Rapport hebdomadaire 44/2020

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Évolution en zigzag
sur les marchés d’actions

Les rapports des entreprises concernant le troisième trimestre font l’effet d’une bonne surprise. Les rapports de la branche des technologies, importants pour nous, vont émerger en masse dans la semaine en cours, et ceux de la branche de l’assurance dans près de deux semaines.

La semaine dernière, Sika publiait d’ores et déjà les résultats trimestriels. Le rapport trimestriel s’est révélé dans le cadre des attentes élevées. Cependant, en raison du scepticisme général concernant l’évolution des affaires dans les deux prochains trimestres, le cours d’action a affiché un léger recul (-1%). Le groupe pharmaceutique Roche (-5%) s’est lui aussi retrouvé sous pression selon les chiffres.

Le fabricant de puces Intel, autrefois leader et actuellement vivement sous pression, a également annoncé ses résultats. Là, le retard technologique est bien visible, et l’action a affiché une chute vertigineuse de 11%.

Le résultat trimestriel de Nestlé nous a convaincus à tous les niveaux. La croissance organique du chiffre d’affaires, autrement dit corrigée des effets de change et d’acquisition, a progressé de 3,5% dans les neufs premiers mois de cette année. Le secteur de l’alimentation animale a notamment connu une excellente évolution avec la marque Purina (+11%), sachant que Nestlé est devenu le numéro 2 mondial de ce secteur, derrière le groupe américain Mars, propriétaire de marques telles que Cesar, Frolic et Whiskas. Au troisième trimestre, cette croissance s’est même accélérée à une hauteur de 4,9%, malgré des problèmes dans le «domaine de l’eau» qui a été soumis à un contrôle stratégique. Nestlé a amélioré les perspectives pour l’année entière. Toutefois, l’action de qualité exceptionnelle a perdu 1% de valeur la semaine dernière et se situe désormais à seulement 2 petits % au-dessus de son niveau de début d’année.

L’ambiance générale sur les marchés est dans l’ensemble restée négative la semaine dernière. Un sentiment de nervosité s’est propagé. Le marché d’actions suisse continue de suivre une évolution en zigzag, terminant la semaine à 10’023 points (-1,8%). L’indice boursier technologique américain Nasdaq a connu lui aussi une évolution négative. D’autres marchés américains aussi ont connu des difficultés car les aides conjoncturelles également espérées n’ont pas (encore) obtenu la majorité. À l’aube des élections, aucun côté n’accorde de «victoire» à l’autre.

Finalement, le dollar américain a perdu 1% de valeur en l’espace d’une semaine. Cependant, les obligations du Trésor américain aussi ont essuyé des pertes, le pétrole et l’or également: à l’aube des élections américaines, la propension à l’achat se montre fortement limitée sur la quasi-totalité des marchés.

 

Sujet de la semaine : Désillusion dans la ceinture de la rouille américaine

Dans huit jours, les Américains se rendront aux urnes. Dans certains États, les votes par correspondance ont d’ores et déjà commencé. Par ailleurs, le dernier duel entre Joe Biden et Donald Trump n’a pas brillé par son originalité. Le président en fonction a juré, comme beaucoup de fois par le passé, que le marché d’actions connaîtrait un «boom» s’il était réélu. En revanche, si son opposant Biden venait à être élu, c’est un «crash» que les marchés d’actions viendraient à connaître.

Les scénarios boursiers apocalyptiques n’impressionnent plus. Personne ne doute sérieusement que Biden obtienne plus de voix aux élections présidentielles américaines. Toutefois, la question déterminante reste de savoir s’il va les gagner au «bon» endroit. Il y a quatre ans, Hillary Clinton avait obtenu une avance de presque trois millions de voix. Cependant, avec parfois moins de mille voix dans les dénommés «Swing States», celle-ci a perdu des voix décisives de grands électeurs.

En 2020 aussi, la course à la présidence se décidera dans les États-charnières tels que la Pennsylvanie, l’Arizona, l’Ohio, le Wisconsin, la Caroline du Nord et la Floride. Certains de ces États sont encore très marqués par l’industrie. Toutefois, tout ne s’est pas vraiment passé comme Donald Trump l’avait si souvent promis. Le coup de pioche donné en 2018 par le groupe taïwanais Foxconn, qui aurait investi 10 milliards de dollars dans la ceinture de la rouille américaine en crise, est symptomatique. Ce projet devait créer de l’emploi pour 13’000 personnes.

Donald Trump parlait de cette usine comme «la huitième merveille du monde»: construite à «100% avec du beau béton américain et du bel acier américain». «Nous restaurons la puissance industrielle de l’Amérique», s’était-il extasié. En outre, un pack de subventions de quatre milliards de dollars a été mis sur pied.

