En l’espace de 3 mois le taux de chômage, qui avait alors atteint un niveau minimum historique, est monté en flèche au printemps. Dans une récession typique, cette évolution se fait généralement sur 24 mois. La vitesse à laquelle l’économie réelle s’est effondrée nous a également surpris. Nous ne croyons pas en une reprise rapide, en forme de V, de l’économie mondiale, mais plutôt en une reprise en forme de «Swoosh», comme représenté par le logo Nike.
Les marchés de l’emploi sont toujours aussi tendus et la reprise demeure fragile. L’évolution des bénéfices semble se détendre, mais les marchés d’actions ont d’ores et déjà quelque peu anticipé le potentiel à venir. La stabilisation des bénéfices au cours de ces dernières semaines et de ces derniers mois est également due en partie à l’indemnité de chômage partiel. Cette indemnité demeure limitée dans le temps et met les entreprises face à de lourdes décisions en matière de capacité.
La progression de l’économie réelle depuis le creux du Covid devrait atteindre le repère de reprise de 90 % relativement rapidement. L’évolution conjoncturelle ainsi que les bénéfices affichent actuellement une tendance à la hausse. Il existe encore des branches spécifiques de l’industrie et des services qui sont fortement impactées par le choc économique. Certes, la capacité d’adaptation dans l’entrepreneuriat ne doit pas être sous-estimée, mais il semblerait qu’il faille attendre encore un ou deux ans de plus avant de pouvoir à nouveau s’assurer les 10 % restants du potentiel d’output. Le point positif de cette estimation est que le soutien politico-monétaire tout comme les nombreuses mesures d’aide politico-économiques pourraient perdurer.
Au mois d’août, l’indice d’actions suisse SMI a progressé de 1,3 % et ne se situe plus qu’à -4,5 % depuis le début de l’année. L’indice d’obligations suisse Swiss Bond Index a quant à lui perdu du terrain (-0,8 % au mois d’août) et se situe à -0,4 % depuis le début de l’année.
Nos stratégies ont une fois de plus présenté une meilleure évolution que les valeurs moyennes proportionnelles des deux indices susmentionnés, faisant du mois d’août le cinquième mois consécutif avec des valeurs de dépôt plus élevées.
Dans les stratégies avec une part obligataire élevée, la performance mensuelle s’est avérée positive (R1: +1,6 % et Z1: +1,2 %). Dans les stratégies plus à risque avec une part d’actions élevée, le résultat du mois d’août s’est révélé encore nettement plus élevé (R3: +2,4 % et Z3: +2,4 %). Les stratégies Fondspicking 100 (+2,5 %), Revo4 (+3,5 %) et Revo5 (+4,1 %) sont celles qui ont atteint la meilleure performance mensuelle.
Côté actions, le pays émergent de l’Inde s’est une fois de plus très bien développé au mois d’août (+10 %). La fondation Swiss Entrepreneurs Fundation a également affiché une forte progression (+5 %). Des valeurs d’infrastructures telles que l’aéroport de Zurich (+18 %), Vinci et Ferrovial (avec chacun près de +8 %) se sont démarquées. Swiss Life (+10 %) et Stadler Rail (+11 %) se sont redressées selon leurs rapports semestriels. Sika (+8 %) et Vonovia (+9 %), tout comme Infineon Tech (+10 %), ont poursuivi leur envolée. Les poids lourds du SMI tels que Nestlé et Roche sont restés stables (+/-0 %), tandis que Novartis (+3 %) s’est quelque peu redressée, mais reste toujours cotée 15 % en dessous de son niveau de début d’année.
Au mois d’août, le baromètre conjoncturel KOF est en hausse. Il s’agit là de l’indicateur précurseur central pour la conjoncture suisse, qui indique la manière dont la conjoncture suisse devrait évoluer dans un avenir proche. La base de données comporte plus de 500 indicateurs. Après le violent effondrement connu au printemps, le mois d’août s’est révélé être le troisième mois consécutif avec une forte hausse.
Le baromètre conjoncturel KOF a atteint les 110,2 points (+24,2) au mois d’août. Ainsi, l’économie suisse se trouve dans la phase d’essor d’une récession momentanément en forme de V. Les groupes d’indicateurs de l’industrie manufacturière, du secteur de l’hôtellerie et de la restauration et de la demande de l’étranger sont les principaux responsables de cette hausse actuelle. Le secteur tertiaire y a apporté une plus faible contribution. L’industrie du bâtiment a même affiché un léger assombrissement.
