Dernièrement, tous les marchés ont été en proie à une confusion maximale. L’Union européenne (UE) et les Etats-Unis ont imposé des sanctions économiques sévères à la Russie qui ne concernaient pas explicitement les exportations de charbon, de gaz et de pétrole ni le traitement des paiements de ces exportations. Mais aussi parce qu’elles auraient été une autopunition. En effet, 40 % de la consommation de gaz de l’UE provient de la Russie. En Suisse, ce sont 47 %. Sans compter les décisions prises dans le secteur privé, comme les plus grandes compagnies maritimes du monde par exemple, de ne plus expédier de matières premières russes. En maints endroits, les dockers ne voulaient plus décharger les navires russes et les assureurs n’étaient plus disposés à assurer ces cargaisons. Certes, il n’y a pas de sanctions sur les exportations de matières premières russes car le monde en a besoin. Mais la grande majorité des banques européennes n’émettent plus de garanties de crédit pour leurs anciens clients qui ne peuvent donc plus acheter.
A cela se sont ajoutées les ventes d’actions et d’obligations russes à n’importe quel prix. De nombreuses caisses de pension ont décidé de se retirer immédiatement de la Russie. Il n’était plus du tout possible de faire des échanges et peut-être n’en fera-t-on plus jamais, la perte de valeur s’élevant déjà à 98 %. Londres a décidé de suspendre les opérations sur les actions russes. De toute façon, elles sont déjà toutes devenues des papiers sans la moindre valeur. Les fournisseurs d’indices MSCI, Stoxx et FTSE les ont déclarées «non investissables», mettant ainsi à mal les banques d’Europe occidentale étroitement liées à la Russie. Nul ne sait si les obligations russes subiront le même sort.
Même avec un rabais record, le négociant en matières premières Trafigura ne pouvait plus vendre de pétrole russe, les grandes multinationales pétrolières occidentales ne voulant soudain plus rien savoir de cette matière première qu’elles avaient extraite, transformée et transportée des décennies durant dans le cadre de diverses joint-ventures avec des partenaires russes. Cela a provoqué la flambée du prix du pétrole brut de type norvégien Brent Crude, grimpant à 118 dollars le baril. Fin novembre 2021, le baril coûtait encore 68 dollars. L’aggravation de la guerre en Ukraine, marquée par l’incendie d’une centrale nucléaire, a fait oublier que ce pays était aussi le grenier de l’Europe. Tout à coup, le prix du blé s’est envolé de 40 % en raison des incertitudes autour des semailles et des labours en Ukraine, le grenier de l’Europe. L’aluminium est également 40 % plus cher qu’il y a peu.
Les inquiétudes autour de l’inflation peuvent rapidement devenir des craintes inflationnistes. Voilà pourquoi l’Europe, mais aussi les Etats-Unis ont beaucoup de difficulté à maintenir la résilience économique et sociale. En France, le président Emmanuel Macron prévoit diverses mesures pour atténuer la hausse du prix du carburant. Le marché suisse a clôturé la semaine dernière à 11 300 points (soit -12,2 % depuis le début de l’année). D’autres marchés ont été encore plus durement touchés.
Vendredi dernier, la guerre en Ukraine et les prix élevés du pétrole ont pesé lourd sur les marchés. En outre, l’euro a atteint la parité avec le franc suisse. Sans compter le retrait du capital d’entreprises européennes qui ont un lien avec la Russie. Le degré de mondialisation étant aujourd’hui bien plus important qu’avant, les sanctions ont donc des répercussions très différentes. La crainte d’une stagflation, une conjoncture stagnante accompagnée d’une inflation, s’intensifie. Les prix élevés de l’énergie ne conduiront pas à eux seuls à une stagflation, étant donné qu’ils sont actuellement avant tout le fruit de la hausse considérable de la demande mondiale.
L’inflation n’est pas seulement favorisée par la guerre, mais avant tout par l’offre volontairement limitée pour diverses matières premières qui se heurte à une demande fortement accrue. Par exemple, les pays de l’OPEP ont procédé à une réduction record de la production de dix millions de barils par jour pendant la crise du Covid. Bien que l’économie mondiale ait retrouvé son niveau d’avant la pandémie, il a été décidé il y a quelques jours, conjointement avec la Russie, de n’augmenter les quotas que progressivement. Pourtant, la Chine, premier importateur mondial de matières premières, prévoit une croissance imposante de 5,5 % rien que pour cette année, et l’Inde de plus de 8 %. La conjoncture est également florissante de part et d’autre de l’Atlantique. En Europe, divers indicateurs avancés révèlent une bonne croissance qui devrait s’accélérer grâce aux mesures d’assouplissement post-pandémiques, et le marché du travail américain est en plein essor. Le taux de chômage américain est tombé à 3,8 %, se rapprochant de son niveau d’avant la pandémie. Les salaires ont augmenté de 5,1 % au cours des douze derniers mois, à peu près au même rythme que l’inflation (PCE) sous-jacente.
Essayer de réagir à court terme en décidant d’investir sur des marchés déformés comporte toujours le risque d’arriver trop tard. Durant la pandémie de Covid, il s’est avéré judicieux de laisser passer la crise et ce, malgré une volatilité inquiétante. Lors du confinement mondial de mars 2020, les bourses ont eu vite fait de repartir à la hausse, avec quelques baisses occasionnelles. Nous n’avons jamais détenu d’actions russes et nous pensons que les risques indirects liés à la Russie sont gérables.
Zugerberg Finanz fait une mise au point sur le marché pour les investisseurs institutionnels – mars 2022
Sujet : 2022, année de tournant en matière de taux d’intérêt Date : Mardi 8 mars 2022 Heure : 8h00 (25 minutes avec Q&R) Langue : Allemand Support : Evénement en ligne sur Zoom s’inscrire (en allemand)
Journée de randonnée de Zugerberg Finanz – mai 2022
Le vendredi 13 mai 2022 (date de remplacement: vendredi 20 mai 2022) aura lieu la 14e édition de la journée de randonnée Zugerberg Finanz. Une promenade qui nous conduira jusqu’au mont Gottschalkenberg tout le long du «sentier panoramique d’Ägerital». Notez d’ores et déjà cette date. Nous publierons à une date ultérieure plus de détails sur l’itinéraire ainsi qu’une page d’inscription sur notre site internet dans la rubrique dédiée à l’événement (en allemand).
Zugerberg Finanz KidsDay – mai 2022
Le mercredi 25 mai 2022 aura lieu la 8ème édition du Zugerberg Finanz KidsDay à Steinhausen en coopération avec la fondation Next Sport Generation. Les enfants nés entre 2010 et 2016 ont la possibilité de s’inscrire à cet après-midi footballistique. L’événement se déroulera dans l’enceinte du complexe sportif Eschfeld à Steinhausen. Le coup d’envoi sera donné à 13h00 et le coup de sifflet final à 17h00. Chaque enfant se verra remettre un kit débutant comprenant un maillot de foot, une bouteille d’eau, un chèque repas ainsi que plein d’autres surprises. Les enfants peuvent consommer des boissons et encas sains à volonté. L’inscription sera bientôt possible dans la rubrique Evénements de notre site web (en allemand).