Désormais, l’inventaire montre que le bâtiment principal est vingt fois moins grand que ce qui était prévu à l’origine. Il s’agit essentiellement d’une «enveloppe vide» qui sera utilisée non pas pour de la production mais pour du stockage. Foxconn n’a même pas encore investi ne serait-ce qu’un milliard. Afin de prouver l’impact sur l’emploi, des étudiants ont été embauchés dans l’entrepôt à faible création de valeur afin de recevoir des crédits d’impôt.

Les rendez-vous importants des semaines à venir

27 octobre 2020 Suisse : prévisions conjoncturelles du KOF pour le tourisme
28 octobre 2020 Suisse : CS CFA Index au mois d'octobre
29 octobre 2020 Zone euro : confiance économique au mois d'octobre
30 octobre 2020 États-Unis : indice PMI de Chicago et confiance des consommateurs de l'Université du Michigan au mois d'octobre

Commentaire

Dans les prochains jours, les États-Unis vont élire les membres au Sénat et à la Chambre des Représentants. L’élection à la présidence est assurée de manière centralisée, bien que celle-ci ait les mains liées lorsqu’il s’agit de décisions importantes et que la Maison Blanche ne dispose pas d’une majorité au Congrès. Que ce soit pour l’ancien et/ou le nouveau président des États-Unis, la tâche ne sera de toute façon pas facile. Les grands défis demeurent. Sur un plan technologique, la Chine regagne du terrain à une vitesse vertigineuse. Ce pays bien plus grand et conscient de l’importance de l’éducation dispose d’un nombre bien plus important d’excellents diplômés universitaires que les États-Unis. De plus en plus d’instituts de recherche de groupes américains sont implantés en Chine car ce pool de talents semble incommensurable.
Alors que l’Amérique lointaine est sur le point de se rendre aux urnes, le mieux pour les investisseurs privés est de rester calme. Nous ne voyons aucun lien entre le résultat des élections et les perspectives à moyen terme pour les marchés d’actions. Toutefois, nombreux sont ceux qui ont déjà «pris leurs précautions» et réduit leur quote-part d’action ces dernières semaines, en vue de pouvoir dormir sur leurs deux oreilles la nuit des élections. Cependant, ils doivent vivre avec la crainte de manquer l’essor suivant. Les marchés peuvent changer de direction d’une seconde à l’autre.
Par conséquent, nous suivons une stratégie qui émane d’un engagement à long terme et ne repose pas sur des Trades à court terme. Dans la classe de risque 2, nous recommandons un horizon de placement d’au moins sept ans. Il ne faut pas oublier ça pendant les jours où la tendance est à parfois à la hausse, parfois à la baisse, chose que personne ne peut vraiment prévoir. Cependant, quiconque dispose des titres de qualité correspondants dans un portefeuille d’actions et d’obligations, n’a pas trop de souci à se faire.

Cordialement, Maurice Pedergnana

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2019
SMI 10'023.9 –5.6%
SPI 12'507.6 –2.6%
DAX € 12'645.8 –4.6%
Euro Stoxx 50 € 3'198.9 –14.6%
S&P 500 $ 3'465.4 +7.3%
Dow Jones $ 28'335.6 –0.7%
Nasdaq Composite $ 11'548.3 +28.7%
MSCI EM $ 1'136.5 +2.0%
MSCI World $ 2'430.5 +3.1%
Marchés obligataires depuis 31/12/2019
SBI Dom Gov TR 239.0 +1.5%
SBI Dom Non-Gov TR 119.0 –0.4%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2019
SXI RE Funds 440.8 +1.0%
SXI RE Shares 2'861.4 –12.6%
Matières premières depuis 31/12/2019
Pétrole ($/Bbl.) 39.7 –33.7%
Or (CHF/kg) 55'304.8 +16.9%
Cours de change depuis 31/12/2019
EUR/CHF 1.0728 –1.2%
USD/CHF 0.9044 –6.4%
EUR/USD 1.1860 +5.6%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.77 −0.8 - −0.6 −0.8 - −0.6
EUR –0.53 −0.5 - −0.2 −0.2 - ±0.0
USD +0.22 +0.0 - +0.3 +0.0 - +0.3
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.51 −0.6 - −0.4 −0.5 - ±0.0
EUR –0.58 −0.5 - −0.1 −0.5 - ±0.0
USD +0.84 +0.6 - +0.9 +0.6 - +0.9
Renchérissement
2020P 2021P 2022P
Suisse –0.5% +0.5% +1.2%
Zone euro +0.5% +1.0% +1.5%
Etats-Unis +1.0% +1.6% +2.4%
Economie (PIB real)
2020P 2021P 2022P
Suisse –5.0% +5.0% +2.0%
Zone euro –6.6% +6.0% 160.0%
Etats-Unis –7.4% +3.0% +2.0%
Global –6.0% +5.4% +3.5%
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