ont fait preuve de davantage d’optimisme en septembre. Très important, l’indicateur du climat économique (ESI) s’est amélioré de 0,2 point par rapport au mois précédent pour atteindre 117,8 points, alors que les analystes s’attendaient à une nouvelle baisse à 117,0 points. Or, l’évolution diffère selon les secteurs. Le climat dans l’industrie et le moral des consommateurs se sont améliorés, tandis que le secteur des services et le commerce de détail se sont montrés plus pessimistes.
Face au contexte de reprise économique persistante, la Banque centrale européenne (BCE) prévoit de diminuer légèrement ses achats d’obligations au quatrième trimestre de cette année. C’est ce qu’a décidé le Conseil des gouverneurs de la BCE lors de sa réunion de septembre à Francfort. Il est prévu que les achats de titres d’Etat et de sociétés dans le cadre du programme d’achats d’urgence lié à la crise du coronavirus, Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP), soient «modérément» réduits par rapport aux deux trimestres précédents. Le Conseil estime que les conditions de financement actuellement favorables pourront être maintenues, même si le rythme des achats est ralenti.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a réaffirmé cette position lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion. Néanmoins, elle n’a pas précisé dans quelle mesure la banque centrale prévoyait de ralentir le rythme de ses achats. Récemment, la BCE avait injecté près de 80 milliards d’euros par mois dans des titres par le biais du PEPP. En même temps, les autorités monétaires avaient confirmé la durée du programme avec un volume de 1,85 trillion d’euros au moins jusqu’à fin mars 2022.
C’est une bonne chose que le Conseil des gouverneurs de la BCE se mette à bouger et fasse un premier pas timide sur le long chemin vers la fin des achats d’obligations. Les taux d’inflation, façonnés par l’effet de base de 2020, ne sont pas inquiétants. Aussi, la fin du soutien de la politique monétaire n’est pas encore en vue. Malgré l’amélioration de l’environnement macroéconomique, les inquiétudes autour de la pandémie restent importantes. On peut s’attendre maintenant à ce que la BCE laisse son taux directeur à son plus bas record de 0,0 % même en 2022.
Au niveau obligataire, les ventes massives d’obligations à long terme ont fait chuter les cours en septembre. Les emprunts d’Etat de référence à dix ans en Suisse et aux Etats-Unis ont perdu respectivement 1,4 % et 1,5 % en septembre. Ces reculs sont dus au renforcement des peurs inflationnistes, bien qu’une part importante de l’inflation s’explique par l’envolée exceptionnelle du prix du pétrole brut par rapport à l’année précédente.
Lorsque les taux d’intérêt augmentent, les obligations voient leurs cours baisser. Des pertes de valeur sont réalisées sur le portefeuille d’emprunts et d’obligations. Cependant, les taux d’intérêt ne changent pas simplement. Quand on parle de taux d’intérêt, il s’agit généralement du rendement, autrement dit de la rémunération d’une obligation jusqu’à son remboursement ou son expiration.
Les taux d’intérêt ou taux actuariels sont, en définitive, le résultat des achats et ventes d’obligations. Quand une vague d’achats commence, les cours des obligations augmentent et, par conséquent, les taux actuariels diminuent. Dans le cas d’une vague de ventes, c’est l’inverse. En temps incertains, les fonds sont souvent investis dans des emprunts d’Etat, c’est-à-dire qu’une vague d’achats est déclenchée. Mais à chaque règle son exception. Si le mois de septembre a été marqué par plusieurs inquiétudes, on a néanmoins assisté à une très forte vague de ventes en lieu et place d’achats massifs d’emprunts d’Etat. L’indice réunissant toutes les obligations fédérales a régressé de 2,0 % en septembre. Un chiffre plus important que le recul de 1,4 % de l’obligation de référence de la Confédération à dix ans, ce qui peut être imputé au fait que la duration moyenne des emprunts d’Etat de la Confédération est de 12,41.
Si ces liens de corrélation sont peut-être banals pour nous qui gérons des actifs, ils ne sont pas profondément ancrés dans l’esprit du grand public. Selon certaines enquêtes, il existe quelques lacunes importantes dans la culture économique et financière des jeunes. Nombre sont ceux qui ne connaissent pas des termes comme taux d’inflation et taux d’intérêt réel. En même temps, les jeunes sont très nombreux à vouloir améliorer leur savoir économique.
La mise en place d’une matière correspondante pourrait être certainement utile afin de leur transmettre des connaissances sur les sujets financiers. L’éducation économique pourrait donner aux jeunes les outils dont ils ont besoin pour mieux comprendre le monde et la vie quotidienne. On pourrait aussi commencer par un petit montant à épargner au moyen d’une solution de titres permettant de suivre l’évolution de l’épargne sur son mobile. Nous considérons que les expériences acquises dans la pratique sont tout aussi efficaces que dans la théorie. C’est un peu comme conduire une voiture: passer son code ne suffit pas pour être un bon conducteur.
