Certes, les évolutions côté infections en Europe sont inquiétantes. Néanmoins, jusqu’ici, les marchés des capitaux sont restés de marbre. En effet, nous sommes plus avancés qu’au printemps. Les hôpitaux sont mieux préparés et les méthodes de traitement ainsi que les connaissances thérapeutiques sont plus nombreuses. La mortalité est bien plus faible; elle est désormais de l’ordre du «pour mille» et même là, selon les critiques des médecins légistes, presque toujours associée à des maladies chroniques. La situation est différente de celle connue au printemps, également en raison de la plus grande capacité de tests et de la perspective d’un vaccin fiable bientôt disponible. Cependant, nous ne sommes ni médecins, ni virologues. Par conséquent, nous devons simplement nous contenter d’observer la situation jour après jour.
Pour le moment, il n’est pas question de suspendre l’activité industrielle car jusqu’à présent, le processus de travail bien organisé n’est pas apparu comme un moteur de la propagation. Curieusement, la Chine fortement industrialisée se révèle être la région la plus stable de l’économie mondiale, ce qui montre qu’en gardant la tête froide ainsi qu’avec des concepts de protection éprouvés et une discipline de fer, il est possible d’aller de l’avant et de s’arranger de la pandémie.
En Europe et aux États-Unis aussi, des semaines décisives se profilent. Il existe l’espoir de voir arriver sur le marché, dans quelques semaines seulement, un premier vaccin à prendre au sérieux. Vendredi dernier, cet espoir a stimulé les marchés d’actions européens.
La société de biotechnologie allemande Biontech et son partenaire, le groupe pharmaceutique américain Pfizer, ont annoncé qu’en cas de résultats d’études positifs, ils souhaitaient demander une autorisation d’urgence pour leur vaccin contre le coronavirus d’ici la fin du mois de novembre. Fin octobre, les deux partenaires pourraient savoir si leur vaccin, qui a été administré en deux injections, avec une durée de 28 jours entre les deux, fonctionne. Dans la troisième semaine du mois de novembre, des données de sécurité suffisantes pour une demande d’autorisation pourraient exister. Il en est de même pour la solution de Moderna qui a été lancée presque simultanément et serait produite par Lonza.
Non seulement sur les marchés européens mais également sur le marché d’actions américain, les valeurs standard se sont montrées en forme, au vu d’un certain nombre de données macroéconomiques positives. Au mois de septembre, les chiffres d’affaires du commerce de détail (+1,9%) ont progressé de plus du double de ce qui était attendu.
Le marché d’actions suisse a présenté une tendance légèrement négative. Celui-ci a terminé la semaine passée avec 10’207 points (-1,1%). Les assurances ont une fois de plus fortement reculé (-4%). Des titres financiers tels que Partners Group (-2%) ont souffert, tout comme Novartis (-2%) et Roche (-3%). Des entreprises cycliques, telles que LafargeHolcim, Sika et Geberit ainsi que Nestlé, se sont révélées stables. Lonza est, également une fois de plus, celle qui s’en est sortie le mieux (+7%).
Le secteur technologique aussi présente des disparités. Apple (+2%) a profité de lancements de nouveaux produits, et Google (+4%), de la reprise économique, tandis qu’Amazon et Facebook (inchangé) ainsi que Netflix (-2%) ont affiché une évolution plutôt contraire à la tendance.
La confiance des marchés des capitaux quant aux marchés des actions ainsi que des obligations est répartie de manière inégale. Sur les marchés d’actions, l’année 2020 est tronquée, et l’attention est portée sur l’année 2021 et les suivantes. Le sous-traitant automobile originaire de Winterthour, Autoneum, en est la preuve. Au mois de mars 2020, l’action a essuyé une chute de plus de 50%, conséquence de l’arrêt des processus de production. Depuis, le résultat de l’année en cours s’est certes amélioré, mais il reste très éloigné de ce que les deux actionnaires de référence s’étaient imaginé.
Toutefois, depuis le printemps, le cours de l’action s’est redressé. Désormais, l’action est même cotée un peu moins de 20% au-dessus de son niveau de début d’année, avec une tendance à la hausse. Pour les actionnaires, la situation est claire: les estimations de chiffres d’affaires ont été nettement revues à la hausse ces dernières semaines, et les périodes de perte, réduites. Par conséquent, personne ne table sur une faillite. Bien au contraire, la capitalisation de marché de 650 millions de francs suisses se révèle encore et toujours comme un niveau d’entrée intéressant.
Nous avons tablé sur la reprise économique. Chez Autoneum, nous avons toutefois choisi la méthode la plus conservatrice avec une obligation. C’est là que se révèle nettement le caractère variable des marchés des capitaux. Étant donné qu’il s’agit d’une obligation à moyen terme, il est pour ainsi dire logique que la hauteur de chute au mois de mars 2020 se soit révélée bien plus faible qu’au niveau de l’action. Pourtant, la reprise dure bien plus longtemps et exige plus de patience sur les marchés obligataires que sur les marchés d’actions. L’obligation dont l’échéance est fixée à 2025 est encore cotée 6% en dessous du niveau de début d’année.
On peut alors en déduire une grandeur intéressante. Nous supposons un remboursement en 2025. Le taux de rendement de ce jour jusqu’à la date de remboursement est de 2,9%. Étant donné que l’obligation est cotée à 91,6 et sera remboursée à 100.0, la plus grande partie du rendement à l’échéance sera exonérée d’impôts. Les obligations d’entreprises sont donc plus attractives que les distributions de dividendes imposables de 2,9%.
Des bourrasques automnales balaient les marchés d’actions. Nous devons pouvoir supporter des variations à court terme. En effet, au printemps, nous avons appris (à maintes reprises) que la patience paie tôt ou tard. Des ventes précipitées ont laissé s’ancrer des pertes qui ne peuvent plus être redressées. De toute façon, on n’atteint jamais le point le plus bas pour le réinvestissement. C’est pourquoi nous recommandons d’orienter son regard vers l’avant. Ainsi, nous n’occultons pas les risques de la pandémie mais ne tombons pas pour autant dans un alarmisme.
Les élections américaines sont bientôt terminées et le plan conjoncturel américain, adopté. Les tout derniers rapports des sociétés vont bientôt nous être communiqués, lesquels nous indiqueront à quel point leur situation de liquidités est stable et à quelle hauteur leur taux de solvabilité s’élève. Ceci veillera également à un renforcement de la reprise sur les marchés traditionnellement sceptiques pour les obligations d’entreprises.
Après le fort effondrement au printemps, la reprise conjoncturelle perdure dans les estimations des bénéfices d’entreprises. Il y a nettement plus de révisions à la hausse qu’à la baisse.
Quiconque, comme nous, perçoit des perspectives de marchés d’actions à long terme positives, pourra considérer les corrections de cours potentielles comme une opportunité et augmenter la mise, ou bien transformer les liquidités en placements réels.
Cordialement, Maurice Pedergnana
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz
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