Essentielle pour l’Europe, l’économie nationale allemande devrait également enregistrer une forte croissance au troisième trimestre. Néanmoins, certaines branches ne se redressent pas aussi rapidement, et le chemin de sortie de la crise sanitaire pourrait se révéler de plus en plus pénible dans les prochains mois. Alors que le commerce en ligne en a nettement profité, le commerce du textile, de l’habillement et des chaussures était loin de son niveau d’avant la crise. En revanche, les indicateurs en temps réel démontrent que l’industrie s’est remise rapidement sur pied.
Sur un plan économique général, et cet argument devrait être parfaitement valable à l’échelle internationale, les «fruits mûrs» dans l’industrie manufacturière sont récoltés, par référence à la stratégie du «low-hanging fruit» (stratégie du rendement immédiat). Le retour digne d’une catapulte des activités économiques va ralentir au cours des prochains mois. Une part importante du secteur tertiaire devrait toutefois entièrement se redresser dans un premier temps, s’il existe un vaccin en quantité suffisante et un diagnostic réalisable en quelques minutes. Ceci profiterait notamment à la branche du tourisme, aux organisateurs de salons ainsi qu’à l’ensemble du domaine de l’évènement et de la culture.
De nombreux déplacements professionnels sont encore rendus impossibles du fait de la pandémie. Ceci complique donc l’acquisition de nouveaux contrats, car à cette fin, des rencontres en personne sont souvent nécessaires. Par conséquent, l’indicateur du moral des hommes et femmes d’affaires a récemment reculé. Ainsi, l’indice des directeurs d’achats de l’institut londonien Markit a chuté à 53,7 points, après avoir affiché un niveau de 55,3 points au mois de juillet. À partir de 50, ce baromètre indique une croissance.
L’indice du climat des affaires Ifo est encore parvenu à progresser au mois d’août, mais ici aussi, la tendance à la hausse s’est relâchée à vue d’œil. Il faudra attendre au minimum jusqu’à la fin de l’année 2021 pour espérer voir l’économie européenne retrouver son niveau d’avant la crise. Mais même dans ce cas de figure, tout ne sera pas encore rentré dans l’ordre car la performance économique gravitera encore certainement autour de 2 % en dessous du niveau auquel on aurait pu s’attendre sans la crise sanitaire.
Les 27 États de l’Union Européenne (UE) se sont mis d’accord sur le plus grand plan budgétaire et financier de l’histoire de l’UE à des fins d’amortissement de la crise économique liée au Covid. Sur les près de 1,8 billions d’euros, 1,074 billions sont prévus pour le prochain budget. 750 milliards d’euros issus d’un fonds spécial sont mis à disposition pour un programme conjoncturel et d’investissement dans les pays particulièrement touchés par la pandémie.
Nous sortons tout juste de l’une des récessions les plus fortes de l’histoire économique, qui a gravement impacté l’Europe. Toutefois, l’euro se porte bien, notamment car ici, des mesures claires ont été entreprises en vue de sortir de la crise. Celui-ci s’est même détaché de la tendance à la baisse qui le poursuivait depuis plusieurs années.
390 milliards d’euros du fonds spécial vont être octroyés à titre de subventions non remboursables, au lieu des 500 milliards d’euros initialement annoncés. Cette réduction a été imposée entre autres par les Pays-Bas et l’Autriche. 360 milliards d’euros supplémentaires seront octroyés à titre de crédits. Les fonds devraient circuler et stabiliser l’économie le plus vite possible.
Pour le financement, l’UE doit s’endetter et rembourser ces dettes à long terme. En outre, l’UE devrait pouvoir générer ses propres recettes avec l’introduction d’une taxe plastique; une taxe numérique et une taxe dénommée carbone sont également prévues. Une formule a été trouvée pour l’octroi des fonds de l’UE, laquelle est associée au respect de l’État de droit. Auparavant, ce mécanisme avait été strictement rejeté par la Pologne et la Hongrie. Après le sommet de l’UE, la formule a d’ores et déjà fait l’objet d’interprétations différentes par les participants.
Avec un «paquet de relance pour les marchés des capitaux de l’UE», la commission de l’UE veut permettre aux entreprises d’accéder plus facilement à des capitaux frais sur les marchés. C’est ce qu’a annoncé le vice-président de la commission en charge de la régulation du marché financier, Valdis Dombrovskis. Diverses réglementations de l’Union Européenne (UE) pour le commerce de titres doivent être assouplies à cette fin.
