La reprise bat son plein aux États-Unis. En Europe, la forte croissance économique ne devrait commencer qu’au troisième trimestre. Mais cette tendance s’accompagne également d’effets secondaires tels qu’une hausse du taux d’inflation. Les prix élevés de l’énergie par exemple ont continué à stimuler l’inflation en Allemagne, de sorte que le taux d’inflation annuel a grimpé à 2,5% au mois de mai d’après des calculs provisoires. Au début de la pandémie au printemps 2020, les prix du pétrole brut avaient chuté sur le marché mondial en raison d’une faible demande. L’essence et le mazout étaient nettement moins chers, et le kérosène était devenu quasi invendable. Entre-temps, les prix du pétrole brut se sont redressés. Mais il y a un an, les véhicules neufs et d’occasion étaient également incroyablement bon marché.
Par rapport à l’année précédente, le niveau des prix augmente dans le cadre de la reprise économique rapide. Mais d’après nos estimations, l’inflation devrait à nouveau ralentir, même si celle-ci ne devrait pas revenir aux niveaux incroyablement bas des années passées. En effet, les perspectives restent bonnes. Après l’effondrement lié à la pandémie de la Covid l’année dernière, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit désormais une nette amélioration de la situation économique.
L’économie mondiale devrait connaître une croissance de 5,8% cette année, autrement dit plus que ne le laissaient entendre les prévisions au mois de mars. Pour l’année prochaine, elle s’attend à une croissance de 4,4%, autrement dit bien plus que l’hypothèse actuelle de 4,0%.
Au mois de mai, l’indice des obligations d’État de la Confédération a de nouveau chuté de 1,1%, atteignant un nouveau creux annuel de -5,5%. De même, l’indice des fonds immobiliers suisses a chuté de 0,4% en mai et se situait tout juste 1,0% au-dessus de son niveau de début d’année à la fin du mois. Une certaine désillusion s’est installée sur le marché technologique Nasdaq, qui a reculé de 3,0% (en francs suisses) au mois de mai. Mais fort heureusement, il y avait encore le marché national lié aux actions: le Swiss Market Index (SMI) a progressé de 3,7% en mai et renforcé nos portefeuilles de manière significative. L’essor dans les portefeuilles a été porté par un grand nombre d’actions, de valeurs d’infrastructures et de placements sur les marchés privés. Dans toutes les classes d’actifs, nous sommes en hausse depuis le début de l’année.
Les solutions moins risquées ont pu profiter de nos solutions obligataires et de notre sélection d’actions. Il en a résulté par exemple une performance mensuelle positive (+1,0%) dans le Fondspicking 30. Plus la pondération de la part d’action a pu être élevée, plus elle s’est révélée forte. Suite à la performance du mois de mai (+2,2%), le Fondspicking 100 affiche une hausse de 11,2%.
En ce qui concerne les solutions plus risquées (par exemple Z3 (+1,4%), R3 (+1,1%) et Revo3 (+0,9%), le rendement total a de nouveau nettement augmenté depuis le début de l’année. La reprise de la performance dans les solutions de libre passage a également été réjouissante. Le rendement net s’élève déjà à 5,7% dans la classe de risque 2, et à 6,8% dans la classe de risque 3 depuis le début de l’année.
Aux États-Unis, la croissance économique bat son plein en ce deuxième trimestre. En Chine, la dynamique s’est quelque peu atténuée, tandis qu’en Europe, l’accélération la plus forte n’est attendue qu’au troisième trimestre 2021. En Inde, les attentes ont dû être sensiblement revues à la baisse pour l’année en cours; il en résulte donc des perspectives d’autant plus élevées pour les années 2022 et 2023.
Le moral économique dans la zone euro s’est de nouveau nettement amélioré au mois de mai selon une enquête menée par la Commission européenne. Isabel Schnabel, directrice de la Banque centrale européenne (BCE), se montre également diplomatiquement optimiste : «Nous avons la confiance légitime que nous avons atteint un tournant», a déclaré l’économiste dans un entretien très apprécié. Selon elle, les perspectives à court terme se sont améliorées. Les campagnes de vaccination avancent désormais plus vite, le nombre d’infections a reculé et les mesures d’endiguement sont progressivement assouplies.
