La semaine dernière, de bonnes nouvelles ont illuminé nos cœurs d’investisseurs. Certes, nous avons d’abord reçu les résultats en demi-teinte des grandes banques UBS et Credit Suisse. Cela fait des années que nous ne détenons plus celles-ci dans nos dépôts. En revanche, le résultat de la compagnie d’assurance Zurich Insurance nous a réjouis. Il s’agit là d’un placement essentiel dans nos solutions fondées sur des titres individuels.
En 2019, Zurich Insurance a augmenté son bénéfice jusqu’à atteindre la somme de 4,1 milliards de dollars (+12%). Cette tendance est due notamment au fait que l’entreprise limite les charges liées aux catastrophes naturelles de manière plus ferme qu’autrefois, avec une couverture de réassurance. Les capitaux propres corrigés des effets extraordinaires ont généré un rendement de 14,2%. Le groupe est en bonne position pour atteindre les objectifs ambitieux qu’elle s’est fixés pour 2022. Les perspectives de dividendes aussi inspirent la confiance. La valeur pour l’année 2019 est augmentée de 5,3%, ce qui conduit finalement à un taux de rendement sur dividendes de 4,6%. Une part importante du bénéfice est conservée et réinvestie soigneusement, sous la direction du PDG Mario Greco, afin que dans les prochaines années aussi, nous puissions compter sur des hausses de dividendes supplémentaires.
Le groupe alimentaire Nestlé a lui aussi été capable de séduire dans l’ensemble. Il est vrai que la hausse organique de 1,2% de son chiffre d’affaires en franc suisse fut maigre. Cependant, sa rentabilité a augmenté de manière disproportionnée. S’élevant à 17,6%, la marge d’exploitation corrigée EBIT permet au conseil d’administration de nettement augmenter les dividendes. Le taux de rendement sur dividendes se situe à 2,5%. L’objectif de croissance à moyen terme est reporté, mais concernant la Chine, le chef du groupe Mark Schneider reste «encore très optimiste».
L’Inde aussi demeure un marché à croissance rapide pour Nestlé, avec des produits clés tels que Maggi Masala, les nouilles Maggi, KitKat et Nescafé. Ici, le bénéfice net (+22%) continue d’afficher une croissance solide. Le chiffre d’affaires a progressé de 11%, et la marge d’exploitation s’est élevée au-dessus de la marge moyenne du groupe avec une valeur de 23%. À long terme, les perspectives de croissance de Nestlé en Asie restent encore excellentes. En plus de cela, Nestlé ne peut que se réjouir des parts qu’il détient dans le groupe cosmétique français L’Oréal (23%). En effet, l’an dernier, le groupe a vu son chiffre d’affaires asiatique augmenter de 30%, entraînant ainsi, à l’échelle du groupe, la meilleure hausse de chiffre d’affaires depuis plus d’une décennie.
À l’heure actuelle, l’économie accablée par le coronavirus conduit à un affaiblissement des chiffres d’affaires. Cependant, presque partout en Europe, les suppositions quant à un creux temporaire, encore inquantifiable, vont bon train. En fin de compte, le premier trimestre de l’année 2020 devrait se révéler plutôt décevant. Toutefois, les valeurs européennes font preuve d’une étonnante résistance à la conjoncture. La saison des résultats n’est certes pas encore terminée, mais les bénéfices en 2019 ont affiché des valeurs en moyenne 2,2% au-dessus des attentes. 90% des compagnies d’assurance et 47% des banques ont surpassé les attentes. Dans le domaine de la santé, seul 19% des entreprises y sont parvenues, et dans le secteur industriel, tout juste 13%.
En principe, les produits de la zone euro sont plus concurrentiels que ceux des États-Unis. Ce postulat se vérifie bien sur le marché chinois hautement compétitif. L’an passé, la zone euro a exporté en Chine des marchandises d’une valeur totale de 300 milliards d’euros environ. Quant aux États-Unis, leurs exportations se sont élevées à bien 100 milliards de dollars.
Cependant, depuis le début de l’année, l’euro a perdu près de 3% de sa valeur par rapport au dollar américain et 2% par rapport au franc suisse. Cette tendance à la baisse repose sur le fait que la zone euro, en particulier l’Allemagne, est fortement associée à l’économie nationale chinoise. Lorsque la Chine a la grippe, l’économie allemande tousse. Ce phénomène explique également le net effondrement de la production industrielle allemande.
À l’échelle internationale, le groupe Volkswagen vend 5 véhicules sur 10 en Chine. Pour BMW et Daimler aussi, la Chine représente leur principale zone de distribution. Cependant, actuellement, c’est comme si ce marché était entré en période d’hibernation, et le recul conjoncturel est perceptible sur le marché des changes. À l’inverse, en raison de la faiblesse de l’euro, les produits de haute qualité voient leur prix diminuer sur le marché international, de telle sorte qu’à moyen terme, une demande accrue pourrait voir le jour.
Toutefois, à court terme, de l’argent s’écoule et fuit de la zone euro. Quant aux taux d’intérêt, eux aussi ne sont pas vraiment attractifs. Nombreuses sont les obligations à rendement négatif. Même des débiteurs tels que l’Italie et la Grèce ne laissent désormais entrevoir qu’un rendement de 0,9% pour les obligations à dix ans. Avec une valeur de 1,5%, les États-Unis doivent débourser bien plus pour leurs obligations à dix ans, mais le nouvel endettement y présente également une croissance plus rapide qu’avant.
L’euro équivaut à 1.06 francs suisses. Il s’agit là du cours le plus faible depuis 44 mois. La faible croissance dans la zone euro pourrait inciter à entreprendre un nouvel assouplissement de la politique monétaire. Cependant, le taux d’inflation allemand de 1,7% s’y oppose. Il est fort probable que le risque monétaire en euro continue à rester bien plus faible qu’aux États-Unis: il convient alors d’interpréter au minimum les coûts de couverture.
Sur le marché des capitaux, on tente de tirer le plus possible avantage des informations actuelles. Dans ce cadre, les indicateurs qui devancent la conjoncture revêtent une importance capitale. En particulier dans un environnement empreint d’incertitude, les sondages auprès des directeurs d’achat peuvent entrer pour beaucoup dans le climat du marché.
Parmi les rendez-vous à ne pas manquer dans cette nouvelle semaine, il convient de rappeler la publication de tels sondages des principaux acheteurs d’entreprises concernant la situation et les perspectives en matière de production, de prix, de commandes et de besoin en personnel, ce vendredi 21 février. Du Japon jusqu’aux États-Unis, en passant par l’Europe, les résultats de l’activité industrielle ainsi que du secteur des services seront publiés. Des valeurs supérieures à 50 indiquent un net dynamisme de la croissance. Des valeurs de solde inférieures à 50 signalent une expansion économique plus faible par rapport à la période précédente. En règle générale, des valeurs inférieures ou égales à 45 sont un indicateur fiable d’une contraction économique.
Dans l’ensemble, les données devraient confirmer l’hétérogénéité du tableau économique global actuel: les valeurs de sondage de l’industrie tournant autour des 50 (janvier) signalent le maintien, dans l’ensemble, de la stabilité de l’industrie européenne, à l’exception de l’Allemagne. Le principal moteur de croissance reste le secteur des services. Cette tendance devrait régner dans tous les grands espaces économiques, et contribue à la stabilisation économique mondiale de la croissance de près de 3% dans l’année en cours.
Cordialement, Maurice Pedergnana