Rapport hebdomadaire 11/2021

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Les titres de valeur toujours en plein essor

Les actions connaissent actuellement un renouveau, marqué par un essor vigoureux. La rotation au sein des actions se poursuit. Ce ne sont pas les valeurs de croissance qui ont la faveur des investisseurs mais les titres de valeur. Il s’agit, entre autres, des actions en assurance qui, après une année 2020 agitée, sont en phase de reprise structurelle. Depuis le début de l’année, les actions de Swiss Life et de Swiss Re (+10% chacune) ainsi que d’Axa (+21% en CHF) et de Zurich Insurance (+5%) ont connu une évolution fort positive.

Ces actions en assurance sont prisées notamment pour la fiabilité de leurs flux de dividendes. Le rendement de nos favoris évolue entre 4% et 7%. Pendant ce temps, certaines actions de croissance sans dividende du secteur technologique connaissent une phase de consolidation suite à une forte ascension l’année précédente. En revanche, notre action technologique de prédilection (Alphabet-Google) affiche une hausse de 17% depuis le début de l’année (+23% en CHF).

Actuellement, le marché boursier est la scène d’une rotation vis-à-vis des secteurs et du style d’investissement. En règle générale, ces rotations durent plusieurs mois, voire parfois plusieurs années. L’accélération de l’économie réelle et les assouplissements du régime de confinement a diminué l’intérêt pour les modèles économiques à vocation purement numériques. Sur le plan réel, Netflix et Zoom montrent aussi des signes de fatigue. Par contre, on observe un gain d’intérêt pour les thèmes en relation avec une «réouverture» de l’économie. Ajoutons aussi le plan de relance économique du président américain Joe Biden qui, en conséquence du commerce extérieur, dynamisera également l’économie en Suisse et dans toute l’Europe.

Les titres sensibles à la conjoncture de l’industrie, des matières premières, de l’énergie et des finances sont «en vogue». Ceci concerne aussi les véhicules indiciels. Les commissions indicielles connaissent toujours un comportement procyclique et modifient leur composition afin de rester «attractives». Il y a six mois, le comité a expulsé le géant pétrolier ExxonMobil du Dow Jones Index qu’il a remplacé par le titre technologique Salesforce. Depuis, ExxonMobil a progressé de 76% et Salesforce a perdu 14% de sa valeur boursière. L’intervention active dans le véhicule indiciel «passif» a eu des effets plutôt négatifs pour ses investisseurs.

Il ne faut jamais faire abstraction du fait que tous les produits indiciels sont soumis à une rude concurrence. Tout le monde veut générer les produits les plus attractifs possible, étant donné que l’on réclame toujours une commission. Plus le produit semble «attractif», plus il génère de commissions. Mais il y a aujourd’hui une véritable explosion de la diversité. Au niveau des actions, il existe désormais plus de produits indiciels que de véritables actions. Et il y a de plus en plus d’ETF actifs et de gestionnaires de fonds passifs, autrement dit le monde devient de plus en plus flou.

 

 

Sujet de la semaine : Inflation – pas une raison de paniquer

Depuis 13 ans, la peur de l’inflation refait régulièrement surface. Les marchés des capitaux, qui, une fois encore, sont en phase de réorientation, suivent attentivement le moindre petit changement. Les perspectives d’inflation à court terme sont plus hautes, hissant le rendement du benchmark des emprunts d’Etat américains à dix ans à un niveau de 1,6%.

La modification du taux annuel de l’indice des prix à la consommation core des Etats-Unis à hauteur de 1,3% a été publiée effectivement il y a quelques jours, soit dit en passant à titre de résultat provisoire. Le marché ayant été majoritairement déçu (la fameuse «prévision consensuelle» se situait à 1,4%), les paris short sur la hausse du rendement n’ont pas fonctionné. Aussitôt, on a observé une fuite de ce pari et le rendement du benchmark a chuté à 1,47% du 8 au 11 mars. Puis, de nouveaux signaux puissants de relance ont été émis, faisant temporairement grimper le rendement à 1,64% en l’espace de 24 heures. Conséquence: les obligations du Trésor à long terme «zéro risque» ont été en proie à une forte volatilité.

La hausse modérée des prix à la consommation a signalé que l’objectif de la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, en matière d’inflation de «2% en moyenne» n’était probablement pas aussi proche que ce que les marchés le prévoyaient. Quoi qu’il en soit, la Fed ne se montre pas pressée de raffermir sa politique monétaire. Les taux d’intérêt resteront bas. Et ce, bien que nous observerons dans le courant de l’année une poussée des prix même en Europe. Cette dernière doit être interprétée comme un précieux signal d’élan économique et elle devrait s’atténuer en 2022.

