Il reste trois jours de bourse en 2023. Nous ne nous attendons plus à de grandes surprises. La voie vers un avenir meilleur avec des taux d’inflation plus faibles est toute tracée. Il est difficile d’estimer à sa juste valeur le potentiel que représente la baisse des taux d’inflation à l’échelle mondiale en termes de reprise de l’économie réelle et des marchés des capitaux.
Aux États-Unis, les prévisions consacrées aux taux d’intérêt reflètent des perspectives d’inflation favorables, avec sept baisses de taux d’ici fin janvier 2025. A lui seul, le ralentissement des coûts du logement dans la mesure de l’inflation devrait engendrer une baisse jusqu’à un point de pourcentage l’année prochaine. Les sceptiques conjoncturels tablent sur une désinflation accrue et des baisses plus nettes des taux directeurs. Désormais, les prix à la production, qui arriveront chez les consommateurs avec retard, ne sont déjà pas seulement désinflationnistes, mais même déflationnistes (-0.9 %). Celui qui s’attend une récession prévoit jusqu’à cinq baisses des taux directeurs pour l’été 2024. Celui qui, comme nous, nourrit davantage d’optimisme quant à la croissance et à l’emploi et table sur un atterrissage en douceur au premier semestre 2024 aux États-Unis, ne prévoit «que» trois baisses des taux directeurs. Le fait est que le niveau actuel des taux directeurs aux États-Unis (5.3 %) est beaucoup trop restrictif et que des taux d’intérêt réels d’environ 3 % grèvent fortement le potentiel économique.
La principale question des mois à venir est celle de savoir quand et dans quelle mesure la banque centrale américaine, la Federal Reserve (Fed), abaissera à nouveau ses taux directeurs. Des taux directeurs plus faibles viendront immédiatement renforcer le pouvoir d’achat de la majorité des consommateurs américains qui sont endettés, par exemple grâce à des crédits hypothécaires, des contrats de leasing et des soldes négatifs de cartes de crédit. Pour le reste de la population également, les prix des loyers et la baisse des prix à la production et à la consommation engendrent une augmentation du pouvoir d’achat.
Un pouvoir d’achat accru augmente la consommation et ainsi, la confiance des entreprises, ce qui favorise à son tour leurs activités d’investissement. Nous évoluons également vers la deuxième année de la vague «Chat-GPT». En de nombreux endroits, d’immenses efforts sont déployés dans le but d’augmenter l’efficacité et la productivité, ainsi que de consolider les marges bénéficiaires à un niveau élevé.
Pour les États-Unis, il est réaliste de tabler sur une croissance de l’économie réelle de 2.0 % l’année prochaine. Le taux de chômage pourrait temporairement augmenter de manière minime, mais il devrait globalement baisser à 3.5 %. Tout cela est favorable à des baisses de taux plus lentes. Certaines surprises macroéconomiques positives pourraient même inciter la Fed à faire une pause, même si l’inflation se rapproche de sa valeur cible et que le taux directeur se situe toujours à un niveau considéré comme «restrictif».
Une évolution analogue se produira en Europe, avec un léger retard d’environ trois mois. Même en Suisse, il existe un potentiel de baisse des taux d’intérêt. Seuls les prix administrés, tels que les loyers des logements, les primes d’assurance maladie et les frais administratifs, ont récemment augmenté. En moyenne, les biens et services soumis à la concurrence ne connaissent aucune inflation inquiétante. Les prix des importations sont nettement déflationnistes en raison du renforcement du franc.
Ces deux derniers mois, le dollar a perdu environ 5 % de sa valeur dans le monde entier. C’est ce qui ressort de l’indice du dollar, qui mesure sa valeur extérieure en comparaison avec les principales monnaies sur la base des taux de change de près de 500 banques. Par rapport au franc suisse, le dollar a chuté de 7.0 % en trois mois. Sur l’ensemble de l’année, le franc est la monnaie la plus forte du G10, et a dépassé l’indice Bloomberg Dollar Spot de 10.2 %.
C’est pourquoi, il convient de ne pas utiliser comme référence les marchés des capitaux américains lorsqu’on examine la performance de son propre portefeuille en francs. Lors du dernier trimestre de l’année, l’indice S&P 500 a affiché par exemple une hausse impressionnante de 10.9 %. Le Nasdaq, l’indice des titres technologiques, a même rapporté 13.4 % – toujours en dollars. En francs suisses, la situation s’avère nettement plus modeste : le S&P 500 (+3.8 %) et le Nasdaq (+6.1 %) ont évolué de manière relativement similaire aux marchés européens ; le Dax allemand a progressé de 5.8 % et l’Euro Stoxx 50 de 5.6 % (en francs).
L’affaiblissement du dollar renforce d’une manière générale la tendance baissière de l’inflation en Europe, et bien entendu, en Suisse également. En novembre, les prix à l’importation ont baissé d’environ 10 % par rapport à l’année précédente dans des pays comme l’Allemagne et la Suisse, et même nettement davantage dans certaines catégories. Ce ne sont pas seulement les prix des métaux, des produits agricoles et de l’énergie qui reculent, mais également ceux des vêtements, de l’électronique de divertissement et des voitures. Sur le marché mondial, la plupart des biens sont libellés en dollars, et le fait que le dollar baisse en sus de prix à la production déjà en baisse renforce d’une manière considérable la tendance désinflationniste en Europe.
C’est pourquoi l’on s’attend à une baisse des taux directeurs dans de nombreuses régions d’Europe l’année prochaine. Dans des régions économiques (zone euro) et des pays comme le Royaume-Uni, la Suède et la Norvège, ces taux devraient s’avérer nettement plus élevés qu’en Suisse, où le niveau du taux directeur est le plus bas (1.75 %). Le plus important potentiel de baisse se situe dans des pays d’Europe de l’Est, comme la République tchèque.
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – janvier 2024
Le mardi 16 janvier et le jeudi 18 janvier 2024 aura lieu la 32e édition du Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz au Theater Casino de Zoug et au KKL de Lucerne. Le programme sera mené par Timo Dainese, fondateur et partenaire dirigeant, ainsi que par le Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef et partenaire dirigeant de Zugerberg Finanz. L’orateur invité, le Prof. Dr. Roland Siegwart, directeur de l’Autonomous Systems Lab et co-fondateur de Wyss Zurich, nous donnera un aperçu de l’univers de l’intelligence artificielle et de la robotique.
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Séance d’information pour particuliers en suisse-allemand – Placer son argent est aussi une question de confiance
Le jeudi 1 février 2024 auront lieu chez nous au Lüssihof deux séances d’information destinées aux particuliers. Ces événements s’adressent principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation.
Ateliers de l’économie de Zugerberg Finanz à l’intention des jeunes – mars 2024
Enthousiasmer et motiver les jeunes ! Samedi, 9 mars 2024 et samedi 16 mars 2024, nous organisons deux ateliers d’une journée pour les jeunes, sous les titres «Fascination économie» et «Fascination bourses et marchés des capitaux».