Compte tenu de la hausse des taux directeurs, le début d’année peut être considéré comme réussi. La résilience conjoncturelle et la baisse de la volatilité ont permis aux premiers grands investisseurs de renoncer à leur perspective négative sur les actions. En début d’année, de nombreux investisseurs bien connus annonçaient fièrement leur sous-pondération en actions européennes. Néanmoins, le marché a finalement opté pour la direction inverse : le Swiss Market Index (SMI) affiche déjà à nouveau 11’332 points, ce qui correspond à un rendement de +5.6 % pour les quatre premières semaines. La progression des autres grands marchés européens a été encore plus forte. Le DAX allemand (+8.8 %), le CAC 40 français (+9.6 %) et l’IBEX 35 espagnol (+10.1 %) incarnent ce regain de confiance.
Et pourtant, nombreux sont les investisseurs qui sont toujours assis actuellement sur une montagne de liquidités. Dès le début de l’année, ils attendaient que les marchés boursiers corrigent de 10 % à 20 % au premier trimestre 2023, avant d’augmenter leur positionnement en actions. Toutefois, les premiers signaux conjoncturels de la nouvelle année se sont révélés réjouissants. En outre, la réouverture rapide et complète de la Chine a représenté un véritable «game changer» pour la situation des marchés.
Une autre explication importante de l’optimisme qui émerge actuellement réside dans la douceur de l’hiver actuel et dans les économies d’énergie effectives réalisées. L’Europe ne souffre d’aucune pénurie d’énergie, raison pour laquelle la probabilité d’une récession a diminué drastiquement. Les marchés obligataires ont vanté les mérites de la récession, si bien que la plupart des cours des obligations ont déjà gagné 2 à 3 % depuis le début de l’année. Grâce à cela, un portefeuille équilibré a pu démarrer l’année de manière réjouissante.
Sur le marché de l’énergie, les spéculateurs ont dû récemment clôturer leurs positions longues sur certains contrats avec une perte. Le pétrole brut est disponible en quantité suffisante, et ses prix calculés en euros sont inférieurs d’environ 20 % à ceux de la fin du troisième trimestre 2022. De plus, la majeure partie des réservoirs de gaz européens sont et restent remplis. Le niveau de remplissage des réservoirs de gaz de tous les États membres de l’UE est de 78.4 %, et le niveau de remplissage allemand est même supérieur à la moyenne (82.9 %) Les prix de gros du gaz sont retombés à leur niveau de septembre 2021 (!). Plus important encore, à la bourse d’Amsterdam, les prix des contrats à terme pour les livraisons de gaz à un an ont également dégringolé. Il en va d’ailleurs de même pour les prix de l’électricité.
Dans un contexte de baisse des prix de l’énergie, l’inflation s’érode également, et la crainte d’une récession s’estompe. Les projections effectuées en automne sont balayées. Le contexte de ce début d’année est bien meilleur que prévu. La confiance des entrepreneurs s’en trouve renforcée. L’indice du climat des affaires ifo, qui capte le sentiment de l’économie allemande, a augmenté à 90.2 points. L’indice des directeurs d’achat S&P Global a augmenté pour l’ensemble de la zone euro à un niveau étonnamment élevé de 50.2 points. Bien que de nombreuses entreprises ne soient pas encore sorties d’affaire, elles respirent toutefois déjà le doux parfum du printemps.
Depuis l’automne dernier, les marchés européens sont resplendissants. Le conservateur SMI a gagné un peu plus de 10 % depuis fin septembre 2022. Dans les grandes économies européennes, la hausse a été plus prononcée. Le DAX allemand (+25.1 %), le CAC 40 français (+23.6 %) et le FTSEMIB italien (+29.5 %) ont progressé, tout comme l’indice chinois Hang Seng (+28.2 %).
En automne, le consensus voulait qu’une récession sévère allait frapper l’Europe en hiver. Les indicateurs économiques précoces étaient négatifs, en particulier les données subjectives recueillies dans le cadre de sondages. Les faits «durs» n’ont toutefois pas emboîté le pas aux données subjectives. Ce fort scepticisme est peut-être l’une des raisons du changement d’humeur. De facto, la situation était meilleure que l’humeur, et ce constat a rattrapé les acteurs du marché. Les valorisations étaient trop attrayantes, même pour des sociétés d’excellente qualité.
L’abandon par la Chine de la politique de tolérance zéro envers le Covid est venu s’ajouter à la forte baisse des prix de l’énergie. La Chine étant devenue le marché le plus important pour de nombreuses entreprises européennes, l’ambiance s’est améliorée rapidement. Les 600 plus grandes entreprises européennes réalisent déjà 21 % de leur chiffre d’affaires en Chine. Après plusieurs années de stagnation (en 2022, la croissance de l’économie réelle européenne a dépassé celle de la Chine, ce qui n’était pas arrivé depuis des décennies), il y a désormais de l’évolution positive dans l’air. Les prévisions pour la Chine cette année vont de 4 % à 6 % de croissance réelle, avec une poursuite à un niveau encore plus élevé attendu pour l’année prochaine. Des entreprises européennes comme Nestlé, Sika, etc. devraient en profiter nettement.
De nombreux investisseurs américains ne sont pas autorisés à acheter des actions ou des obligations chinoises. La manière indirecte de participer à l’essor chinois est d’acquérir des actions européennes. C’est pourquoi il ne serait pas surprenant que la reprise des marchés boursiers européens se poursuive cette année. En effet, la tendance d’une évaluation négative des actions européennes semble être définitivement brisée.
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – janvier 2023
Du 24 au 26 janvier 2023 a eu lieu la 30e édition du conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz sous le titre «Actions, taux d’intérêts, économie mondiale – quo vadis ?». Nous avons eu le plaisir d’accueillir 600 participants au KKL Lucerne et un total de 550 participants lors de notre Première au Theater Casino de Zoug, répartis entre les événements de midi et du soir.
Nos invités ont écouté avec beaucoup d’intérêt l’exposé de Timo Dainese concernant l’évolution de l’entreprise et la gestion de fortune, ainsi que celui du Prof. Dr. Maurice Pedergnana consacré à la situation actuelle de l’économie mondiale et sur les marchés financiers internationaux.
Nos orateurs invités Dewet Moser, membre suppléant de la Direction générale de la Banque nationale suisse (BNS) et le Pro. Dr. Urs Birchler, ancien membre de la direction de la Banque nationale suisse (BNS), ont expliqué ce que les banques centrales entendaient par la notion de stabilité des prix et pourquoi la politique monétaire des banques centrales est appelée à jouer cette année encore un rôle déterminant.
Bilan de ces rencontres : trois événements réussis, avec des participants fabuleux, des exposés intéressants et de nombreuses discussions enrichissantes, ponctuées d’une pointe d’humour et de dégustations de mets raffinés.
Nous souhaitons vous remercier ici chaleureusement pour la confiance témoignée, ainsi que pour votre intérêt et vos nombreux retours positifs. La prochaine édition de l’événement aura lieu le jeudi 15 et le mardi 20 juin 2023 au Theater Casino de Zoug et au KKL de Lucerne. Des impressions des événements qui ont eu lieu peuvent être consultées dans notre galerie photos.