Pour finir, nous aimerions encore insister sur nos prévisions. Bien évidemment, nos réflexions prennent toujours en compte plusieurs scénarios, et à l’heure actuelle, on peut sans douter envisager un grand nombre de résultats en matière d’inflation. Mais, comme près de la moitié de l’inflation actuelle aux Etats-Unis est due à deux facteurs (les prix de l’énergie et ceux des voitures d’occasion), nous supposons, dans le scénario principal, que l’inflation a atteint son apogée et qu’elle diminuera au cours des deux prochaines années.
Ceci devrait également coïncider avec la fin des actuelles perturbations de la chaîne d’approvisionnement, qui feront grimper jusqu’à fin 2021 les prix des biens durables bien au-delà du niveau d’avant la pandémie. En outre, on peut s’attendre à un affaiblissement de la croissance des salaires dans le segment des bas salaires. Mais le resserrement du marché du travail dû à l’évolution démographique et à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée maintiendra la croissance globale des salaires à un niveau élevé. Or, le facteur d’influence décisif pour l’inflation, ce n’est pas la croissance des salaires mais la productivité des salaires.
Les deux solutions obligataires, qui constituent un élément central de nos stratégies sur toutes les classes d’actifs, ont affiché des résultats légèrement négatifs dans un contexte de hausse des taux. Marqué par une orientation défensive, le Zugerberg Income Fund a accusé une perte de 0,4 % et se situe à un niveau supérieur de 0,9 % par rapport au début de l’année. Le Credit Opportunities Fund, qui se concentre sur les primes de risque de crédit, s’est déprécié de 0,3 % (+7,0 % depuis le début de l’année).
Bien qu’il n’ait que trois ans, le Zugerberg Income Fund, avec un rendement de +3,1 % (+0,9 % par an), a affiché malgré tout une évolution solide dans un environnement de taux négatif persistant. Son objectif de placement est d’atteindre pour les investisseurs un accroissement de capital et une plus-value à long terme en franc suisse, au travers d’investissements sur le marché du crédit. Il aspire à filtrer les opportunités d’investissement sur les marchés mondiaux du crédit, tout en maintenant toujours la moyenne générale de la notation dans la catégorie «investment grade».
Le Zugerberg Income Fund englobe plus de 200 obligations, généralement d’un montant d’environ 2,5 millions de francs suisses. Il en résulte une forte diversification ainsi qu’une grande liquidité. En septembre, une obligation d’Autoneum y a été intégrée. Si sa durée restante est de quatre ans, son rendement est supérieur de 165 points de base celui d’un emprunt d’Etat comparable de la Confédération. En termes absolus, l’obligation rapporte 1,0 % jusqu’à l’échéance. L’équipementier automobile, dont le siège est basé à Winterthour, a traversé une phase de restructuration. Le fabricant de systèmes de protection acoustique et thermique a confirmé, au premier semestre 2021, la tendance haussière après un deuxième semestre 2020 spectaculaire.
Nous avons vendu plusieurs obligations à profit, dont deux du leader du marché mondial du chocolat Barry Callebaut et une de Rothesay Life, d’Unicredit et de Syngenta. Sur le marché suisse des capitaux, nous avons participé à l’augmentation de l’obligation subordonnée de Russian Railway et nous avons intégré la nouvelle obligation de Heimstaden, troisième bailleur d’Europe.
Le Credit Opportunities Fund englobe un plus de 130 obligations, également d’un montant moyen de 2,5 millions de francs suisses. Nous avons souscrit à une obligation subordonnée de Julius Baer. Le gestionnaire d’actifs dispose d’une solide base de capitaux propres et a de bonnes chances de profiter de la consolidation du secteur. L’obligation de la compagnie de croisière MSC, qui est basée à Genève, arrivera à échéance dans moins de deux mois. L’obligation, qui porte un coupon de 3,0 % en francs suisses, se négocie à nouveau au-dessus de 99 % après être brièvement tombée à 64 % au beau milieu de la crise de coronavirus.
Europcar a également bénéficié de la reprise économique et du très bon été touristique dans les pays du Sud de l’Europe. L’entreprise, leader du marché européen de la location de voitures, est reprise par son ancien propriétaire Volkswagen. Ainsi, nous avons obtenu un bon rendement et réalisé un gain sur l’ensemble de l’investissement.