Dans une économie de marché, les modifications de prix sont essentielles. En raison de la pandémie, l’offre et la demande ne sont plus en équilibre dans certains domaines. La demande d’appareils électroniques, en particulier les ordinateurs portables et les smartphones pour le télétravail, l’école à la maison et les réunions virtuelles, a considérablement augmenté. En même temps, les besoins de micropuces et de capteurs dans l’industrie automobile se sont accentués. Compte tenu des restrictions persistantes du trafic aérien causées par la pandémie et du blocage des conteneurs maritimes en Europe, le réapprovisionnement n’est pas possible. La demande croissante fait face à une offre serrée, ce qui a pour effet d’augmenter (temporairement) les prix.

Les rendez-vous importants des semaines à venir

16 mars 2021 Allemagne : attentes conjoncturelles du ZEW (mars)
17 mars 2021 Etats-Unis : réunion du FOMC de la Réserve fédérale (mars)
18 mars 2021 Etats-Unis : indice du climat économique de la Fed de Philadelphie (mars)
19 mars 2021 Allemagne : évolution des prix à la production (février)

Commentaire

L’économie mondiale va s’adoucir et s’embellir, cela ne fait aucun doute. La semaine dernière, le congrès américain a approuvé un plan de relance colossal de 1900 milliards de dollars. Un facteur qui vient s’ajouter à une économie déjà en plein essor. En effet, les Américains ont été contraints, en raison du confinement, d’épargner 1600 milliards de dollars qui, grâce aux mesures de déconfinement, pourront enfin être reversés dans la consommation souhaitée.

En Europe, on estime la demande de consommation accumulée à au moins 1200 milliards d’euros et en Chine, elle devrait avoir des dimensions semblables. Voilà pourquoi nous aurons affaire à une forte croissance synchrone dans les mois et trimestres à venir. Ce sont surtout les investissements réels, tels que les actions, qui en profiteront.

Avant de modifier votre stratégie dans un élan euphorique, nous tenons à vous rappeler une chose: il est important de déterminer calmement quelle part de la fortune personnelle totale devrait être investie en actions au maximum. Si vous le faites avec un horizon à long terme adéquat, vous ne serez pas tout de suite pris de panique lorsque les placements recommenceront à fluctuer (chuter).

Certes, il n’y aura pas toujours que des phases haussières. Mais les conditions actuelles sont vraiment idéales. La grande majorité des entreprises dans nos portefeuilles affichera une hausse à deux chiffres de leurs bénéfices durant les périodes de rapport à venir. Nous restons toutefois disciplinés dans notre sélection et nous continuons de nous concentrer sur celles capables de générer des flux de trésorerie positifs même en période difficile.

Cordialement, Maurice Pedergnana

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2020
SMI 10'839.9 +1.3%
SPI 13'628.3 +2.3%
DAX € 14'502.4 +5.7%
Euro Stoxx 50 € 3'833.4 +7.9%
S&P 500 $ 3'943.3 +5.0%
Dow Jones $ 32'778.6 +7.1%
Nasdaq Composite $ 13'319.9 +3.3%
MSCI EM $ 1'348.2 +4.4%
MSCI World $ 2'807.2 +4.4%
Marchés obligataires depuis 31/12/2020
SBI Dom Gov TR 231.6 –3.7%
SBI Dom Non-Gov TR 119.8 –0.1%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2020
SXI RE Funds 476.7 –1.4%
SXI RE Shares 2'986.0 –2.3%
Matières premières depuis 31/12/2020
Pétrole ($/Bbl.) 65.6 +35.2%
Or (CHF/kg) 51'650.7 –4.4%
Cours de change depuis 31/12/2020
EUR/CHF 1.1112 +2.8%
USD/CHF 0.9302 +5.1%
EUR/USD 1.1953 –2.2%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.76 −0.8 - −0.6 −0.8 - −0.6
EUR –0.55 −0.6 - −0.5 −0.6 - −0.4
USD +0.19 0.0 - +0.3 0.0 - +0.3
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.23 −0.6 - −0.4 −0.3 - −0.1
EUR –0.31 −0.6 - −0.3 −0.2 - +0.2
USD +1.62 +1.2 - +1.4 +1.4 - +1.6
Renchérissement
2021P 2022P 2023P
Suisse 50.0% 120.0% 120.0%
Zone euro 100.0% 150.0% 200.0%
Etats-Unis 160.0% 240.0% 250.0%
Economie (PIB real)
2021P 2022P 2023P
Suisse 500.0% 200.0% 180.0%
Zone euro 600.0% 260.0% 180.0%
Etats-Unis 300.0% 200.0% 220.0%
Global 540.0% 350.0% 350.0%
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