Rapport hebdomadaire 07/2021

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Des signaux encourageants

Cette année, la numérisation du monde se poursuit en mettant les bouchées doubles. Cette accélération s’avère également nécessaire quand on sait qu’en de nombreux endroits, nous n’en sommes encore qu’aux débuts. Jusqu’à il y a peu, l’administration fédérale opérait encore par fax pour le transfert des données de cas de Covid dans la ville fédérale. Dans le commerce de détail, le showroom numérique représente désormais un pilier central. Les 92,5 milliards de visites enregistrées chaque mois par le moteur de recherche Google témoignent des impulsions numériques. À ce nombre viennent s’ajouter les 34,6 milliards de visites sur le site Web de streaming vidéo YouTube du groupe Alphabet/Google.

Avec 25,5 milliards de visites mensuelles à son compteur, Facebook confirme également sa suprématie. Par ailleurs, les applications Instagram et WhatsApp de ce même groupe recensent respectivement 6,1 et 3,1 milliards de clics supplémentaires. Les statistiques de followers au niveau d’une marque affichent de grandes différences selon les régions. Sur les plateformes, on mesure ce qui est recherché, lu et acheté dans les détails. Il en résulte des indices relativement efficaces qui permettent d’améliorer la mise en œuvre d’une publicité ciblée. C’est la raison pour laquelle les groupes Google et Facebook, qui vivent des recettes publicitaires, sont si précieux.

À titre d’exemple, on peut citer L’Oréal dont les recettes générées à travers des sites Web propres et étrangers ont récemment augmenté de 62%. Le plus grand fournisseur de produits de soins et cosmétiques au monde, avec 36 marques à son compteur, de Garnier à Roche-Posay, fait preuve d’une grande agilité et conçoit toujours ses offres sur mesure, en fonction de ses clients finaux, à l’aide de l’intelligence artificielle. Au cours de l’année 2020 particulièrement difficile, marquée par la fermeture temporaire des salons de coiffure et parfumeries ainsi que des magasins de duty-free, son chiffre d’affaires n’a chuté que de 4%. Pourtant, nombreuses sont les personnes qui cachent leur visage derrière un masque ou restent à la maison. Les rouges à lèvres ont vu leur popularité dégringoler, mais les produits pour les yeux ont nettement mieux marché. Également ceux ayant une action dermatologique. L’urbanisation croissante incite les gens à recourir aux produits de beauté, avec notamment de plus en plus d’hommes et pas uniquement en Asie. L’accession à la classe moyenne augmente les budgets.

La part L’Oréal, qui appartient au groupe suisse Nestlé, est désormais évaluée à 45 milliards de francs suisses et représente 15,5% de la capitalisation de marché de Nestlé. Concernant les 84,5% «restants», le plus grand groupe agro-alimentaire au monde se prononcera jeudi prochain. Nous sommes impatients de découvrir à quel point l’accroissement du commerce numérique se répercute ici. Les valeurs de référence ne sont pas trop élevées afin de faire l’effet d’une bonne surprise sur le marché. Le cours d’action se situe 8% plus bas qu’il y a six mois et a perdu plus de 3% de valeur depuis le début de l’année. Parallèlement, le Swiss Market Index (SMI) a affiché une légère tendance à la hausse avec une augmentation à 10’880 points (+1,7%).

Sujet de la semaine : De grandes parties des marchés d'actions en équilibre

Les marchés obligataires sont ébranlés depuis le début de l’année. Les pertes sur les obligations d’État sont survenues contre toute attente. Les marchés d’actions en revanche se situent actuellement à un niveau un peu plus élevé qu’au début de l’année. Certains cours d’actions ont évolué à la hausse, d’autres à la baisse. Les trois poids lourds que sont Nestlé, Roche et Novartis n’ont jusqu’ici encore donné aucune impulsion au marché d’actions suisse. Il pourrait s’agir de sociétés qualitativement séduisantes, qui veillent à une augmentation de valeur d’entreprise convaincante à moyen terme et distribuent des dividendes fiables. Cependant, actuellement, quasi personne ne s’en préoccupe.

Il en va de même pour le tempérament des investisseurs. Ils sont encore à la recherche d’une direction qui veille à un équilibre entre deux rapports de forces. D’un côté, il y a les investisseurs pessimistes qui, en raison de la prolongation des mesures de confinement, voient également la reprise économique immédiate s’amenuiser. De l’autre côté, il y a les investisseurs optimistes qui orientent leur regard loin dans l’avenir et développent leur portefeuille dans l’espoir d’un environnement économique positif à compter du second semestre.

Un tel équilibre est bénéfique à l’environnement de marché. Il existe des signaux extrêmement satisfaisants de la reprise économique. Ces signaux se manifestent également dans une demande accrue en matières premières. Parallèlement, le chef américain de la banque centrale Federal Reserve, Jerome Powell, a signalé que le taux de chômage réel se situerait plutôt à 10% et non à 6,3% comme il a été officiellement annoncé. Par conséquent, l’objectif de plein emploi de la banque centrale est encore loin. Concernant la politique monétaire expansive, aucune évolution n’aura lieu si l’inflation continue d’augmenter.

