Aux États-Unis, le très observé taux d’inflation de base est retombé à 4.68 %, soit nettement plus bas que les 5.05 % du mois d’octobre. Il s’agit d’un taux d’inflation qui ne se fonde pas sur un panier de marchandises artificiel mais sur l’évolution des prix des marchandises et des services effectivement achetés, et de sa valeur la plus faible depuis octobre 2021. Le tournant se situe clairement derrière nous, et la tendance de cette valeur-clé, à laquelle la banque centrale américaine accorde une grande importance, est exacte.
Toutefois, il convient de rester attentifs. Francois-Xavier Roger, responsable des finances du groupe alimentaire le plus important au monde, Nestlé, prévoit un début d’année 2023 difficile, avant de voir l’inflation ralentir de manière perceptible lors du deuxième semestre de l’année. «Nous savons que les six prochains mois seront vraisemblablement compliqués et difficiles», a déclaré Roger lors d’une interview. Les augmentations de prix nuisent à la demande. De plus, les ménages privés sont pénalisés par les hausses des taux d’intérêt. Les augmentations sensibles des salaires nominaux et l’évolution exceptionnellement robuste du marché du travail assurent toutefois, à titre compensatoire, une hausse du revenu des ménages.
Pourtant, la hausse des coûts de certaines matières premières comme l’huile de palme et le café a ralenti récemment. Le blé se négocie à nouveau à son niveau du début de l’année. Entretemps, les coûts du transport maritime ont chuté de 80 %, pour atteindre un niveau vu pour la dernière fois à l’été 2020. Avec 80 euros le mégawattheure, le prix du gaz sur le marché spot d’Amsterdam se situe en dessous de la moyenne des 18 derniers mois, et le prix du pétrole brut oscille à nouveau autour de son niveau de début janvier. L’indice mondial Bloomberg Commodity, qui se fonde sur 22 cotations de matières premières, est retombé dernièrement au niveau de mi-février 2022. Cela signifie que si aucun changement important ne se produit, l’on peut s’attendre à un ralentissement de la désinflation dès la mi-février.
Si les chocs de l’offre, qui ont contribué aux deux tiers de l’inflation, vont s’affaiblir l’année prochaine, ils ne disparaîtront toutefois pas complètement. Ceci dit, la disparition des problèmes sur les chaînes d’approvisionnement constitue une bonne nouvelle, raison pour laquelle l’inflation devrait baisser plus rapidement en Europe qu’aux États-Unis. En effet, l’évolution de l’inflation y est bien plus dépendante de la demande, et celle-ci n’a pas connu de recul important malgré les augmentations massives des taux directeurs décidées récemment. Aux États-Unis, les actions ont donc connu en décembre leur plus forte chute depuis 20 ans. Des données économiques fortes ont ravivé les craintes des investisseurs de voir la banque centrale américaine, la Fed, poursuivre sa politique monétaire restrictive plus longtemps que prévu.
Avant Noël, le Swiss Market Index s’élevait à 10’804 points, soit 0.3 % de plus que la semaine précédente, mais 16.1 % de moins qu’en début d’année. Avec 16.5 %, l’indice des obligations de la Confédération a toutefois chuté encore plus fortement. Il s’agit ainsi de la pire année pour les obligations depuis que les indices correspondants existent.
Ces jours-ci, nombreux sont les ménages qui reçoivent des factures avec des prix de l’énergie plus élevés. Pourtant, ces augmentations ne sont de loin pas toujours justifiées. En effet, la nervosité s’est calmée dans le commerce de gros et les prix sont en baisse. Le niveau de remplissage des réservoirs de gaz allemands atteint en ce moment un taux inhabituellement élevé de 88 %, soit environ 12 points de pourcentage de plus que la moyenne des cinq dernières années (76 %). Le gouvernement fédéral s’est fixé pour objectif que les réservoirs soient encore remplis à 40 % au 1er février 2023. Cet objectif sera vraisemblablement largement dépassé, à condition que les importations nettes en provenance de Norvège et des Pays-Bas restent stables et que des économies de 20 % soient réalisées sur la consommation.
Pendant la saison froide, les ménages jouent un rôle important. Avec 1’500 à 2’000 gigawattheures par jour, leur consommation est du même ordre que celle de l’industrie. Pendant les mois chauds de l’été, la consommation quotidienne est inférieure à 300 gigawattheures. Étant donné que la consommation de gaz est directement dépendante des conditions météorologiques, il vaut la peine de jeter un coup d’œil sur les températures de l’année en cours en les comparant à la moyenne des années précédentes. Les mois d’octobre, novembre et décembre se sont avérés plutôt chauds en moyenne.
En Allemagne, un kilowattheure de gaz coûte actuellement 17.7 centimes d’euros en moyenne pour les nouveaux clients. C’est ce qui ressort des données du portail de comparaison Verivox (situation au 26.12.2022). Les clients existants paient généralement moins. Le prix moyen des sept derniers jours a baissé de 4.4 % par rapport à la semaine précédente. En 2021 à la même époque, le prix pour les nouveaux clients était de 19.1 centimes par kilowattheure, ce qui signifie que les prix du gaz ont un effet désinflationniste sur le niveau actuel. Les prix de gros du gaz sont également retombés. Cette situation peut notamment être imputée aux réservoirs bien remplis, aux conditions climatiques douces, aux économies réalisées dans l’industrie, les centrales électriques, le commerce et les ménages ainsi qu’aux importations de gaz liquéfié via un nombre croissant de terminaux GNL.
En Allemagne, le prix de l’électricité est pratiquement tombé à son plus bas niveau de l’année et le prix du gaz sur le marché de gros évolue 80 % plus bas que lors de ses pics du mois d’août. Tous ces éléments constituent de bonnes nouvelles pour la baisse des taux d’inflation en Europe.
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – janvier 2023
Le mardi 24 et le jeudi 26 janvier 2023 aura lieu la 30ème édition du Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz au KKL à Lucerne ainsi qu’au Theater Casino de Zoug.
Le programme sera mené par Timo Dainese, fondateur et associé gérant, et par le Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef et associé gérant de Zugerberg Finanz, et verra la participation de nos orateurs invités, Dewet Moser, membre suppléant de la Direction générale de la Banque nationale suisse (BNS) et Urs Birchler, ancien membre de la direction de la Banque nationale suisse (BNS).
KKL Lucerne
Theater Casino de Zoug
Vous trouverez des informations plus détaillées à ce sujet ainsi que les modalités d’inscription ici. (en allemand)