Les premiers jours de bourse en octobre ont été marqués par une hausse continue des fluctuations. Un effet de yoyo, avec des hauts et des bas permanents, a été observé dans le monde entier. Les opinions ont changé en un rien de temps : les pessimistes, les sceptiques et les optimistes ont reçu toutes sortes d’arguments pour défendre leur point de vue. En Chine, la crise immobilière due à la spéculation n’est toujours pas finie. En revanche, il est envisageable que le Congrès américain relève de nouveau le plafond de la dette qu’il s’est lui-même imposé. En Europe, les prix de l’énergie, l’inflation et une éventuelle stagflation ont souvent été au cœur des débats. Les obligations ont continué de baisser depuis le début du trimestre, les courbes de rendement dans le monde entier ayant poursuivi leur pentification. Le rendement des obligations à dix ans se situe de nouveau à 1,6 % aux Etats-Unis et déjà à 1,2 % au Royaume-Uni.
Au final, les actions ont bien démarré le dernier trimestre jusqu’à la fin de la semaine dernière. Un rapprochement entre le chef d’Etat chinois Xi Jinping et le président américain Joe Biden étant en vue, certains investisseurs ont osé acheter à nouveau des actions chinoises. Le plus grand détaillant en ligne du monde, Alibaba, a enregistré des résultats encore meilleurs que Tencent (+8 %) depuis le début du mois (+12 %). Les mouvements au niveau des valeurs technologiques ont également été majoritairement positifs. Google (+4 %) ainsi que Nvidia et Apple (+3 % chacun) ont suivi une trajectoire différente de celle de Facebook (-3 %).
Le cours des actions et les résultats des entreprises ne vont pas toujours dans la même direction. Samsung Electronics est un leader diversifié dans divers sous-marchés, dont celui des semi-conducteurs. Au troisième trimestre, ses ventes ont atteint un niveau record, et le bénéfice d’exploitation trimestriel a été à son plus haut depuis trois ans, atteignant 12,3 milliards de francs suisses. La force motrice de ce bon résultat a été la division des semi-conducteurs, qui a contribué à environ la moitié du bénéfice. Les analystes s’inquiètent déjà de voir bientôt les prix des puces électroniques de nouveau chuter. Raison pour laquelle le cours de l’action se situe même en dessous de sa valeur du début de l’année. Hormis Samsung et la société taïwanaise TSMC, aucune entreprise au monde n’est en mesure de produire des puces logiques personnalisées en technologie 3 nanomètres. Et les clients sont de plus en plus nombreux à attendre.
Depuis le début du trimestre, le Swiss Market Index (SMI) a progressé de 1,1 %, pour atteindre 11 765 points (+9,9 % depuis le début de l’année). Roche (+5 %) a été la société la plus performante depuis le début du trimestre. Le «Gantenerumab», médicament de Roche contre la maladie d’Alzheimer, qui fait l’objet de recherches depuis plus de dix ans, s’est vu accorder le statut d’avancée médicale par la FDA américaine. Ancré dans l’ophtalmologie, le groupe Alcon (-4 %) se situe en bas de l’échelle. La grande majorité des actions du SMI ont peu varié malgré des fluctuations temporaires.
Le groupe Sika est parvenu à faire forte impression. Lors de sa journée des investisseurs, le fournisseur de matériaux de construction a été tout à fait convaincant ; démontrant pourquoi il est clairement en avance sur son concurrent français St. Gobain à de nombreux égards.
La journée des investisseurs 2021 de Sika s’est déroulée la semaine dernière. Son mot d’ordre : modernisateur de la construction durable. Sika en profité pour présenter, entre autres, son processus pionnier de recyclage du béton («reCO2ver») dans un centre d’essai à Zurich. Ce nouveau concept, qui peut être considéré comme une percée dans le recyclage du béton, a le potentiel de contribuer de manière significative à une économie circulaire plus durable. En outre, Sika montre comment faire avancer la décarbonisation de l’industrie du bâtiment et comment relever les défis de demain grâce à l’innovation et à la vente croisée, ainsi qu’à une croissance externe ciblée.
Dans les observations financières, le modèle de croissance de Sika a été présenté ; celui-ci devrait encore ouvrir de nouveaux horizons à l’avenir, tant en termes de croissance de la marge, qui passera de 14,4 % actuellement à 15 % puis 18 % dès 2021, qu’en termes de pénétration de marché accélérée, qui atteindra 12 % du volume du marché mondial de 80 milliards de francs suisses (2023). En monnaies locales, Sika prévoit une croissance des ventes de 13 à 17 % et une augmentation de la marge brute supérieure à la moyenne. Sika profite de diverses mégatendances telles que l’urbanisation et la numérisation croissantes, qui devraient accélérer le modèle économique et générer d’ici à 2023 un flux de trésorerie disponible équivalant à plus de 10 % du chiffre d’affaires.
En même temps, la mise en œuvre des objectifs de décarbonisation, tout aussi ambitieux, est suivie de près. Par ailleurs, l’exemple de Sika montre clairement que la poursuite systématique des objectifs de développement durable permet d’améliorer l’efficacité opérationnelle. L’optimisation des chaînes d’approvisionnement et la production interne d’énergie solaire ont été présentées à titre d’exemples concrets, en prenant pour exemple la filiale au Mexique.
Dans un avenir proche, des programmes d’infrastructure seront lancés dans le monde entier, offrant à Sika un bon terrain de croissance. Les solutions de Sika sont également utiles dans les domaines requérant un grand savoir-faire en matière de construction, de l’expérience dans la rénovation et des connaissances logistiques, et quand il y a pénurie de main-d’œuvre. La direction a su apporter des réponses rassurantes et crédibles aux craintes du marché dues à l’immobilier résidentiel chinois et à la hausse des prix des matières premières.
Journées des investisseurs
Les «Capital Market Days» sont régulièrement organisés en automne. Pendant une demi-journée ou une journée entière, les analystes et les investisseurs des entreprises cotées en bourse sont invités à se faire expliquer le modèle économique sous toutes ses facettes opérationnelles et stratégiques par les dirigeants de l’entreprise. Comme dans le cas lors d’une anamnèse minutieuse dans un cabinet médical, on peut y poser des questions spécifiques au top management sans contrainte de temps.
En réalité, il s’agit d’un luxe pour beaucoup qui essaient d’interpréter à toute vitesse les résultats trimestriels, publiés chaque matin à 7 heures, avant que les transactions boursières ne commencent à 9 heures. En même temps, c’est un devoir de se consacrer à la Journée des investisseurs. La plupart du temps, les messages stratégiques véhiculés ici sont bien plus importants que les montagnes de chiffres trimestriels qu’il ne faut pas sur-interpréter de toute façon pour diverses raisons opérationnelles (saisonnalité, situation exceptionnelle due à la pandémie l’année précédente, etc.)
Pour nous, les journées des investisseurs sont aussi cruciales pour revoir une position dans le portefeuille. Dans le cas de Sika, nous avons opté pour une augmentation, ce que nous avons réalisé dans toutes les stratégies. La journée des investisseurs de la Deutsche Telekom a été sans précédent en termes de transparence et d’orientation. L’épreuve décisive est encore à venir pour Cembra (le 7 décembre). Le Capital Market Day de Swiss Life (le 25 novembre) se déroulera comme il se doit au «Circle» de l’aéroport de Zurich dans lequel l’assureur-vie orienté sur le long terme a investi 0,5 milliard de francs suisses en tant que placement immobilier et dont il est copropriétaire (à 49 %).
Cordialement, Maurice Pedergnana