Cette tendance a conduit à une vente des obligations du Trésor américain et à une hausse du rendement des obligations à 10 ans à 1,2% et de celles à 30 ans à 2,0%. Sur un plan nominal, cette situation semble attractive, mais avec des attentes nettement plus élevées en matière d’inflation plane le risque de pertes de valeur réelles durables. C’est pourquoi le dollar a perdu de la valeur la semaine dernière. Le marché obligataire suisse s’est montré placide. Une obligation à 20 ans de la banque néerlandaise Nederlandse Waterschapsbank a pu être placée sans aucun problème avec un tout petit coupon de 0,002%.

Les rendez-vous importants des semaines à venir

16 février 2021 Allemagne : situation conjoncturelle du ZEW au mois de février
17 février 2021 Royaume-Uni : inflation sous-jacente et inflation au mois de janvier
18 février 2021 Zone euro : confiance des consommateurs au mois de février
19 février 2021 Japon, zone euro, RU, États-Unis : indice des directeurs d'achat Markit au mois de février

Commentaire

Vendredi dernier a marqué le début de l’année du buffle dans le calendrier lunaire. Dans plusieurs pays asiatiques, il s’agit à la fois du Nouvel An et de la fête de famille la plus importante. En temps normal, de très longues distances sont parcourues pour revenir dans sa commune d’origine et célébrer cette fête en famille élargie pendant deux semaines. Cependant, cette année, la situation est tout autre.

Nous en apprenons beaucoup par les médias chinois, mais le parti communiste vietnamien applique lui aussi des règles strictes. Si un foyer d’infection éclate, le Vietnam est prêt à intervenir au plus vite, en isolant des villages ou quartiers entiers, sachant que les voisins se contrôlent eux-mêmes.

Pendant ce temps, des nouvelles positives nous arrivent d’Israël où près de 40% de la population a reçu la première dose de vaccin et un peu plus de 26% d’ores et déjà la deuxième dose. Le vaccin de Biontech / Pfizer semble tenir ses promesses. Alors que le développement de vaccin s’avère satisfaisant, la recherche médicamenteuse ne semble pas encore offrir de résultats nettement meilleurs chez les malades. Toujours est-il qu’en Europe, la situation dans les services de soins intensifs s’est nettement améliorée dans de nombreuses régions.

Nous sommes encore loin de retrouver une vie normale, où nous pourrons nous rencontrer en grand nombre, sans masques ni scrupules. Cependant, un assouplissement des restrictions va progressivement s’imposer. Cette tendance a récemment incité la commission européenne à fixer les prévisions pour les années 2021 et 2022 de la zone euro à 3,8% chacune, malgré la deuxième vague de la Covid, en se fondant sur le fait que les restrictions pourront être levées petit à petit au cours des deuxième et troisième trimestres.

Cordialement, Maurice Pedergnana

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2020
SMI 10'880.4 +1.7%
SPI 13'575.8 +1.9%
DAX € 14'049.9 +2.4%
Euro Stoxx 50 € 3'695.6 +4.0%
S&P 500 $ 3'934.8 +4.8%
Dow Jones $ 31'458.4 +2.8%
Nasdaq Composite $ 14'095.5 +9.4%
MSCI EM $ 1'428.9 +10.7%
MSCI World $ 2'818.9 +4.8%
Marchés obligataires depuis 31/12/2020
SBI Dom Gov TR 233.4 –2.9%
SBI Dom Non-Gov TR 119.9 0.0%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2020
SXI RE Funds 475.1 –1.7%
SXI RE Shares 2'999.9 –1.8%
Matières premières depuis 31/12/2020
Pétrole ($/Bbl.) 59.5 +22.6%
Or (CHF/kg) 52'308.9 –3.0%
Cours de change depuis 31/12/2020
EUR/CHF 1.0809 –0.1%
USD/CHF 0.8919 +0.8%
EUR/USD 1.2120 –0.9%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.76 −0.8 - −0.6 −0.8 - −0.6
EUR –0.55 −0.6 - −0.5 −0.6 - −0.4
USD +0.19 0.0 - +0.3 0.0 - +0.3
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.32 −0.6 - −0.4 −0.3 - −0.1
EUR –0.45 −0.6 - −0.3 −0.2 - +0.2
USD +1.21 +1.2 - +1.4 +1.4 - +1.6
Renchérissement
2021P 2022P 2023P
Suisse 50.0% 120.0% 120.0%
Zone euro 100.0% 150.0% 200.0%
Etats-Unis 160.0% 240.0% 250.0%
Economie (PIB real)
2021P 2022P 2023P
Suisse 500.0% 200.0% 180.0%
Zone euro 600.0% 260.0% 180.0%
Etats-Unis 300.0% 200.0% 220.0%
Global 540.0% 350.0% 350.0%
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