Les indicateurs de tendance, y compris ceux des prestataires de services, se sont révélés plutôt forts. C’est pourquoi il existe une hausse de la demande, qui constitue alors la base d’une forte reprise. Madame Schnabel parvient même à tirer du positif de la récente hausse des rendements des obligations d’État. Les rendements en hausse sont une évolution naturelle à l’heure d’un tournant, a-t-elle expliqué. «Les investisseurs deviennent plus optimistes, les attentes en matière d’inflation augmentent et, en conséquence, les rendements nominaux augmentent également. C’est exactement le scénario qui pourrait nous attendre et que nous souhaitons connaître.»
De ce point de vue, les conditions de financement dans la zone euro restent favorables. Cependant: «Nous sommes toujours en plein cœur de la pandémie», a-t-elle ajouté à titre restrictif. Le moment de mettre fin aux aides conjoncturelles n’est donc pas encore venu. Une enquête menée par la Commission européenne renforce cette vision globalement positive de l’avenir. Ainsi, l’indicateur de sentiment économique (ESI) qu’elle a recueilli dans la zone euro s’est hissé à 114,5 points au mois de mai après une progression de +4,0 par rapport au mois précédent. Les analystes n’avaient tablé en moyenne que sur un bond à 112,3 points. La tendance a été similaire dans l’ensemble de l’Union européenne (UE).
Les 750 milliards d’euros d’aide du plan de relance post-Covid de l’UE ont franchi un obstacle majeur. Le Commissaire européen au Budget de l’UE, Johannes Hahn, a annoncé sur Twitter la validation des décisions budgétaires par ratification parlementaire dans l’ensemble des 27 États de l’UE. Ainsi, la Commission européenne peut commencer en juin à emprunter sur les marchés financiers les premiers fonds pour ce plan de relance de l’ordre du milliard.
Alors qu’en Europe, l’aide publique reste relativement modérée, le gouvernement américain quant à lui ne connaît guère de limites. En plein cœur de la forte reprise macroéconomique, il lance les programmes les uns après les autres : le «American Recovery Plan» avec une enveloppe de 1.9 billion de dollars, le «American Job» avec une enveloppe de 26 billions de dollars et le «Made in America Tax», qui devrait rapporter plus de 2.0 billions de dollars dans les 15 prochaines années.
La pandémie a stimulé la transformation numérique également dans le secteur des services financiers. Les espèces sont de plus en plus délaissées, et la visite de la succursale bancaire locale est de plus en plus rare. En revanche, les paiements mobiles et les solutions de services financiers numériques quant à eux progressent. Cependant, nous sommes convaincus que le besoin d’un échange en personne perdurera pour les questions financières importantes.
La transformation numérique était déjà au cœur des débats avant la pandémie. À présent, elle se révèle nécessaire. En de nombreux endroits, les stratégies de numérisation sont accélérées en vue de s’adapter à la nouvelle normalité et aux nouvelles attentes des clients. L’accent n’est plus mis sur la visite d’une succursale pour régler les affaires du quotidien. Grâce à de nouvelles applications, la majorité de ces affaires peuvent être réglées à domicile, sans aucun problème et sans argent liquide.
Les clientes et clients gardent de plus en plus un œil sur leurs finances via des applications. Les clientes et clients ne courent pas après de longues pages de «Conditions générales de vente» mais attendent des interfaces d’application intuitives et des informations en temps réel. Nous mettons nous aussi tout en œuvre pour placer l’orientation client davantage au premier plan. Cependant, il ne sera pas uniquement question ici de transactions ou de technologies, mais également de rencontres. C’est la seule manière d’établir la confiance personnelle.
Nous restons convaincus que l’échange en face à face continuera d’être apprécié dans l’avenir numérique. Le scepticisme à l’égard du secteur bancaire est immense. Près de 900 milliards de francs suisses ne sont pas placés en Suisse et dorment sur des comptes payants sans produire d’intérêts.
Certes, une partie de cette somme est nécessaire et indispensable au maintien des liquidités. Mais il n’est jamais trop tard pour se soucier de l’excédent à long terme des liquidités. En effet, les valeurs d’inflation en hausse rongent le pouvoir d’achat en permanence et avec ténacité. Actuellement, l’inflation est le reflet d’une combinaison entre fortes impulsions fiscales, limitations de l’offre et difficultés dans les chaînes d’approvisionnement, hausse des prix des matières premières et demande latente, étant donné que l’activité économique reprend, suite à l’introduction de la vaccination anti-Covid.