La reprise économique après le creux causé par la pandémie étant faible se manifeste à un rythme différent au sein des entreprises d’infrastructure. Les actions de l’aéroport de Zurich se sont appréciées de 10 % en septembre. Celles de Veolia Environnement, principalement axée sur la gestion des déchets et l’approvisionnement en eau, sont restées stables. Le potentiel des grands fournisseurs européens Vinci et Enel est considérable.
En ce qui concerne les entreprises d’infrastructure, nous mettons l’accent sur la bonne qualité des sociétés et sur la fidélité et la croissance de la clientèle finale. La reprise de la vie économique et sociale donne un coup de pouce aux gestionnaires d’infrastructure. Par ailleurs, ces derniers bénéficient de la tendance des investisseurs institutionnels à placer leur argent de manière plus «verte».
Concrètement parlant, plus de 220 établissements financiers, qui se sont regroupés pour former l’alliance «Climate Action 100+», exigent que les entreprises réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. En outre, elles doivent fixer des objectifs de réduction conformes à ceux de l’Accord de Paris sur le climat.
Désormais, les gestionnaires d’immeuble et d’infrastructure sont de plus en plus nombreux à poursuivre des objectifs ambitieux. Il s’agit, entre autres, du plus grand bailleur d’Europe Vonovia, du groupe chimique BASF, ainsi que du producteur d’acier britannico-indien Tata Steel.
En acquérant une participation majoritaire dans Deutsche Wohnen, Vonovia a consolidé sa position sur le marché de plus grand groupe immobilier d’Europe. En septembre, Vonovia a conclu un accord avec la ville de Berlin portant sur la vente de 14 750 logements à un prix équitable dans le cadre du pacte social et d’avenir pour le logement «Zukunfts- und Sozialpakt Wohnen», afin de remédier aux tensions sur le marché locatif. Ecologiquement parlant, il est encore plus important que l’énergie renouvelable soit développée en interne par les ouvriers de l’entreprise. Vonovia équipe 30 000 toitures de systèmes photovoltaïques. Chaque toit compatible sera équipé de modules photovoltaïques. La capacité annuelle d’installation sera décuplée d’ici à 2024. Ainsi, dès 2030, ce seront 194 millions de kWh qui pourront être produits et 76 500 tonnes de CO2 évitées par an.
En septembre, le groupe allemand BASF a signé un accord-cadre visant à atteindre plus rapidement les objectifs mondiaux de neutralité climatique. Dans ce but, il a notamment acquis la moitié d’un grand parc éolien offshore. BASF a d’ores et déjà réduit de moitié environ ses émissions de CO2 depuis 1990, tout en doublant le volume de ses ventes de produits. Aujourd’hui, BASF s’est fixé pour objectif d’augmenter sensiblement le chiffre d’affaires des produits qui contribuent substantiellement à la durabilité dans la chaîne de valeur (produits dits «accélérateurs») pour atteindre 22 milliards d’euros d’ici à 2025. Une attention particulière est accordée au thème de l’économie circulaire. C’est elle qui fait la force globale de Veolia Environnement.
Il s’agit aussi des grands axes de la stratégie de Vinci, Enel et Orpea, comme nous le rapporterons dans un mois.
Les résultats des entreprises pour le deuxième trimestre 2021 ont révélé une amélioration remarquable des marges et des bénéfices. Les résultats enregistrés dans le secteur technologique américain ont été impressionnants. Notre sélection d’actions suisses a également été convaincante. En conséquence, nous pensons que les actions des sociétés leaders sur le marché vont retrouver leur tendance à la hausse.
Tout porte à croire que les marchés ont réagi de manière excessive en septembre dans un élan de panique en raison des pics atteints à la fin du mois d’août. Les craintes à l’égard de l’inflation et des taux d’intérêt, les problèmes de croissance, les difficultés d’approvisionnement dans l’industrie des semi-conducteurs et le surendettement des sociétés immobilières chinoises ont été les principaux arguments avancés pour réaliser des gains en bourse après une hausse de près de 18 mois.
De telles interruptions sont typiques d’une bonne tendance haussière sur le long terme sur les marchés boursiers et ne nous inquiètent pas. Les actions du numéro un mondial de l’agroalimentaire Nestlé, qui ne fléchit jamais d’ordinaire, ont diminué de 4 % en septembre. Les actions de Partners Group, le leader européen des fournisseurs du marché privé, ont dégringolé de 11 %, tout comme celles du groupe de produits chimiques pour la construction Sika. Chez Holcim, ce recul a même été de 15 % et ce, alors que son engagement en Chine est faible et que la forte demande de ciment «vert» à forte marge et de solutions de toiture a été appuyée dans le rapport semestriel.
