D’un point de vue historique, la récession est derrière nous. Ce fut la récession la plus dure, mais aussi la plus courte de l’histoire économique, orchestrée par un confinement ordonné de manière synchrone à l’échelle internationale, qui a également affecté les entreprises les plus prospères. Les mesures de soutien engagées ultérieurement par les gouvernements et les banques centrales ont veillé à un regain de confiance. Nous sommes au 3e trimestre et voilà que nous nous trouvons d’ores et déjà à nouveau dans une phase d’essor conjoncturel. Les entreprises des industries de l’hébergement et du voyage font partie des plus grands perdants de cette pandémie. Dans ces secteurs, la reprise n’a lieu que de manière progressive.
Les données économiques de l’Europe se sont notamment révélées convaincantes. Au mois d’août, l’indicateur conjoncturel Sentix a atteint sa valeur la plus haute depuis le mois de février. Cette estimation positive des investisseurs dans la zone euro est étayée par le flux de capitaux dans les véhicules de placement européens. La situation actuelle a notamment fait l’objet d’une meilleure évaluation. Le centre de recherche en économie européenne ZEW a annoncé que l’indicateur relevé par ce dernier avait progressé de 12,2 points, atteignant une valeur de 71,5 (plus haut niveau depuis le mois de janvier de l’année 2004). Les analystes avaient tablé en moyenne sur un recul à 55,8 points. Les mauvaises nouvelles, comme par exemple l’effondrement de près de 20% de l’économie britannique au deuxième trimestre, ont été mises de côté. Aux États-Unis, l’espoir tenace d’une entente au sein du Congrès américain concernant l’adoption d’un nouveau plan d’aide lié à la Covid-19 a veillé à un essor boursier.
À cela se sont ajoutées des notes d’espoir dans le cadre du processus de développement d’un vaccin au sein de l’université américaine Johns Hopkins. La professeure Lauren Sauer a fait état des progrès réalisés dans le processus de développement d’un vaccin, lequel est financé par un volume considérable de fonds publics. La semaine dernière, les États-Unis se sont assuré 100 millions de doses pour un montant de 1,5 milliard de dollars, avec une option de 400 millions de doses supplémentaires dans les mêmes conditions: le groupe biotechnologique Moderna prévoit la production de son vaccin ARNm-1273 chez Lonza (+58% depuis le début de l’année), sur une base génétique, flexible.
Par ailleurs, les développements de vaccin, également soutenus, des entreprises AstraZeneca, Novavax, Pfizer, Johnson&Johnson et GlaxoSmithKline restent également en course. Les États-Unis ont déjà investi plus de 12 milliards de dollars pour le développement, la production et la préparation à la distribution d’un vaccin. Jamais un vaccin n’a fait l’objet d’une promotion aussi gigantesque que celui-ci. Une double injection sera probablement envisagée. L’heure est actuellement à la concrétisation de la posologie et de la fréquence, course effrénée qui aura lieu dans les prochaines semaines dans le cadre de campagnes de test vastes et étendues. La Suisse aussi s’est réservé 4,5 millions de doses de vaccin dans le cadre d’un contrat conclu avec Moderna.
La semaine dernière, le Swiss Market Index (SMI) a progressé de 1% dans le cadre de ces perspectives conjoncturelles et de vaccination, atteignant ainsi les 10’163 points. L’indice obligataire Swiss Bond Index a quant à lui essuyé un recul de 0,4%, et le prix de l’or a chuté de 5,3% après avoir connu une forte hausse les semaines précédentes.
Les cours ont nettement progressé sur les marchés obligataires américains, où il n’est pas rare de n’être plus justement et équitablement dédommagé pour les risques. Les marchés américains sont réputés pour leur transition rapide entre peur et avidité. Manquer une tendance à la hausse est considéré comme une grosse erreur. L’heure n’est pas à la fête des investisseurs conservateurs tels que Warren Buffett, mais plutôt des «stock-pickers» et des «bond-pickers» qui, avec l’aide de la Fed, se précipitent dans tout ce qui est protégé et soutenu.
Le fabricant de récipients en alu Ball Corp., protégé par les taxes à l’importation, a profité de cette tendance pour émettre une obligation à dix ans à 2,875%. Il s’agit là du coupon d’intérêt le plus bas qui ait jamais été donné sur le marché américain pour une obligation «pourrie», avec une durée d’au moins cinq ans. Nombreuses sont les entreprises à faible solvabilité qui tentent actuellement de négocier des obligations en vue de s’assurer des taux d’intérêt bas. Les acheteurs s’attendent bien à ce qu’en cas de besoin, la Réserve fédérale américaine soutienne les obligations correspondantes.
Les faits plaident en faveur d’autres segments obligataires, que nous privilégions, ainsi qu’en faveur d’actions. La compagnie d’assurance Swiss Life a par exemple fait preuve de résilience. Au premier semestre, un nombre de primes bien plus important que prévu ont été perçues. L’ensemble d’indicateurs robuste explique les progrès opérationnels. Malgré le vent contraire de la Covid-19, on avance toujours aussi bien dans la période stratégique en cours «Swiss Life 2021». Ceci a entraîné une hausse du cours (+5,5% la semaine dernière). Le taux de rendement sur dividendes élevé de plus de 5% ainsi que les perspectives de hausses de rendement et de rachats d’actions par la holding dans les années à venir suscitent un sentiment de joie.
Le bilan semestriel très solide de la compagnie Zurich Insurance s’est révélé satisfaisant. Le taux de solvabilité mesuré de manière particulièrement conservatrice en Suisse s’élève, comme chez Swiss Life, à un niveau convaincant de 185%. Au vu de la hausse des prix pour les nouvelles polices dans l’assurance dommages et accident, principal pilier de revenu, une croissance à venir des bénéfices est tout aussi probable que chez Axa (+3,0%).
Ces jours-ci, une randonnée aurait dû avoir lieu dans le Jackson Hole, dans les Rocky Mountains américaines. Il s’agit là d’une tradition. La banque Federal Reserve de la ville de Kansas City a toujours sponsorisé cette rencontre estivale, décontractée, entre économistes, politiques financiers et ministres des Finances. Des représentants importants de la branche du marché financier ainsi que les principaux chefs de banque centrale du monde entier se sont régulièrement retrouvés dans le cadre de cet événement.
Ces rencontres étaient appréciées, ne serait-ce que par le fait que de nombreuses personnes qui, de par leur fonction, doivent être formellement et extrêmement diplomatiques, pouvaient échanger entre elles dans une atmosphère inspirante. Seulement, ceci est impossible en cette année 2020 marquée par la Covid. Le déplacement pour s’y rendre demeure impossible pour la plupart des participants réguliers. Par conséquent, le programme a lieu «en ligne». Néanmoins, les contacts relationnels ne peuvent pas être palliés par des Zoom et Team Meetings.
Nous sommes d’autant plus heureux à l’idée de savoir que nous pourrons probablement maintenir notre journée de randonnée Zugerberg, désormais traditionnelle, prévue vendredi prochain. Nous avons limité le nombre de participants et nous déplacerons uniquement en extérieur. Nous sommes impatients de rencontrer les amateurs de randonnée.
D’ailleurs, nous nous réjouissons toujours de n’importe quelle rencontre. Sur le site du Lüssihof, nous disposons de très grandes salles de réunion où vous êtes les bienvenus, afin que nous puissions échanger ensemble.
Cordialement, Timo Dainese