Après la baisse de moral du 20 mai dernier, les marchés des actions se sont quelque peu redressés, car les craintes de récession avaient précipité les actions à des niveaux bien trop faibles. Depuis lors, l’indice américain S&P 500 de même que l’indice des valeurs technologiques Nasdaq sont remontés de 5%. Les bourses européennes ont également profité de ce regain. L’indice suisse du marché des actions SMI, campé sur une position plutôt défensive (+1%), n’a pas été en mesure de suivre la dynamique d’un DAX dominé par les cycliques (+3%). En effet, l’évolution des entreprises technologiques et cycliques est particulièrement frappante. Les entreprises américaines Apple (+5%), Alphabet/Google (+4%) et Nvidia (+11%) ont vu leur valorisation s’améliorer. Dans le secteur de l’industrie, le spécialiste de la construction légère Saint-Gobain (+6%) et le groupe chimique BASF (+5%) sont venus confirmer cet éclaircissement des perspectives. Saint-Gobain a en effet communiqué que son résultat d’exploitation du premier semestre 2022 sera bien supérieur à son niveau record du premier semestre 2021, avec une marge opérationnelle à deux chiffres. Pourtant, son titre se négocie actuellement tout juste à 11 fois le bénéfice annuel et offre un taux de rendement sur dividende de plus de 3%. Avec l’acquisition à bon prix de l’entreprise familiale Kaycan conclue la semaine dernière, Saint-Gobain renforce sa présence sur le lucratif marché nord-américain. Quant à l’entreprise HBM Healthcare Investments (+7% depuis le 20 mai), elle a montré vendredi soir après la clôture des bourses, tout le potentiel que recèle son portefeuille d’investissement. Le groupe pharmaceutique Bristol Myers Squibb rachète l’entreprise Turning Point Therapeutics par une transaction en espèces de 4.1 milliards de dollars, soit une prime de 122% par rapport au dernier cours de l’action. HBM dispose de nombreuses autres sociétés de portefeuille biotechnologiques prometteuses qui présentent un potentiel considérable d’accroissement de valeur. Justement, le cycle des possibles entrées en bourse (IPOs) et des reprises (Mergers & Acquisitions) dans le domaine des biotechnologies se trouve actuellement dans une phase de reprise. La société U-blox a connu à cet égard la meilleure semaine. Son cours a récemment augmenté de 27% et affiche désormais sa valeur la plus élevée depuis 2019, l’entreprise ayant sensiblement augmenté ses prévisions en termes de bénéfices pour cette année. U-blox semble bien maîtriser les chaînes d’approvisionnement et table désormais sur un chiffre d’affaires de 27% à 39% plus élevé, avec de nettes améliorations des marges pour cette année, quelques mois après l’accueil très positif de sa «Guidance» pour l’année 2022 publiée le 11 mars dernier. U-blox bénéfice d’une demande «extraordinairement» robuste et maîtrise exceptionnellement bien les défis actuels posés par les chaînes d’approvisionnement. Cette situation offre à l’entreprise de Thalwil des conditions favorables pour procéder à des adaptations avantageuses des prix et pour se concentrer de manière sélective sur les clients clés lors de l’acceptation des commandes, favorisant ainsi une progression des marges. En juin, les marchés des actions devraient bénéficier d’achats de rééquilibrage de routine. Les investisseurs à long terme, tels que la Banque nationale suisse et le fonds souverain norvégien, qui se sont tous deux fixé une part stratégique en actions, procèdent avec discipline à des achats après la baisse des cours à la fin du trimestre, dans le but d’atteindre à nouveau leur part cible.
Récemment, le groupe Mercedes-Benz (+4%) a également donné des nouvelles positives. La pénurie de semi-conducteurs, qui a affligé l’industrie de l’automobile pendant deux ans dans le monde entier, montre de clairs signaux d’amélioration. Mercedes-Benz dispose désormais de suffisamment de composantes de haute technologie pour passer pour la première fois depuis longtemps à une pleine capacité de production dans le segment premium et luxe. Si cette percée intervient plus tôt que prévu, il est cependant encore trop tôt pour célébrer la fin de la crise des semi-conducteurs. «Nous surveillons la situation de semaine en semaine, mais pour la première fois nous n’avons désormais plus de problèmes de production au niveau mondial», a annoncé samedi de Pentecôte Jörg Burzer, chef de la production et des achats chez Mercedes. Le groupe Mercedes-Benz n’est pas le seul dans cette situation : selon l’institut IFO, le moral parmi les fabricants d’automobiles allemands s’est nettement amélioré, en passant de – 20.5 en avril à + 38.0 en mai. Le sondage a en outre mis en évidence un renforcement de la confiance dans ce secteur, ouvrant ainsi la possibilité d’une augmentation des prix afin de compenser la hausse des prix des matériaux. Les restrictions imposées par le fournisseur de faisceaux de câbles Leoni, qui possède des installations de production en Ukraine, seraient également en grande partie résolues. Ce qui précède est encore loin de montrer le potentiel qui sommeille dans les entreprises, pour autant que les risques de récession soient pris en compte. En gestion du risque, on se concentre généralement sur le risque de baisse mais, en tant que gestionnaires d’actifs, nous sommes également tenus de reconnaître le potentiel haussier, en particulier le potentiel à long terme. Alors que les cours à brève échéance sont souvent sujets à des fluctuations d’humeur importantes d’ordre psychologique, lorsqu’il s’agit d’orientations à long terme, ce qui compte sont les résultats concrets des entreprises. L’activité qui consiste à apprécier le potentiel d’amélioration des performances (par exemple, à l’aune des variations relatives des parts de marché ou de la croissance du chiffre d’affaires et des revenus) relève bien plus de l’art mathématique que de la psychologie. Jeudi, la Banque centrale européenne prendra sa décision sur la politique monétaire à partir de l’été. Elle entend utiliser le regain économique en cours afin de mettre en route sa première augmentation des taux. Cette perspective a entraîné une rapide appréciation de l’Euro (+3%) par rapport au dollar. Les obligations avaient déjà anticipé la tendance : les emprunts d’Etat allemands à dix ans rapportent déjà 1.3% et ceux de la Confédération 1.0% (contre -0.2% en début d’année).
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – juin 2022
Le mardi 28 et le jeudi 30 juin 2022 aura lieu la 29e édition du Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz au KKL à Lucerne ainsi que chez nous au Lüssihof à Zoug.
Le programme sera mené par Timo Dainese, fondateur et associé gérant, le Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef et associé gérant de Zugerberg Finanz, ainsi que notre invité Prof. Dr. Tobias Straumann, grand historien suisse de l’économie.
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Journée de randonnée de Zugerberg Finanz – Septembre 2022
Le vendredi 2 septembre 2022 (date de remplacement : vendredi 16 septembre 2022) aura lieu la 15e édition de la journée de randonnée de Zugerberg Finanz. N’hésitez pas à noter d’ores et déjà la date dans vos agendas!
De plus amples détails sur cet événement et sur les modalités d’inscription vous seront communiqués à une date ultérieure dans la section Evénements de notre site Internet. (en allemand)