Le paquet de mesures prévoit d’une part de simplifier temporairement les règles pour les prospectus des marchés des capitaux. Les émetteurs déjà connus peuvent se présenter sous une forme compacte, à savoir sur seulement encore 30 pages au lieu des plusieurs centaines jusqu’à présent nécessaires. Par ailleurs, certaines règles de la directive européenne relative aux marchés financiers MiFID II doivent être assouplies pour les investisseurs professionnels, dans l’objectif de leur épargner bureaucratie et coûts. La protection des investisseurs moins expérimentés, tels que les particuliers qui investissent dans leur prévoyance vieillesse, restera toutefois intacte.
Les récentes mesures de soutien publiques, liées au Covid, ont pris des proportions inattendues aux États-Unis. À cela s’ajoute le fait que la banque centrale américaine, la Federal Reserve (Fed), revendique un objectif d’inflation «moyen flexible» redéfini. Ainsi, la politique monétaire restera souple pendant encore longtemps. Seules les prévisions d’inflation sont actuellement à la hausse, tandis que le dollar chute.
Des chocs exceptionnels exigent des réponses exceptionnelles. Le fonds de reconstruction de l’UE, officiellement dénommé «Next Generation EU», semble être une réponse en tant que telle. Pour nous, il est moins question d’évaluer le symbole de cette décision mais plutôt la considération du point de vue des investisseurs.
L’Europe est certainement plus qu’une simple union de transfert, et il est légitime de douter sur le fait qu’il fasse meilleur vivre en dehors de l’UE en tant que grande économie nationale. Pendant que la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et même la Roumanie progresse, la Russie s’étiole. Quant à l’Angleterre, elle s’enfonce dans la crise, tandis que l’Écosse rêve depuis longtemps déjà de revenir dans l’UE dûment régie. Il se peut que les normes institutionnelles en matière de démocratie, de justice et d’administration aient été altérées en certains points dans les pays d’Europe de l’Est, mais l’orientation reste la même. L’UE est synonyme d’apprentissage et d’échange mutuels, autrement dit d’entraide. Il s’agit là d’un projet progressif, accéléré par les crises. Devant cette toile de fond, le plan récemment établi nous semble judicieux, d’autant plus qu’il a de nombreux effets positifs sur les marchés.
Si l’UE émet des obligations en vue de financer les aides financières pour les pays membres, ceci ne porte pas atteinte aux indicateurs de crédit fondamentaux de cette dernière. Les États fortement endettés d’Europe du Sud sont mieux positionnés de cette façon. Il leur est plus facile de résoudre leurs problèmes à long terme sans que ceci mette durablement en danger les finances publiques. C’est pourquoi les prévisions d’inflation (sur le marché des capitaux) demeurent immuablement basses en Europe. Grâce au volume élevé d’obligations de l’UE, un plus grand nombre de titres liquides avec une cotation AAA sont à disposition des investisseurs. De tels titres de qualité font désormais défaut. Il y a encore dix ans, un tel fonds de reconstruction aurait été improbable. Il représente donc un autre pas important dans l’évolution de l’UE.
Actuellement, les marchés des capitaux ont moins confiance vis-à-vis du dollar que dans la zone euro. Ici se profile une période longue de plusieurs années de politique monétaire souple. Un dépassement de l’inflation de 2 % selon la stratégie dénommée «Average Inflation Targeting» devra être accepté délibérément et de manière «flexible». Ce concept n’est pas convaincant. Nous pourrions faire une comparaison symbolique avec un boulanger qui, pendant plusieurs années, a eu l’habitude de sortir son pain bien trop tôt du four. Son pain ne sera pas meilleur si, les années suivantes, il le sort trop tard du four pour compenser. La durée de cuisson est en moyenne la bonne, mais le résultat final n’est pas bon.
Les caisses de pension suisses vont voir leur cadre réglementaire changer à la fin du mois. Selon les dispositions générales légales qui entreront en vigueur dans les directives de placement (OPP 2 art. 53 al. 1 pt. d) à compter du 1er octobre 2020, les placements en infrastructures ne sont plus des placements alternatifs, mais ne sont pas non plus des placements immobiliers. Il s’agit d’une classe d’actifs spécifique.
Dans l’ensemble, les caisses de pension suisses se trouvent toujours dans une phase de croissance structurelle. Quiconque souhaite maintenir une quote-part correspondante (p. ex. placements dans l’immobilier résidentiel suisse), devra investir plus d’argent dans un marché de toute façon déjà en surchauffe. Avec l’établissement de placements en infrastructures, la pression sur l’immobilier suisse sera relâchée. Parallèlement, la quote-part de placements alternatifs ne sera plus affectée. La gestion des placements en infrastructures était jusqu’à présent relativement différente.
