Les chiffres de nouveaux cas d’infection augmentent, mais la perception est différente d’il y a sept mois. Nous pouvons faire face à la pandémie du Covid, apparemment même mieux que ce que nous pensions. Une chose est sûre: le confinement mondial est et restera de l’histoire ancienne. Jusqu’à présent, les mesures ciblées entreprises se sont révélées bien plus efficaces et rentables. Ces derniers mois, le monde politique a énormément appris.
La semaine dernière, le marché d’actions suisse s’est tout juste maintenu dans le positif. Le Swiss Market Index a terminé la semaine à 10’320 points (+0,7%). L’indice directeur axé sur la zone euro (Euro Stoxx 50: +2,6%) a quant à lui progressé nettement plus. Néanmoins, l’indice directeur américain S&P500 reste celui qui s’est le mieux redressé (+3,8%). Cependant, il est important de préciser que le dollar a perdu 1,2% de valeur en l’espace d’une semaine, soit désormais 6,1% depuis le début de l’année.
La faiblesse du dollar est principalement due au nouveau programme d’aide conjoncturel qui donne l’impression de voir le jour en guise de compromis juste avant les élections. Cette situation a un peu aidé les actions, mais les avoirs en dollars des étrangers ont été immédiatement jetés en masse sur le marché. On ne peut que supposer qu’en peu de temps, le tout dernier programme d’un montant de soi-disant 1’800 milliards de dollars, sachant que Trump promet même plus, élèvera un peu plus la montagne de dettes record des Américains, attisera l’inflation et affaiblira la monnaie.
Désormais, on s’aperçoit que les freins à main, côté investisseurs, sont peu à peu desserrés. Nombreux sont les investisseurs privés tout comme institutionnels qui se baladent encore avec une réserve élevé de liquidités. Pourtant, la fixation sur les élections américaines se révèle trompeuse. D’ailleurs, le débat télévisé entre les deux vice-présidents potentiels a mené à la conclusion que les démocrates ne devraient pas forcément être mauvais pour l’économie. Le risque d’un changement éventuel au Congrès américain, et peut-être même à la présidence des États-Unis, semble peu à peu céder la place à des attentes positives. Ce changement de paradigme ne s’est pas encore répercuté sur les cours d’actions actuels et laisse espérer une fin d’année heureuse.
La semaine fut encore marquée par des nouvelles étonnamment positives. Certaines avaient pour toile de fond une économie nationale (p. ex. la croissance industrielle de l’Italie s’est révélée plus forte qu’attendue), d’autres un secteur d’activité spécifique (p. ex. après un premier semestre catastrophique, l’industrie automobile table sur une nette amélioration au cours des années 2021 et 2022).
Dès que ces visions optimistes se sont renforcées, des actions défensives telles que Nestlé (-1,5% la semaine dernière) ont essuyé des pertes. En revanche, des titres cycliques, alors dédaignés, tels que LafargeHolcim (+4,4%) et le sous-traitant automobile Infineon Tech (+8,2%), ont quant à eux progressé. Dans le segment des moyennes entreprises telles que le sous-traitant automobile Autoneum (+13,8%) et l’entreprise technologique cyclique u-Blox (+12,8%), le revirement de situation fut encore plus impressionnant.
Les inquiétudes des investisseurs face au virus demeurent, mais ce qui s’est passé au cours de ces sept derniers mois est impressionnant. Sur un plan international, la pandémie a fait l’objet d’une gestion en partie très différente selon les régions du monde, mais les instances politiques, en de nombreux endroits, ont très vite démontré leur capacité d’apprentissage. Grâce aux conclusions tirées de la lutte contre la pandémie dans les pays qui ont eu le plus de succès et l’adaptation aux conditions spécifiques de chaque pays en fonction de la situation, le passage à une conception créative de la vie normale dans de nouvelles conditions est devenu possible.
Les efforts mis en œuvre dans le monde entier pour devenir maître de la pandémie sont uniques dans l’histoire. Diverses mesures de précaution se sont notamment révélées utiles, dont entre autres l’interdiction de «Super Spreading Events» dans des lieux clos, sans mesures de protection. La discipline reste encore de mise en matière de mesures d’hygiène. Nous devons d’abord maîtriser la pandémie avant de pouvoir revenir à plus de normalité et donc instaurer la reprise économique de manière durable.
Nous n’y sommes pas encore, mais des signes encourageants se manifestent. De nombreux systèmes de santé ont réussi leur test d’endurance. Des méthodes aussi bien préventives que thérapeutiques ont affiché des courbes d’apprentissage abruptes. La course mondiale à la recherche de médicaments et vaccins a déjà produit beaucoup d’effets. Malgré la pression politique, de grandes entreprises pharmaceutiques ont toutefois bien fait comprendre que la sécurité et la tolérance des vaccins à venir étaient des conditions immuablement indispensables.
De nombreuses études de vaccins se trouvent en procédure d’homologation accélérée. Déjà plus d’un million de Chinois et plus de 200’000 Européens et Américains sont vaccinés. Si les résultats d’études montrent que les avantages l’emportent sur les risques éventuels, les autorités d’homologation de vaccins correspondantes donneront un avis positif. Dans la course à l’homologation à large échelle, il existe différentes voies en matière de conception. L’une d’entre elles, suivie par une entreprise chinoise avec la société de biotechnologie allemande Biontech, pourrait être autorisée dès le mois de décembre. Ensuite, il sera question de relever le grand défi logistique suivant, à savoir garantir la production ainsi que l’accès au vaccin à l’échelle internationale, à partir du printemps 2021.
Le programme alimentaire mondial des Nations Unies (ONU) s’est vu décerner le prix Nobel de la paix 2020. L’Organisation des Nations Unies s’est également vu récompenser pour sa contribution à l’amélioration des conditions de paix dans les zones de conflit, selon les propos du Comité Nobel. Ce prix est un signe de reconnaissance du travail effectué aussi bien par les collaborateurs que par les nombreux bénévoles dans le monde entier.
J’ai récemment rencontré mon ancienne camarade de classe Corinne. Elle maîtrise désormais plusieurs langues à la perfection et dirige un programme d’aide des Nations Unis en Syrie, dans des conditions difficiles. Quitter notre «zone de confort» en Suisse, se mettre au service de telles organisations et exécuter un travail de terrain à cet effet pendant plusieurs années, je ne peux qu’exprimer mon plus profond respect à cet égard.
D’une certaine manière, tout ceci a également à voir avec nos portefeuilles. Les denrées alimentaires doivent atterrir dans les zones à risque. Pour cela, il existe des entreprises logistiques spécialisées telles que SGL/TransGroup. Cette entreprise est en position de leader international sur le marché des projets d’aide, et entretient entre autres plus de 40 ans de relation avec les Nations Unies. Là-bas, SGL/TransGroup est devenu le plus grand prestataire de services logistiques. Sa part de chiffre d’affaires s’élève à 12%; le reste est assuré par plus de 20’000 entreprises.
Nous détenons depuis longtemps une obligation de SGL/TransGroup dans le fond «Credit Opportunities Fund». Selon nous, cette entreprise est bien dirigée, raison pour laquelle nous restons investis. Au mois de mai 2020, en plein milieu de la crise de la Covid-19, nous avons, comme la majorité des obligataires, convenu un allégement des conditions de crédit contractuelles et donc apporté notre contribution à la poursuite opérationnelle du programme alimentaire mondial.
Cordialement, Maurice Pedergnana