En septembre, certains thèmes économiques sont régulièrement dans le collimateur des investisseurs. Nous en profitons pour axer ce rapport hebdomadaire dans cette direction. Les économies nationales sont un terrain propice à l’épanouissement et au développement des entreprises. Du moment que celui-ci est alimenté durablement, nous n’avons pas à nous soucier des entreprises ni des actifs réels. Certes, il y a toujours des signaux qui laissent songeur. Les entreprises elles-mêmes ont une très grande influence de par leur politique d’emploi et d’investissement axée sur la croissance ; autrement dit ce sont elles qui sèment et récoltent généreusement sur ce terrain. On observe la même chose chez les ménages qui, avec leurs divers rapports économiques, prennent jour après jour des décisions sur les fameux marchés.
En réalité, l’interconnexion des différents facteurs d’influence et des décisions concernant l’offre et la demande de ces dernières années et, par conséquent, la complexité de la pratique économique ont rapidement pris de l’ampleur. Qui pense être un expert dans un domaine très limité ne voit pas l’engrenage grandissant des différents domaines. Les tendances démographiques, l’optimisation des pratiques d’épargne et d’investissement ainsi que la rentabilité logistique ont toujours constitué des valeurs de référence essentielles. Mais le facteur le plus important est l’engrenage sans anicroche de toutes les actions, permettant d’accroître la prospérité de tous. Sans compter les exploits réalisés dans le cadre des inexorables révolutions technologiques. Quiconque a étudié l’histoire de l’innovation devient un optimiste technologique et se réjouit à la vue de la croissance de la productivité qui se profile pour les années à venir.
C’est la raison pour laquelle nous nous intéressons aux évolutions détaillées au sein de la consommation, des pratiques en matière d’enseignement et des comportements récréatifs. Smart housing, smart living, smart engineering et smart energy : nous sommes entourés de plus en plus de solutions «smart» ou intelligentes, que ce soit dans le logement, la mobilité ou encore l’emploi. Pour identifier l’idéal dans un monde connecté, l’intelligence artificielle est indispensable. Un point sur lequel s’accordent les économistes qui dressent toutes sortes de scénarios à une cadence de plus en plus rapide : en plus d’optimiser les modèles sous-jacents, les processus de décision qui en découlent s’en voient améliorés.
Nous vivons dans un monde fascinant où le «big data» est devenu une véritable source de valeur ajoutée. Les ordinateurs quantiques repoussent les limites. Notre quotidien est de plus en plus marqué par les algorithmes et leur validation, du moins dans le domaine de l’invisible. Il est nécessaire d’être capable d’apprendre et de s’adapter, tant chez l’individu que dans une organisation toute entière. Les preuves anecdotiques restent bien sûr importantes. Cependant, s’opposer à l’analyse et l’évaluation systématiques des données peut entraîner une mauvaise gestion des ressources rares, entraînant une perte de compétitivité et, en fin de compte, de la raison d’être de l’entreprise.
Actuellement, les Etats-Unis se concentrent davantage sur la question du plafond de la dette qu’au cours des derniers mois. Dans le passé, celui-ci a été augmenté ou suspendu 80 fois. Or, les Républicains qui déplorent le départ de Donald Trump s’engagent actuellement dans une lutte inexorable contre son prédécesseur Joe Biden. Ils ne sont guère près à faire des compromis, en particulier au Sénat. Ils sont vexés car les Démocrates n’auraient pas sérieusement essayé de trouver de compromis avec eux lors de l’élaboration des grandes lois sur les dépenses en matière d’infrastructures et de structures sociales.
La ministre américaine des Finances, Janet Yellen, a récemment demandé, dans une lettre adressée à tous les membres du Congrès, de relever le plafond de la dette de manière responsable afin d’éviter la stagnation de l’actuelle reprise économique. Le fait est que ces derniers temps, l’actualité économique des Etats-Unis n’a quasiment plus apporté de surprises positives. Le «Beige Book» de la banque centrale américaine, la Réserve fédérale (Fed), contient des données concrètes, laissant entendre que la dynamique économique positive des USA est en train de ralentir.
Un jour en octobre, la limite de la dette fixée par la loi sera atteinte et le gouvernement se retrouvera sans plus aucun sou. Pour la première fois dans leur histoire, les Etats-Unis pourraient alors ne plus être en mesure d’honorer leurs obligations financières et ainsi subir une immense perte de confiance sur les marchés financiers. J. Yellen a écrit que même la notation des Etats-Unis serait mise en péril, ce qui entraînerait des coûts de crédit plus élevés.
A l’opposé, il convient de souligner les progrès toujours enregistrés sur le marché de l’emploi américain et la hausse des salaires qui stimulent la consommation. En comparaison historique, les ménages américains bénéficient actuellement d’un taux d’épargne élevé. Mais dans la perspective d’un prochain trimestre marqué par les rassemblements et festivités en famille qui, pour la première fois depuis longtemps, auront probablement lieu avec moins de restrictions dues à la pandémie, nul ne craint une inflation galopante. Au contraire, l’optimisme conjoncturel se répand. Cependant, le plafond de la dette reste une épée de Damoclès.
Consolidation à un niveau élevé
Ces derniers jours et ces dernières semaines, une combinaison entre attentes élevées, valorisations substantielles et ralentissement conjoncturel a renforcé la réticence sur les marchés boursiers. Le Swiss Market Index a clôturé la semaine dernière à 12’060 points, consolidant en baisse de 2,8 % par rapport au début du mois en raison de l’affaiblissement des valeurs pharmaceutiques. En revanche, l’indice plus large Stoxx Europe 600 affiche une baisse de seulement 1,0 %, un niveau quasi identique au grand indice américain S&P 500 avec -0,7 %.
Il n’y a pas vraiment de quoi s’inquiéter. A l’issue de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), une réduction modérée des rachats mensuels de titres à compter du quatrième trimestre a été annoncée, ce que le marché a interprété comme un signe d’optimisme dans l’économie européenne. Malgré l’amélioration de l’environnement macroéconomique, les inquiétudes autour de la pandémie restent importantes.
Pendant ce temps, la BCE a laissé son taux directeur à son plus bas record de 0,0 %. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a annoncé son soutien permanent en vue de surmonter la crise de la Covid-19. «Nous sommes fermement décidés à continuer d’accorder le soutien nécessaire pour maintenir des conditions de financement favorables et ce, de manière totalement indépendante et flexible», a déclaré Madame Lagarde.
D’après le patron de la Fed, Jerome Powell, une sortie du mode de crise de la politique monétaire est envisagé et discuté en raison des données solides du marché de l’emploi américain. Mais elle nécessite que le marché du travail continue de s’améliorer clairement et que la situation liée au coronavirus n’empire pas.
Cordialement, Maurice Pedergnana