Rapport hebdomadaire 45/2020

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Suspense avant les élections américaines

Les élections aux États-Unis font durer le suspense jusqu’au bout. Une forte participation électorale se profile mais le destin des candidats à la présidentielle devrait se jouer dans un petit nombre d’États. Là, la dégringolade des récoltes de maïs et de soja, sans précédent depuis longtemps, pourrait encore bien arranger Donald Trump. Ce sont les agriculteurs qui pourraient hisser le président à un deuxième mandat. Nous croyons notamment au retour de la confiance une fois que la grande incertitude sera réglée.

Nombreux sont les investisseurs qui, poussés par la peur, ont réduit leurs positions avant les élections américaines. L’évolution des taux d’infection en Europe y a également contribué. Par conséquent, les marchés européens ont derrière eux la pire semaine depuis le mois de mars 2020 (-5,6% au Stoxx Europe 600).

En revanche, la plupart des marchés asiatiques ont connu une évolution plus solide. En Chine, la consommation reprend. La branche de la culture et du divertissement tourne à plein régime, sans aucune nouvelle vague d’infection. De toute façon, le 14e plan quinquennal veille à un regain de confiance. La Chine va de plus en plus investir dans les technologies d’avenir et renforcer sa force d’innovation. Dans le pays indien fortement peuplé aussi, la vague s’affaiblit; sur 8,1 millions de personnes infectées, 7,4 millions sont d’ores et déjà guéries. Seul un petit pour cent des nouveaux cas se trouvent dans un état critique, une valeur que l’on observe également de plus en plus en Europe.

La semaine dernière, le marché d’actions suisse (-4,4%) a essuyé des pertes quasi équivalentes à celles de l’indice mondial du MSCI (-4,2%). Par le passé, la peur s’est révélée comme mauvaise conseillère. Ces 50 dernières années, les marchés se sont quasi toujours redressés dans les quatre premiers mois suivant les élections américaines. Seules les années 1972 et 1988 ont connu un léger recul de 3%.

Les données du troisième trimestre ont affiché en de nombreux endroits une évolution nettement positive. Aux États-Unis, le produit intérieur brut a progressé de 33,1% sur une base annualisée (après une valeur de -31,4% au deuxième trimestre) et les premières demandes d’indemnités de chômage ont chuté au niveau le plus bas depuis sept mois. La semaine dernière, nous avons accordé une attention particulière aux géants technologiques américains. Chez Alphabet, les recettes publicitaires en plein boom ont veillé à un bénéfice trimestriel net de 11.2 milliards de dollars (+60% par rapport à l’année précédente). Cette valeur s’est révélée nettement au-dessus des attentes du marché, mais n’a quasi eu aucune influence sur le cours.

Chez Amazon, le bénéfice trimestriel a triplé, atteignant une valeur de 6.3 milliards de francs suisses. Cependant, le distributeur en ligne n’a pas pu suivre totalement le rythme d’Alibaba, raison pour laquelle son cours a légèrement reculé (-5%). Nous avons réduit les actions du géant du logiciel d’entreprise SAP à temps. Au niveau actuel, il s’agit désormais d’un titre de qualité bon marché.

Sujet de la semaine : Fortes données de troisième trimestre

Nous sommes en pleine saison des rapports du troisième trimestre. Côté résultats, une attention particulière est portée aux perspectives. Le résultat de LafargeHolcim fut impressionnant. Le groupe est conduit vers de nouveaux rivages par son PDG, Jan Jenisch, et prend en compte les risques du changement climatique. Rares sont les entreprises suisses résistantes à la crise qui cette année peuvent générer des flux de trésorerie disponibles déterminants pour la proposition de dividende, avec une hauteur de 2.75 milliards de francs suisses.

La confiance prouve également que le groupe spécialisé dans le ciment progresse dans la thématique de décarbonisation. L’usine implantée à Carboneras, en Espagne, dans laquelle le dioxyde de carbone généré lors de la production du ciment est capturé, purifié et utilisé pour l’agriculture locale, doit devenir un modèle dans toute l’Europe. Il n’en résulte pas uniquement du ciment pauvre en CO2. Le processus de photosynthèse accéléré veille également à un besoin réduit en eau et nutriments ainsi qu’à une meilleure rentabilité dans la culture maraîchère. Ce projet est développé en collaboration avec le leader technologique mondial Carbon Clean. Ce projet fait partie de la stratégie porteuse d’avenir «Green Transition Strategy» de LafargeHolcim; la performance hebdomadaire (-7%) n’y change rien. Le groupe s’attend à une «demande robuste» au quatrième trimestre, a revu ses prévisions annuelles à la hausse en matière de flux de trésorerie, et devrait profiter de divers programmes d’incitation en matière d’infrastructures durant les années à venir.