Désormais, les caisses de pension suisses ont la porte grande ouverte pour pouvoir investir de manière efficace et effective dans des solutions d’infrastructures globales. Ce marché est en pleine croissance, et la performance est bonne, même sur de nombreuses années, comme le montre le graphique ci-dessus. Le jalon le plus important est l’indice d’infrastructures global «FTSE Global Core Infrastructure», qui est fondé sur la méthodologie du groupe LPX Group implanté à Zurich. Dr. Robin Jakob a rejoint le groupe en 2005; il a réalisé sa thèse de doctorat sur le thème «Listed Infrastructure» sous la direction de Prof. Dr. Heinz Zimmermann à l’Université de Bâle.
Les infrastructures passent dans un portefeuille aussi bien privé qu’institutionnel car elles incarnent la colonne vertébrale d’une économie nationale sur un plan d’économie réelle. Il est impensable d’avoir des économies sans infrastructures. Cela commence tout d’abord avec les infrastructures «économiques» telles que les réseaux d’électricité, l’approvisionnement en eau et le nettoyage des eaux usées, les péages, les ponts, les aéroports et le trafic ferroviaire. On peut également citer les antennes-relais, les installations de télécommunications, les réseaux de câbles et les systèmes à satellites, qui n’ont cessé de gagner en importance ces dernières années. Toutefois, cette classe d’actifs englobe également des infrastructures «sociales» telles que les écoles, les hôpitaux, les logements coopératifs et logements étudiants, les parkings couverts, etc.
Les placements en infrastructures comptent parmi les placements dits réels, sont donc protégés de l’inflation à long terme et présentent différentes autres caractéristiques intéressantes. Les valeurs patrimoniales se distinguent par leur caractère à long terme avec une situation de monopole (partielle) et une faible volatilité ainsi que des flux de trésorerie stables. La corrélation avec d’autres classes d’actifs est relativement faible. Par conséquent, le rapport rendement/risque s’améliore avec l’ajout de placements en infrastructures aux placements aussi bien traditionnels qu’alternatifs. C’est pourquoi il est judicieux de compléter ses solutions immobilières avec des placements en infrastructures, comme le fait Zugerberg Finanz.
Depuis le 1er janvier 2015, le SMI n’a vu son cours progresser que de 12,8 % au total. Cependant, il ne faut pas oublier les résultats de dividendes. En effet, le résultat total s’élève à 37,3 % sur cette période (soit respectivement 5,8 % par an). L’année 2020 devrait entrer dans l’histoire comme étant la pire année de dividendes depuis la crise financière, mais ne devrions-nous pas penser à plus long terme?
À première vue, les titres de dividendes paraissent ennuyeux. Il s’y cache une part importante de solidité et de force d’attraction. Le marché d’actions suisse en est la preuve. Notamment en période de taux d’intérêt continuellement bas, une évolution constante et stable des dividendes augmente l’attractivité à long terme d’un portefeuille et réduit la volatilité de ce dernier.
Bien évidemment, on pourrait encore aujourd’hui investir une grande partie du patrimoine dans des titres sans dividendes. Là, on pense alors à des entreprises en pleine croissance qui typiquement ne versent aucun dividende et par ailleurs sont bien notées: au début du mois, Tesla a été cotée à 249 fois son bénéfice annuel. L’entreprise traditionnelle IBM, avec un taux de rendement sur dividendes de 5 % et un rapport cours-bénéfice (RCB) fondamentalement bas, égal à 11, présente désormais une capitalisation de marché plus faible que la start-up Zoom Video Communications avec un RCB de 189. À côté, une action Amazon (RCB 113) et Netflix (RCB 88) font office de «bonne affaire». La seule et unique source de revenu qui parle en faveur d’une telle action, réside dans l’espoir que l’on puisse vendre l’action à un cours encore plus élevé.