La valeur de notre diversification a été démontrée dans le domaine de la santé. Alors que les poids lourds de l’indice, que sont Roche (-7 % en septembre) et Novartis (-9%), ont subi des pertes supérieures à la moyenne, HBM Healthcare n’a perdu «que» 4 %. Les valeurs d’assurance s’en sont très bien tirées. Le plus grand groupe mondial Axa a progressé de 1 % en septembre, et Swiss Life n’a reculé que de 2 %. Swiss Life a relevé ses prévisions de bénéfices pour l’année en cours.
Le groupe Deutsche Post DHL connaît le trimestre le plus intense de son histoire en matière de livraisons de colis. Le plus important transporteur du monde est une entreprise de logistique palpitante qui a récemment réussi à faire passer une augmentation de prix. C’est pourquoi elle devrait atteindre un bénéfice record et la baisse du cours de son action devrait être temporaire. Dans le secteur du transport de marchandises, la taille joue un rôle important, les compagnies aériennes, les compagnies maritimes et les entreprises de camionnage bénéficiant généralement de ristournes dès que les capacités de fret achetées augmentent. Le réseau logistique mondial dépasse même celui de Kühne+Nagel. L’entreprise s’engage, en outre, dans la lutte contre la pandémie. Dès la mi-septembre, DHL avait déjà atteint l’étape de livraison logistique d’un milliard de doses de vaccin contre la Covid-19.
Deutsche Telekom avance également à grands pas en développant massivement le réseau 5G aux Etats-Unis et en Allemagne et en posant ainsi les premiers germes des futurs revenus. Nous avons vendu les actions Microsoft avant qu’elles ne chutent de 7 %.
Les prévisions en matière d’inflation n’ont guère évolué ces derniers mois, restant à un niveau faible. A court terme, les taux d’inflation sont nettement plus élevés, car les prix actuels sont comparés à ceux de l’année précédente. Toutefois, une stabilisation des prix du pétrole se profile à l’horizon, ce qui a pour effet d’atténuer l’inflation. En outre, l’élan de la demande provenant de la Chine s’affaiblit et la dématérialisation progresse à l’échelle mondiale.
Il serait incorrect de proclamer le «retour de l’inflation» sans analyser les forces sous-jacentes. Au sein du cartel des producteurs de pétrole Opec+, la Russie et les Etats arabes ont réduit leur production l’année dernière à un point tel que les prix se sont stabilisés avant de remonter progressivement. Cette spirale des prix de l’énergie était voulue, et les Etats-Unis (soit dit en passant le plus important producteur mondial de pétrole, si les prix sont bons) ont aidé à faire grimper les prix du pétrole et du gaz.
Il ne s’agit pas maintenant de faire augmenter l’offre de pétrole du jour au lendemain, comme si l’on ouvrait un robinet. Il faudra plutôt plusieurs mois pour que la pénurie de l’offre soit comblée sur le plan technique. En même temps, il semble évident que les fortes pressions inflationnistes liées aux prix de l’énergie, issues du creux survenu pendant la pandémie de Covid 19 au printemps 2020, finiront par s’estomper. Il est tout aussi clair que la dynamique économique de la Chine est en train de s’affaiblir, un facteur clé pour garantir un avenir moins gourmand en énergie et en matières premières. A cela s’ajoute la transition énergétique, qui progresse également en Chine.
Ces 20 dernières années, l’économie chinoise a été fortement marquée par les ouvrages d’infrastructure et les biens immobiliers. Cette situation est en train de changer rapidement, le gouvernement de Xi Jinping souhaitant réduire la spéculation immobilière et augmenter la consommation intérieure. Cela renforce une tendance que la Chine, en tant que marché émergent, connaît de toute façon: le secteur secondaire perd de l’ampleur et le secteur tertiaire en gagne structurellement. La demande de pétrole brut s’en voit aussi modifiée.
Alors que les projets de construction et la production industrielle nécessitent traditionnellement beaucoup de matières premières et d’énergie, un changement d’orientation au profit du secteur des services entraîne une baisse de la demande. Compte tenu des capacités existantes en matière de production de pétrole brut et d’exploitation minière, cela provoque généralement une tendance déflationniste. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, voit également des opportunités déflationnistes dans le transfert des activités économiques vers les services numériques.
Les forces désinflationnistes de la première vague de mondialisation à forte empreinte industrielle, qui a suivi l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce en 2001, ont freiné le processus d’inflation au niveau mondial. La dématérialisation déclenche actuellement une deuxième vague de mondialisation fondée sur la «virtualisation» des services. Pendant la crise, la dématérialisation s’est vu donner un élan qui correspond à une évolution sur sept ans. Elle devrait entraîner une hausse de la productivité et donc une augmentation modérée des coûts unitaires de main-d’œuvre.