Alors que la poussée actuelle de l’inflation devrait certainement être due également aux effets de base, nous attendons un changement de régime à long terme. La faible inflation et les taux d’intérêt très faibles pourraient alors appartenir au passé en raison de la forte croissance économique, de l’immense besoin de rattrapage des consommateurs et de l’exigence d’augmentation des salaires. Cette tendance augmente la pression de placement pour les liquidités.
Il est sûr que l’immense diversité des produits et solutions n’aide pas à trouver une solution digne de confiance. Certains revendiquent les placements passifs en matière d’indices, mais oublient le fait que la recherche de l’indice approprié est devenue difficile. Désormais, il existe bien plus d’indices que d’actions dans le monde.
Malgré Internet, la Fintech et la banque numérique : le besoin fondamental de sécurité et de confiance absolue demeure, tout comme le besoin d’un échange en pleine confiance sur des questions financières importantes. Le fait que nous puissions vous conseiller indépendamment des banques devient même un avantage. Et nous restons engagés à long terme et en personne, depuis 21 ans.
Au cours des 5 dernières années, l’indice suisse des obligations d’État a atteint un rendement total de 0,0%. Si un sentiment de nervosité s’installe sur les marchés d’actions comme au printemps dernier, les cours des obligations de la Confédération chuteront. En cas de reprise comme ce printemps, la situation risque de s’aggraver. Depuis le début de l’année, l’indice des obligations d’État a déjà perdu 5,5% de valeur.
Nous imaginons les rendements dans une «valeur refuge» autrement. Dans le domaine des obligations, nous accordons une importance toute particulière au maintien de la valeur. Cependant, depuis le début de l’année, les obligations d’État suisses ont déjà perdu 5,5% de valeur. Nous nous protégeons contre cette tendance en nous concentrant sur les obligations d’entreprises en raison des attentes de croissance de l’économie mondiale.
Dans ce cadre, nous ne sommes toutefois pas soumis à la tentation d’accepter des risques incontrôlés dans des obligations à haut risque et des devises risquées. Au contraire, nous nous en tenons aux obligations en francs suisses, et si des obligations étrangères viennent s’y ajouter, nous en garantissons la devise. Ainsi, nous pouvons suivre l’évolution des rendements des obligations du Trésor américain en toute décontraction. Nous avons attendu une consolidation qui, manifestement, semble s’être produite.
Du point de vue des titres à revenu fixe, il est intéressant de jeter un œil plus attentif aux indicateurs cycliques. Ces indicateurs pourraient bientôt atteindre leur niveau record, ou pas. Nous écrivons cela dans le contexte du discours dominant sur la reflation qui a été alimenté ces derniers temps par quelques bonnes surprises en matière d’inflation. Comme vous le savez tous, les bonnes surprises sont difficiles à maintenir, d’autant plus que les prévisionnistes reverraient leurs attentes probablement à la hausse.
Néanmoins, nous devons toujours être en mesure de nous faire rapidement une idée d’ensemble des sources de risque et de rendement dans les portefeuilles obligataires. À cette fin, nous avons recours à des critères de décision robustes pour évaluer les risques de crédit. Dans ce cadre, il ne suffit pas de disposer d’une base de données comprenant des notations de crédit actuelles et historiques. Il est essentiel de pouvoir comprendre et analyser l’entreprise en profondeur. Chacune est unique, et pourtant: elles ont toutes pour point commun d’être actives dans la même économie mondiale. C’est pourquoi une observation selon l’approche «top-down» est indispensable.
Quiconque étudie les attentes en matière de croissance dans le monde entier, ne peut que constater le déplacement à venir de la dynamique de croissance de l’industrie manufacturière vers le secteur tertiaire au cours des douze à 18 prochains mois. Cependant, cela ne signifie pas que les obligations industrielles vont connaître une période difficile. Contrairement aux actions qui laissent espérer de bonnes surprises en matière de bénéfices, c’est avant tout le flux d’informations orienté stabilité qui est apprécié côté obligations. Car en fin de compte, il est ici question de deux compétences de base: d’une part, l’exploitation des intérêts débiteurs et, d’autre part, la capacité à rembourser les dettes à la date convenue.
Parallèlement à la longue fin de la courbe de rendement, les taux hypothécaires à long terme ont évolué à la hausse. Cependant, les prix de l’immobilier restent élevés à l’échelle nationale comme internationale. D’un point de vue historique, nous évoluons toujours à un niveau de taux d’intérêt bas prononcé. Cette tendance soutient les valeurs immobilières et valeurs d’infrastructures. Les valeurs d’infrastructures profiteront avant tout de la reprise économique.