Lors de la récente révision de l’indice du Dow Jones, ceci a été renforcé. Avec Exxon Mobil, une société américaine riche en traditions a été éjectée de l’indice après 92 années. Exxon Mobil a été longtemps appréciée pour être une source de dividendes fiable, tout comme le groupe pharmaceutique Pfizer. Le concurrent Roche, avec un RCB de 13 et une évolution de dividendes stable n’a plus suffi aux exigences. L’entreprise a été remplacée le 31 août 2020 par la start-up CRM californienne Salesforce.com. Bien que la société ait réalisé pour la première fois de son histoire un bénéfice annuel (au 31 juillet 2020, à raison de 134 millions de dollars), elle est cotée en Bourse avec 252 milliards de dollars. Les marchés ne sont pas totalement d’accord sur la réussite à venir. Dans tous les cas, l’action est négociée à un RCB compris entre 75 et 2153 (!), et en tant que membre du Dow Jones, a désormais atteint l’olympe des actions idolâtrées.
Il faut avoir des nerfs d’acier pour ne pas sauter de toutes ses forces dans le train qui s’élève à une vitesse folle dans les airs, en présence de valeurs records. Par expérience, nous savons que de telles tendances ne durent pas éternellement. En revanche, de nombreuses entreprises solides révèlent leurs perspectives de dividendes améliorées pour les années à venir. Concernant notre sélection, la priorité est avant tout la possibilité d’augmenter continuellement les dividendes d’année en année, sans avoir d’influences négatives sur les perspectives de croissance. Nous ne démordons pas du principe que les dividendes tout comme la croissance doivent être financés à partir des flux de trésorerie opérationnels.
Avec des placements alternatifs, un portefeuille traditionnel d’actions et d’obligations peut être bien diversifié. Toutefois, notamment là, il existe toujours des inefficacités de marchés tenaces, qui ne se résolvent qu’au bout de quelques trimestres. En pratique sur les marchés des capitaux, le retour à une valeur moyenne équitable («Mean Reversion») est un concept extrêmement précieux avec lequel des opportunités attractives s’ouvrent au fil du temps.
Les marchés ont toujours tendance à exagérer, mais ne reviennent pas uniquement par hasard à leur valeur moyenne au fil du temps. Ils semblent même avoir une «mémoire» et renversent les tendances précédentes. Ce qui est par exemple la tendance réelle des prix des métaux précieux tels que l’or et l’argent, nous reste inconnu. Nous ne participons pas à la spéculation ici car dans le cadre d’une considération sur de nombreuses années, on ignore clairement où la valeur moyenne se situe. Bien entendu, ceci vaut également pour les actions des exploitants miniers correspondants.
Un marché liquide comme l’indice boursier américain S&P 500 est considéré comme ayant tendance à être hautement efficace. Les inefficacités sont comblées dans une période relativement courte. En revanche, il existe des marchés dans lesquels des bulles spéculatives ont tendance à se former. Il peut alors s’agir de petites entreprises en pleine croissance (év. «Zur Rose», «Relief Therapeutics»?) qui «soudainement sont découvertes». Cependant, il peut également s’agir d’entreprises qui affichent des résultats à croissance rapide sur une durée étrangement longue, jusqu’à ce qu’il soit établi dans quelle mesure les bilans ont été faussés (p. ex. «Wirecard»). Là, il se peut également qu’une avancée technologique soit identifiée par de nombreux analystes, laquelle ne peut finalement pas être concrétisée malgré tous les rapports élogieux (p. ex. «Meyer Burger»). C’est comme cela qu’une hausse de cours exponentielle est souvent suivie d’une baisse de cours à l’avenir («what goes up, must come down»). Cependant, il en est de même à l’inverse. Avec l’application «Mean Reversion», Warren Buffet est désormais devenu, du haut de ses 90 ans, l’investisseur le plus célèbre.
Concernant ses placements qu’il a rassemblé dans le conglomérat Berkshire Hathaway, il s’agit principalement d’entreprises que l’on a à peine remarqué pendant longtemps. Le noyau non spectaculaire a toujours été l’industrie de l’assurance. Le noyau interne a toujours été sain, mais pendant longtemps, ceci n’a pas toujours été perçu.
Par conséquent, il y a quelques années, nous avons trouvé dans HBM Healthcare un portefeuille-clé d’entreprises en pleine croissance, prometteuses dans le domaine des biotechnologies et des technologies médicales, alors que peu de personnes croyaient en la réussite de ces dernières. Désormais, l’escompte tenace par rapport à la valeur comptable a disparu et l’évolution des participations se révèle en pleine force. La deuxième semaine du mois de septembre verra une distribution majestueuse, exonérée d’impôts. Dans le fonds de marché privé que nous privilégions, il existe encore une série d’entreprises dont le taux de rendement sur dividendes s’élève à plus de 4 % et dont la valeur devrait se développer seulement au cours des trimestres à venir.