Avec Geberit, un autre groupe suisse, leader dans le domaine des chasses d’eau, des aménagements de salles de bains et des systèmes de canalisation, a connu une mauvaise cotation en Bourse (-4%). Les chiffres trimestriels ont été un régal pour les yeux. Dans les neuf premiers mois, la marge a pu être augmentée d’un point de vue opérationnel, malgré la Covid. Même en cette période difficile, Geberit demeure attractif, bien qu’une partie de l’extension de la marge devrait être de nature temporaire. La pandémie a fortement limité les possibilités d’actions marketing, ce qui a conduit à la réalisation d’économies par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, il convient de souligner que l’entreprise n’a déposé aucune demande de chômage partiel durant la crise, et n’a licencié personne. Geberit est resté fidèle à son modèle d’entreprise résistant et ressortira renforcé de la crise.

Les rendez-vous importants des semaines à venir

3 novembre 2020 États-Unis : élections (président, Chambre des Représentants, divers sièges au Sénat)
4 novembre 2020 Zone euro / RU / États-Unis : divers indices des directeurs d’achat au mois de novembre
5 novembre 2020 États-Unis : évolution de la productivité hormis secteur agricole
6 novembre 2020 États-Unis : taux de chômage durant la 1ère semaine de novembre

Commentaire

Bien entendu, nous gardons également un œil sur les évolutions de cours quotidiennes et hebdomadaires. Le dernier trimestre 2020 sera certainement encore une fois un défi car la forte reprise conjoncturelle au troisième trimestre devrait être fortement freinée. Malgré les mesures récemment adoptées par exemple en Allemagne, le ministre de l’Économie Altmaier a revu les prévisions de croissance économique légèrement à la hausse. Finalement, aucun chantier n’est fermé et aucune entreprise industrielle n’arrête son activité. Il table sur une hausse de 4,4% pour 2021.

Le gouvernement allemand s’attend à un recul du PIB de «plus que» 5,5% en 2020 à la suite de la crise. Cet élan d’optimisme est également dû au processus de reprise étonnamment fort dans la zone euro et au pays exportateur chinois qui a affiché une croissance de 4,9% au cours des neuf premiers mois de cette année. En Chine, la pandémie reste sous contrôle. En Europe, on en est encore loin, mais l’espoir est là.

Néanmoins, ce sur quoi nous nous concentrons en matière de placement, ne doit pas convaincre sur des phases courtes, mais à long terme. Il n’est pas forcé qu’un modèle d’entreprise se révèle résistant à une crise au milieu de la crise, il peut également le faire à la fin de cette crise. Ensuite, il est décisif de savoir qui a maintenu les dépenses en recherche et développement et qui a fait progresser l’innovation. La compétitivité peut être mesurée à l’aide de différentes grandeurs; les évolutions relatives quant à la qualité ainsi qu’à la part de marché font partie des plus décisives et de celles que nous devons garder à l’œil. Avec de nombreuses entreprises telles que Nestlé, Geberit, LafargeHolcim, Lonza et Sika, nous sommes intimement persuadés, au vu des rapports trimestriels de ces dernières, que nous sommes foncièrement sur la bonne voie.

Cordialement, Maurice Pedergnana

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2019
SMI 9'587.2 –9.7%
SPI 11'994.4 –6.6%
DAX € 11'556.5 –12.8%
Euro Stoxx 50 € 2'958.2 –21.0%
S&P 500 $ 3'270.0 +1.2%
Dow Jones $ 26'501.6 –7.1%
Nasdaq Composite $ 10'911.6 +21.6%
MSCI EM $ 1'103.5 –1.0%
MSCI World $ 2'292.9 –2.8%
Marchés obligataires depuis 31/12/2019
SBI Dom Gov TR 239.8 +1.9%
SBI Dom Non-Gov TR 119.1 –0.3%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2019
SXI RE Funds 438.4 +0.5%
SXI RE Shares 2'816.7 –14.0%
Matières premières depuis 31/12/2019
Pétrole ($/Bbl.) 35.8 –40.8%
Or (CHF/kg) 55'390.1 +17.1%
Cours de change depuis 31/12/2019
EUR/CHF 1.0681 –1.6%
USD/CHF 0.9170 –5.1%
EUR/USD 1.1647 +3.7%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.77 −0.8 - −0.6 −0.8 - −0.6
EUR –0.53 −0.5 - −0.2 −0.2 - ±0.0
USD +0.22 +0.0 - +0.3 +0.0 - +0.3
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.53 −0.6 - −0.4 −0.5 - ±0.0
EUR –0.64 −0.5 - −0.1 −0.5 - ±0.0
USD +0.87 +0.6 - +0.9 +0.6 - +0.9
Renchérissement
2020P 2021P 2022P
Suisse –0.5% +0.5% +1.2%
Zone euro +0.5% +1.0% +1.5%
Etats-Unis +1.0% +1.6% +2.4%
Economie (PIB real)
2020P 2021P 2022P
Suisse –5.0% +5.0% +2.0%
Zone euro –6.6% +6.0% 160.0%
Etats-Unis –7.4% +3.0% +2.0%
Global –6.0% +5.4% +3.5%
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