En Suisse, les ménages dépensent en moyenne environ 10,9% de leur budget pour les frais de logement. Et dans les catégories à faibles revenus, il est souvent question de bien plus, selon les conclusions livrées par Crédit Suisse dans son rapport d’attractivité financière résidentielle. Les différences sont grandes, suivant la région d’habitation. Dans les centres urbains, dans les régions attractives d’un point de vue fiscal et commercial, le coût du logement est nettement plus élevé que dans les autres régions.
Les gens décident de plus en plus de s’installer en agglomération et à la campagne. Après la période de la Covid, nombreux sont ceux qui manifestent le désir de ne se rendre au bureau plus que quelques jours par semaine à l’avenir. Cela a pour effet de relativiser les temps de trajet prolongés. Il ne fait nul doute que vivre en dehors de la ville est devenu plus intéressant dans la phase «télétravail», entraînant également une montée des prix de l’immobilier en agglomération et en partie dans les régions périphériques.
D’après des sondages, les personnes se sentent plus libres, plus en sécurité et plus détendues en campagne. La tendance à fuir les villes chères se laisse observer depuis longtemps. La vie en périphérie d’une grande ville ou dans une petite ville, où les infrastructures, l’approvisionnement et les liaisons avec les centres sont garantis, reste prisée.
Du point de vue des prix, nous pouvons alors constater une augmentation des disparités régionales en Suisse. Dans certaines régions périphériques des cantons de Berne, des Grisons, de Neuchâtel et du Jura, les loyers annuels moyens pour un logement de 4 pièces de niveau d’aménagement moyen se situent à moins de 15’000 francs suisses. Dans certains sites situés dans le canton de Genève, au lac de Zurich ou à Zoug, un bien comparable coûte 35’000 francs suisses.
Les prix des logements en propriété affichent des différences encore plus importantes. Dans de nombreuses communes autour du lac de Zurich ou du lac de Genève, un logement en propriété de taille moyenne coûte 1’800’000 francs suisses, soit quatre fois plus cher que ce qu’une famille doit débourser dans le Jura. Cela se ressent également au niveau des fonds immobiliers suisses. Leurs cours ont augmenté bien plus que les flux de trésorerie générés par l’immobilier.
Le rendement sur distribution moyen des fonds immobiliers suisses cotés se situe à 2,6%. Pour les fonds immobiliers non cotés, ce chiffre s’élève à 2,5%. Et ils ont déjà profité d’un effet de levier avec plus de 20% de capitaux étrangers. Du point de vue des marchés des capitaux, l’immobilier est néanmoins considéré comme une alternative intéressante aux obligations. Cependant, il reste un défi fondamental qui est de bien choisir les biens immobiliers et les sites. Du côté des revenus plane la menace d’une stagnation des loyers effectifs, et du côté des coûts, les dépenses pour les mesures énergétiques et la modernisation augmentent en raison de la hausse du niveau d’exigence des locataires.
Dans l’indice boursier mondial, les actions de la Suisse, de l’Allemagne et de la France font l’objet d’une faible pondération avec 3% chacune. Les actions des États-Unis, dont la pondération s’élève à 64%, dominent. Il est intéressant de noter que ces derniers temps, de plus en plus de capitaux mondiaux ont afflué en Europe. Les actions européennes disposent toujours d’un potentiel de reprise et jouissent d’une popularité accrue.
La prochaine étape de la rotation jusqu’aux actions européennes sous l’effet de la reprise commence à s’accélérer. Cette évolution est portée par une croissance économique convaincante, un euro stable et des courbes de taux d’intérêt plus raides. À l’heure actuelle règne une dynamique favorable qui se traduit également par des indicateurs cycliques atteignant de nouveaux records.
La reprise européenne, soutenue par l’assouplissement des restrictions liées à la Covid et l’introduction de vaccins, sera encore plus forte lorsque l’immunité collective sera atteinte dans le courant de l’été. Les actions européennes en profiteront fortement si les perspectives de croissance mondiales se renforcent. Nombreuses sont les entreprises qui s’orientent vers l’Asie, mais aussi vers l’Amérique du Nord. Aucun continent n’abrite autant d’entreprises à orientation mondiale que l’Europe. La diversité linguistique et culturelle présente dans de nombreuses entreprises européennes se veut un avantage de taille à l’échelle mondiale.
