Rapport hebdomadaire 15/2022

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Quand l’actualité est contraire aux observations

La Suisse est en plein boom conjoncturel. Il n’y a quasiment aucun signe de ralentissement économique. La pénurie de travailleurs qualifiés est énorme et le chômage enregistré est à deux doigts d’atteindre un niveau bas record de 2 %. Même les augmentations de salaire ne permettent plus de pourvoir facilement les postes vacants. Une situation que l’on observe aussi actuellement en Allemagne. Mon boucher commence à s’inquiéter, car son agneau de Nouvelle-Zélande, qu’il compte vendre à temps avant Pâques, se trouve toujours sur un bateau au large de Rotterdam. Le port est surchargé, submergé par un trop grand nombre d’activités commerciales. Quand on lit les journaux en ce moment, le tableau n’est plus que noir. Pour ceux qui se fient à leurs propres sens pour percevoir le monde, la situation est tout autre : assouplissements, vacances de Pâques et une nouvelle envie de participer à la vie sociale sans pandémie dominent le tableau. Les taux d’inflation devraient avoir dépassé le pic d’avril. Depuis quelque temps déjà, le pétrole brut se négocie de nouveau 25 % moins cher que ses records atteints il y a un mois. Les propos affirmant qu’une inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis serait un signe avant-coureur d’une récession sont liés aux spécificités du pays. 99 % des courbes de taux d’intérêt dans le monde ne connaissent actuellement aucune inversion. Dans de nombreuses régions, elle présente une raideur attractive, ce qui est symptomatique d’un essor économique.
Une chose est sûre : les gains surprise rapportés récemment dans toutes les branches en Europe connaîtront une baisse au premier et au deuxième trimestre 2022. Les chiffres d’affaires augmenteront, les coûts aussi. C’est pourquoi nous pensons que les hausses de bénéfices de 68 % pour le quatrième trimestre 2021 ne sont pas prêtes de se répéter. Cependant, la conjoncture se montre plus robuste que prévu. De nombreuses entreprises sont plus résilientes que leurs actionnaires effrayés.
Les inquiétudes concernant la croissance de l’économie mondiale proviennent de la Chine où diverses villes, dont notamment Shanghai et Shenzhen, avec ses quelque 25 millions d’habitants, ont été mises en confinement. Les usines sont contraintes d’arrêter leur production et les grands centres logistiques leurs activités. Le seul risque économique en Europe se trouve entre nos mains: un embargo immédiat sur les importations d’énergie russes susceptible de faire sombrer l’Europe occidentale dans la récession. Le fait que les sanctions ont généralement pour effet de nuire autant aux pays qui les imposent qu’à ceux qui les subissent n’est pas une nouveauté. Les géants pharmaceutiques tels que Roche et Novartis ont récemment connu une forte hausse, ce segment, synonyme de croissance défensive, de marges élevées et de pouvoir de fixation des prix, offrant des rendements intéressants pour les actionnaires à long terme, tout en ayant une valorisation raisonnable. Une embellie a également été enregistrée récemment du côté des obligations d’entreprises, contrairement aux emprunts d’Etat. Les primes de risque de crédit avoisinent de nouveau leur niveau médian à long terme, apportant (en francs suisses) des perspectives de rendement global positives. S’agissant des emprunts d’Etat (l’indice des obligations de la Confédération a reculé de 8,9 % depuis le début de l’année), les conséquences se font de plus en plus sentir à mesure que le changement de politique en matière de taux d’intérêt se précise.

Sujet de la semaine : Les investisseurs ne doivent pas être trop sensibles aux aléas de la météo

Les caprices de la météo, typiques du mois d’avril, symbolisent aussi ce mois-ci pour les investisseurs. L’humeur joyeuse printanière n’est pas encore en vue pour le moment. Le tableau est encore trop marqué par les perspectives conjoncturelles assombries venant de la Chine et les hausses des taux d’inflation. Si la situation s’est quelque peu détendue sur le marché du pétrole, il faut malgré tout s’attendre à ce que les marchés des actions et des obligations restent volatils. Les investisseurs ne doivent pas être trop sensibles aux aléas de la météo, mais garder une vision à plus long terme.
Par exemple, il ne faut pas considérer l’or comme une monnaie de crise en soi. Lors de la plus forte spéculation sur l’or du XXIe siècle, la Russie a augmenté ses réserves d’or jusqu’au début de la guerre pour atteindre 2 298,5 tonnes selon le World Gold Council. Cet or, désormais stocké dans des coffres-forts à Saint-Pétersbourg et Moscou, ne peut pas être utilisé comme moyen de paiement, car il a été mis sous embargo et ne peut donc pas être négocié sur les bourses de métaux précieux.
Actuellement, c’est surtout la spéculation autour d’un embargo sur l’énergie, y compris le gaz russe, qui préoccupe les marchés. Les bourses européennes en ont été grandement affectées. Les marchés européens sont inférieurs d’environ 10 % à leur niveau de début d’année, comme c’est typiquement le cas. Le Swiss Market Index, qui regroupe les trois géants Nestlé, Roche et Novartis, fait figure d’exception avec -3 %. L’indice des actions suisses SPIEX, qui rassemble toutes les actions, hormis les titres du SMI, est en baisse de 11 %.
Une situation qui pourra soit s’améliorer soit se détériorer dans les prochains jours. En effet, ce n’est pas l’économie, mais la politique qui tient les rênes pour le moment. Une fermeture du robinet de gaz russe provoquerait du jour au lendemain un arrêt de production au siège de BASF, le plus grand acteur de l’industrie chimique du monde. Si les produits intermédiaires de BASF viennent à manquer, cela se fera cruellement sentir dans les médicaments, les détergents, les automobiles, les batteries et l’agriculture. De nombreuses chaînes de valeur seraient alors interrompues, mettant en péril la grande transformation. BASF est effectivement en pleine phase de transition industrielle exemplaire, visant à utiliser 100 % d’énergies renouvelables dès 2030, dont notamment de l’électricité éolienne provenant de la mer du Nord.

