L’inflation américaine a confirmé la voie de la désinflation progressive. Alors qu’il y a encore un an, l’on se concentrait sur la valeur avant la virgule, les prévisions s’orientent actuellement vers le deuxième chiffre après la virgule. Après une nouvelle hausse de 0.06 % de l’inflation de base PCE aux États-Unis en novembre, il est vrai que l’on s’attend à une hausse temporaire de 0.20 % en décembre. Toutefois une baisse de l’inflation dans le secteur des logements est prévisible. Cela s’applique également aux prix à la production, le principal précurseur des prix à la consommation. Comme en novembre déjà, ils sont légèrement tombés en zone déflationniste.
Désormais, les impulsions inflationnistes doivent être recherchées à la loupe. Les capacités disponibles signalent une évolution déflationniste qu’il s’agit de stabiliser au moyen d’une baisse des taux directeurs. C’est pourquoi, sur le marché la probabilité que la Réserve fédérale américaine abaisse ses taux directeurs de 25 points de base le 20 mars est déjà passée à 80 %. Si ce n’est pas en mars, ce sera lors de la réunion suivante qui aura lieu en mai.
Dans la zone euro, si le membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Boris Vujcic, a déclaré qu’il privilégiait des mesures de taux de 25 points de base, il n’a toutefois pas exclu des étapes plus importantes de 50 points de base. La présidente de l’institution, Christine Lagarde, a déclaré que la BCE commencerait à abaisser les taux dès qu’elle serait convaincue que l’inflation se dirige à nouveau vers son objectif de 2 %, ce qui signifie que l’inflation ne doit pas être aussi basse, le fait de se diriger vers l’objectif est suffisant. Au Royaume-Uni, la croissance du PIB a dernièrement constitué une surprise positive du fait de la reprise dans le secteur des services. Dans les prévisions sur le marché du travail et l’inflation, l’on s’attend à une inflation globale relativement faible de 3.8 %. Cela devrait continuer à être suffisant pour une première baisse des taux d’intérêt en mai.
Quant à la Chine, elle traverse actuellement sa phase déflationniste la plus longue et la plus profonde depuis 1998. Les prix à la consommation sont en léger recul, et les prix à la production sont en forte baisse. Un «scénario à la japonaise» comme celui de 1991 menace le pays. Les prix en baisse mettent la croissance en péril, retardent en particulier l’achat de biens durables, et s’accompagnent d’une sous-utilisation économique persistante des usines. Les entreprises retardent leur cycle d’investissement, renforçant ce faisant la spirale baissière. C’est la raison pour laquelle l’on s’attend prochainement à une baisse des taux directeurs en Chine afin de redonner de l’élan à l’économie et de la protéger d’une déflation persistante.
Les risques géopolitiques continuent à être sous surveillance, tant à Taïwan, où le candidat pro-chinois a subi une nette défaite, qu’en mer Rouge. L’année dernière déjà, le pétrole brut était un marché agité, même s’il est très sujet aux fluctuations. En revanche, le gaz reste bon marché : En Europe, les prix se situent environ 50 % plus bas qu’il y a un an, malgré la vague de froid. Les prix de l’électricité n’accusent pas non plus le coup dans le commerce de gros.
Le Swiss Market Index lié aux actions s’est montré sous un jour un peu plus favorable avec un niveau légèrement plus élevé (11’226 points, +0.8 % depuis le début de l’année). En revanche, le Swiss Bond Index lié aux obligations a glissé dans le rouge (-0.9 %).
À Davos, les discussions dans le cadre du World Economic Forum porteront également sur les risques. En partenariat notamment avec le Zurich Insurance Group, des réflexions importantes ont une nouvelle fois été enregistrées et résumées dans le «Global Risks Report 2024».
La 19e édition de ce rapport a été publiée dans un contexte d’accélération rapide des changements technologiques et d’incertitudes économiques, alors que le monde est affligé par deux crises dangereuses : le climat et les conflits. Des tensions de fonds, en relation avec l’éclatement d’hostilités actives dans plusieurs régions, contribuent à rendre instable un ordre mondial qui se caractérise par un narratif polarisé et par une perte de confiance. Parallèlement, un nombre sans cesse croissant de pays lutte contre les effets de phénomènes météorologiques extrêmes qui battent tous les records. Les efforts prodigués actuellement afin de s’adapter au changement climatique ne suffisent pas pour endiguer l’ampleur et l’intensité des événements climatiques.
Il est intéressant de constater que ce ne sont pas l’inflation, la récession ou la migration qui sont considérées comme les risques les plus importants, mais le sentiment de frustration ressenti par de nombreuses personnes face au statu quo. Cette situation laisse le champ libre à la propagation de fausses informations et à la désinformation dans des sociétés déjà affaiblies sur les plans politique et économique au cours des dernières années. L’intelligence artificielle est susceptible d’accélérer encore considérablement cette propagation.
En effet, la polarisation de la société fait partie, à l’instar de la désinformation alimentée par l’IA, des trois plus importants risques des prochaines années. Ces risques sont interdépendants et peuvent se renforcer mutuellement. Si des milliards de personnes sont appelées à voter prochainement, les fausses informations et la désinformation généralisées peuvent saper la légitimité des gouvernements nouvellement élus. En réaction, ces derniers pourraient se sentir de plus en plus légitimés à contrôler les informations sur la base de ce qu’ils considèrent comme «vrai». La liberté dans le domaine d’Internet, de la presse et de l’accès à d’autres sources d’information, qui se trouve déjà sur le déclin, est menacée par une répression encore plus importante des flux d’informations. Selon le rapport, «les troubles qui seraient susceptibles d’en résulter pourraient aller de protestations violentes et de crimes haineux jusqu’à la confrontation et au terrorisme».
L’avenir n’est pas tracé d’avance, et une multitude de «futurs» sont imaginables. Bien que ce constat engendre des incertitudes à court terme, il est également source d’espoir, malgré tous les risques globaux et changements historiques sur les plans géoéconomique et technologique.
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – janvier 2024
Le mardi 16 janvier et le jeudi 18 janvier 2024 aura lieu la 32e édition du Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz au Theater Casino de Zoug et au KKL de Lucerne. Le programme sera mené par Timo Dainese, fondateur et partenaire dirigeant, ainsi que par le Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef et partenaire dirigeant de Zugerberg Finanz. L’orateur invité, le Prof. Dr. Roland Siegwart, directeur de l’Autonomous Systems Lab et co-fondateur de Wyss Zurich, nous donnera un aperçu de l’univers de l’intelligence artificielle et de la robotique.
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Séance d’information pour particuliers en suisse-allemand – Placer son argent est aussi une question de confiance
Le jeudi 1 février 2024 auront lieu chez nous au Lüssihof deux séances d’information destinées aux particuliers. Ces événements s’adressent principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation.
Ateliers de l’économie de Zugerberg Finanz à l’intention des jeunes – mars 2024
Enthousiasmer et motiver les jeunes ! Samedi, 9 mars 2024 et samedi 16 mars 2024, nous organisons deux ateliers d’une journée pour les jeunes, sous les titres «Fascination économie» et «Fascination bourses et marchés des capitaux».