À cela s’ajoute un changement des préférences de style des investisseurs, en direction des valeurs de substance par rapport aux valeurs de croissance. Dans ce cadre, l’indice European Value Index dépasse son homologue américain. À cet égard, les rendements croissants des obligations d’État, comme nous avons pu les observer en Europe ces derniers temps, soutiennent les signes manifestes d’une croissance forte. La BCE se réjouit de l’augmentation des attentes en matière d’inflation (au même titre que la BNS) dans l’objectif de se rapprocher de son mandat en matière de politique monétaire. Un régime monétaire procyclique, qui encourage une inflation modérée, a toujours un effet favorable sur les actions.
L’offre de valeur relative en Europe demeure convaincante. La dégringolade historique du Stoxx 600 européen d’environ 15% par rapport au S&P 500 américain, s’est étendue et est à son plus haut niveau depuis plus de dix ans, sur la base du rapport cours/bénéfice estimé sur 12 mois. La reprise des voyages à l’étranger laisse présager une surperformance de la périphérie, l’économie d’Europe du Sud dépendant du tourisme commence actuellement la saison estivale sur des chapeaux de roue.
D’une manière générale, les actions européennes restent attractives par rapport à celles des États-Unis. Et les rendements continuent de soutenir les évaluations. Le moral de la région reste d’acier, tandis que les flux de capitaux peuvent continuer à soutenir les bénéfices et à atténuer le risque d’un euro plus fort pour la hausse des actions. Et les élections allemandes prévues pour le mois de septembre pourraient marquer un tournant majeur pour la région: un agenda écologique pourrait ouvrir la voie à un accroissement des investissements dans les infrastructures et les énergies renouvelables, mais les idées d’interdiction et d’imposition ont toutefois un effet dissuasif.
Lorsque les économistes ou les experts financiers réfléchissent au pétrole brut, ils se focalisent sur le prix, généralement du point de vue de l’offre et de la demande, indépendamment de la domination hégémonique d’entreprises, de pays ou même de groupes comme l’OPEP. Le prix du pétrole brut est de nouveau important car l’économie mondiale sort du confinement et stimule l’inflation.
Il y a un peu plus d’un an, les prix du pétrole brut étaient en chute libre. Sur l’une des dates d’échéance mensuelles, des prix négatifs (!) ont même été notés à court terme. Dans la courbe des prix continue, le creux a été atteint le 28 avril 2020. Depuis son niveau le plus bas de 12.34 dollars le baril à l’époque, le prix du pétrole brut a grimpé à 68.67 dollars le baril.
Cela faisait plus de trois ans que nous n’avions pas connu des prix aussi élevés. Pourtant, le trafic aérien ainsi que le trafic automobile reviennent progressivement. Mais les tentatives d’explication monocausale concernant le lien entre le développement économique et le prix du pétrole brut sont un peu courtes. Les trois plus grandes nations productrices de pétrole sont trop dominantes: les États-Unis, l’Arabie Saoudite et la Russie. Ces trois nations mettent l’accent sur leur capacité à privilégier leurs objectifs politiques par rapport à des réflexions simples en matière de prix sur le plan économique.
Depuis son entrée en fonction, le président américain Biden a sanctionné l’ingérence dans les élections et les cyberattaques, et a limité les ventes d’armes offensives, par opposition aux armes défensives, à l’Arabie Saoudite. Cela a permis une augmentation des ventes d’armes russes à l’Arabie saoudite, qui ont doublé au cours des trois dernières années. Rien qu’avec cela, il est clair que Biden entretiendra probablement une relation totalement différente avec l’Arabie saoudite et la Russie. Par ailleurs, la position de M. Biden vis-à-vis de l’Arabie saoudite sur le sujet des droits de l’Homme devrait être également moins libre que celle de Trump.
L’impact de ces changements dans les années à venir revêt une grande importance. Le prix du pétrole montre d’ores et déjà l’impact de l’alliance en constante mutation sur les marchés. La Russie a conclu un accord de réduction de production avec les pays de l’OPEP et profite désormais de prix élevés. Les États-Unis en revanche préfèrent des prix du pétrole stables et bas, mais la Fed se montre également quelque peu soulagée quant au fait que l’inflation ait finalement dépassé la barre fatale des 2%, même si cela n’est que provisoire.
Il est fort probable que la préférence russe pour des prix plus élevés dominera le marché mondial de l’énergie, la Russie étant désormais le principal partenaire énergétique de l’Arabie saoudite. La seule limite à cette hausse des prix pourrait être un niveau qui pourrait mettre en péril la stabilité de l’économie mondiale et provoquer une grave récession économique mondiale.