Les rendez-vous importants des semaines à venir

11 avril 2022 : Chine continentale : inflation au mois de mars
12 avril 2022 : Allemagne / Inde / Etats-Unis : inflation sous-jacente et inflation au mois de mars
13 avril 2022 : Royaume-Uni : inflation sous-jacente et inflation au mois de mars
14 avril 2022 : Etats-Unis : indice du sentiment économique de l’université de Michigan au mois d’avril

Événements

Journée de randonnée de Zugerberg Finanz – mai 2022

Le vendredi 13 mai 2022 (date de remplacement : vendredi 20 mai 2022) aura lieu la 14e édition de la journée de randonnée Zugerberg Finanz. L’itinéraire nous conduira jusqu’au mont Gottschalkenberg tout le long du «sentier panoramique d’Ägerital». La randonnée se terminera en beauté par un apéritif dans le jardin du Lüssihof.
s’inscrire (en allemand)


Zugerberg Finanz KidsDay – mai 2022

Le mercredi 25 mai 2022 aura lieu la 8ème édition du Zugerberg Finanz KidsDay à Steinhausen en coopération avec la fondation Next Sport Generation. Les enfants nés entre 2010 et 2016 ont la possibilité de s’inscrire à cet après-midi footballistique. L’événement se déroulera dans l’enceinte du complexe sportif Eschfeld à Steinhausen. Le coup d’envoi sera donné à 13h00 et le coup de sifflet final à 17h00.
s’inscrire (en allemand)


Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – juin 2022

Le mardi 28 et le jeudi 30 janvier 2022 aura lieu la 29ème édition du Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz au KKL à Lucerne ainsi que chez nous au Lüssihof à Zoug. Ce programme sera mené par Timo Dainese, fondateur et associé gérant, le Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef et associé-gérant de Zugerberg Finanz, ainsi que notre invité Prof. Dr. Tobias Straumann, grand historien suisse de l’économie. Nous publierons à une date ultérieure le programme ainsi qu’une page d’inscription sur notre site internet. (en allemand)

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2021
SMI 12'507.7 –2.9%
SPI 15'920.2 –3.2%
DAX € 14'283.7 –10.1%
Euro Stoxx 50 € 3'858.4 –10.2%
S&P 500 $ 4'488.3 –5.8%
Dow Jones $ 34'721.1 –4.5%
Nasdaq Composite $ 13'711.0 –12.4%
MSCI EM $ 1'127.9 –8.4%
MSCI World $ 3'012.2 –6.8%
Marchés obligataires depuis 31/12/2021
SBI Dom Gov TR 209.7 –8.9%
SBI Dom Non-Gov TR 113.0 –5.5%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2021
SXI RE Funds 507.6 –2.2%
SXI RE Shares 3'402.8 +6.7%
Matières premières depuis 31/12/2021
Pétrole ($/Bbl.) 98.3 +30.6%
Or (CHF/kg) 58'499.6 +9.0%
Cours de change depuis 31/12/2021
EUR/CHF 1.0159 –2.1%
USD/CHF 0.9343 +2.3%
EUR/USD 1.0877 –4.3%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.71 −0.8 - −0.6 −0.5 - -0.2
EUR –0.45 −0.6 - −0.5 −0.3 - +0.1
USD +0.78 +0.8 - +1.0 +1.8 - +2.0
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF +0.72 +0.6 - +0.8 +0.8 - +1.1
EUR +0.68 +0.2 - +0.6 +0.8 - +1.1
USD +2.70 +2.4 - +2.7 +2.5 - +3.0
Renchérissement
2021P 2022P 2023P
Suisse 120.0% 220.0% 120.0%
Zone euro 220.0% 300.0% 200.0%
Etats-Unis 450.0% 350.0% 220.0%
Economie (PIB real)
2021P 2022P 2023P
Suisse 300.0% 300.0% 250.0%
Zone euro 380.0% 480.0% 300.0%
Etats-Unis 550.0% 400.0% 250.0%
Global 540.0% 460.0% 380.0%
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