La conjoncture économique mondiale prend de la vitesse. Au mois de janvier, les dépenses de consommation ont affiché un niveau, contre toute attente, élevé. Par ailleurs, divers indicateurs révèlent une amélioration continue des perspectives de forte reprise économique. Aux États-Unis, pays réputé pour son économie nationale à tendance consommatrice, les comptes bancaires indiquent qu’une somme de 2’000 milliards de dollars, principalement accumulée l’an dernier, traîne encore et pourrait bientôt affluer dans la consommation. À cela s’ajoute un plan fiscal qui devrait afficher une enveloppe élevée, comprise entre 1’500 et 1’900 milliards de dollars. La ministre des Finances américaine Janet Yellen a déclaré que malgré le niveau récemment élevé des chiffres d’affaires du commerce de détail, le plan d’aide s’avérait encore et toujours nécessaire dans la lutte contre la pandémie. «Il est d’une importance capitale d’avoir un plan qui soit aussi grand que la douleur que cette pandémie a causée», a déclaré Yellen jeudi dernier sur la chaîne de télévision américaine CNBC. «Le prix à payer si l’on ne fait pas assez est encore plus grand que le prix à payer si l’on fait quelque chose de grand.»
Parallèlement, certains investisseurs craignent que le plan d’aide public, accompagné des effets dits de second tour, ait une action procyclique. Cette tendance pourrait conduire à une surchauffe de la conjoncture, accompagnée d’une pénurie de main-d’œuvre et de salaires en hausse. Certes, les taux d’inflation aux États-Unis évoluent actuellement à un niveau faible avoisinant les 1,5%, mais ces derniers temps, les attentes en matière d’inflation se sont élevées à 2,4%, autrement dit au niveau le plus haut depuis longtemps. En de nombreux endroits, cette tendance a incité les investisseurs d’obligations à long terme à prendre la fuite. À titre d’exemple, l’indice des obligations de la Confédération a chuté de 4,2% depuis le début de l’année.
Le président de la Banque fédérale d’Allemagne a récemment mis en garde contre le risque de prix en hausse. Les banques centrales peuvent toutefois se détendre. D’une part, les craintes d’inflation qui ne cessent de surgir par vagues, sont plus un produit de narration économique qu’autre chose. Aucune pression inflationniste effective n’en a réellement résulté. D’autre part, dans une économie mondiale globale avec des capacités de transport bon marché depuis l’adhésion de la Chine dans l’organisation mondiale du commerce OMC il y a 20 ans, il existe plus une pression déflationniste qu’inflationniste.
Cela fait 13 ans que l’on met en garde contre le risque d’une inflation bien plus élevée. Ce n’est jamais arrivé. Nous tablons avec certitude sur le fait que la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires va progressivement s’enfoncer dans l’indice de renchérissement. Et les banques centrales vont certainement, avant tout la US Federal Reserve, tolérer, pour la première fois de leur histoire, une montée en flèche du taux d’inflation au-dessus de l’objectif à long terme de 2% pour un certain temps. Par conséquent, une spirale inflationniste classique n’est toutefois pas à craindre avant longtemps. Quiconque redoute réellement l’inflation, transfère son capital dans des placements réels (actions et biens immobiliers). Il n’est certainement pas trop tard. Avec une valeur de 10’704 points, le Swiss Market Index se situe à son niveau de début d’année, soit 5% en dessous de son niveau d’il y a an.
Le sentiment de nervosité parmi les investisseurs découlait récemment de l’observation selon laquelle la conjoncture devrait progresser plus fortement qu’attendu. Les prix des matières premières en forte hausse et les liquidités qui ont afflué dans la consommation avec une masse d’une ampleur surprenante, ont rappelé que les trimestres à venir allaient s’accompagner d’une croissance incroyablement forte.
La scène économique affiche une tendance latente à évoluer à un niveau abstrait avec la vision d’ensemble. Toutefois, la contre-plongée, la compréhension des évolutions du marché au niveau microéconomique, in extrémis dans un budget particulier, demeure également importante. C’est pourquoi l’étude précise de rapports d’activité et de présentations de résultat procure autant de plaisir, car elle nous montre la manière dont le monde évolue et les tendances qui en découlent et se cristallisent de plus en plus.
Jetons un œil au résultat de Nestlé. En tant qu’analyste, on reçoit une série de documents et d’informations utiles. Bien entendu, nous nous réjouissons également de la nouvelle barre Kit-Kat végane. Mais si le groupe Nestlé manœuvre aussi bien son bateau à travers la pandémie, c’est avant tout grâce à l’amour que les hommes et les femmes vouent à leurs petits compagnons à quatre pattes. Durant le confinement, les chats et les chiens ont été de véritables rayons de soleil bons pour le moral, à qui l’on a offert toute sorte de choses en guise de merci; bien évidemment en fonction de la race, de l’âge, de la taille et de la force. «Leur bien-être. Notre passion», voilà le slogan de la marque de qualité premium la plus couronnée de succès, Nestlé Purina.
Le choix est immense: avec les produits «Optiweight», il est possible de favoriser soigneusement une perte de poids, avec d’autres, d’avoir une action sur les allergies ou sur la prédisposition aux maladies articulaires. Dans tous les cas, le site Web de Purina à propos de l’alimentation saine des chiens et des chats est intéressant à lire. Nestlé dispose d’une part de marché de 20 à 30% sur les principaux marchés. Le degré de raffinement augmente et les produits, qui sont de plus en plus livrés directement sur le pas de la porte via Internet, se laissent alors commercialiser avec une marge plus élevée.
Les évaluations des grands groupes demeurent à un niveau modéré. Nestlé a gagné en puissance. Tout compte fait, un bénéfice de 4.21 francs suisses par action a été enregistré. Le dividende a légèrement augmenté à 2.75 francs suisses. Les perspectives sont nettement meilleures.
Malgré les restrictions dans les cabinets médicaux et les hôpitaux, Roche a pu augmenter sa marge opérationnelle. Avec 15 nouveaux systèmes et procédés pour des tests virologiques, Roche Diagnostic a renforcé sa position de leader sur le marché. Le groupe financièrement solide a affiché une légère hausse de dividende à 9.10 francs suisses. Chez Novartis, la pandémie a laissé des traces plus marquées, mais le groupe a quand même enregistré une nette hausse de son bénéfice. Zurich Insurance a également affiché des évolutions de prime avantageuses. Zurich a bien supporté les coûts de la pandémie.
Ne vous laissez pas aveugler par les médias et leurs hautes évaluations. Nos figures de proue suisses affichent des cours nettement plus bas qu’au 1er janvier 2020. Les actions de Nestlé (-7%), Roche (-4%), Novartis (-14%) et Zurich (-6%) sont à un niveau plus bas qu’avant la pandémie. Leurs taux de rendement sur dividendes vont de 2,8% (Nestlé) à 5,4% (Zurich), et les rapports cours/bénéfice sont compris entre 14 (Novartis, Zurich) et 22 (Nestlé). Cette tendance offre une opportunité aux investisseurs à long terme patients ainsi que pour les épargnes excédentaires, et vient rassurer les personnes qui ont déjà investi, car ici les négociations se font sur la base d’évaluations justes. Tous les quatre disposent de portefeuilles exceptionnels pour profiter outre mesure de la relance économique mondiale imminente.
Cordialement, Maurice Pedergnana