Rapport hebdomadaire 19/2020

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La branche d’activité fait la différence

La semaine dernière, les marchés d’actions ont réagi différemment. Certaines branches, particulièrement appréciées durant la crise de la Covid-19, ont fini par essuyer des pertes. Il s’agit entre autres des titres de la santé publique et du secteur des biens de consommation. Roche a affiché 3% de pertes, Novartis 4%. Chez Nestlé aussi, les 4% ont été atteints. D’autre part, la reprise s’est bien fait sentir dans le secteur financier qui a considérablement souffert de la pandémie. Zurich Insurance Group (+7%), Swiss Life et Partners Group (+6% chacun) ont considérablement progressé la semaine passée.

Par ailleurs, portées par une euphorie d’assouplissement, des actions telles que LafargeHolcim (+10%), des détaillants tels que Dufry (+20%) et Valora (+13%) ainsi que l’aéroport de Zurich (+7%) se sont redressées. Dans l’ensemble, le Swiss Market Index s’est montré stable et s’est maintenu à 9629 points: c’est 9,3% de moins qu’en début d’année. Les incertitudes conjoncturelles demeurent, même s’il n’est pas osé de dire que l’instauration de mesures de confinement, quasi synchrone dans le monde entier, a conduit au creux de la «Corona-récession» au mois d’avril.

Les premières mesures d’assouplissement instaurées au mois de mai, qui ouvrent la dénommée «phase 2» d’une épidémie, veillent à une reprise progressive. Le chemin vers la normalité est encore long. Ceci va également se répercuter sur les marchés des capitaux. Vite repérés, les perdants ont essuyé des pertes importantes à deux chiffres, avant même que l’on puisse analyser à quel point ces derniers sont concernés par le creux conjoncturel provisoire.

En revanche, les actions dites de casanier telles que Logitech et Netflix ainsi que les fabricants de systèmes de vidéoconférence, d’appareils de respiration et d’équipements de protection ont fini par en profiter. Cependant, l’accent est mis avant tout sur le domaine de la recherche biotechnologique et pharmaceutique. Ici, on attend des revenus et des rendements nettement plus importants. Toutefois, là aussi, la diversification est recommandée.

La semaine dernière, les géants technologiques américains nous ont montré à quel point même une branche appréciée durant la crise de la Covid-19 n’était pas à l’abri de souffrances. Après avoir connu une tendance à la hausse pendant plusieurs semaines, ils ont fini par essuyer des pertes massives. Amazon (-8% vendredi) avait fait des commentaires glaçants concernant les conséquences de la pandémie de la maladie à coronavirus. Certes, Amazon a bel et bien réalisé plus de chiffre d’affaires, mais cependant dans des domaines d’activité à faible marge. Les coûts supplémentaires pour la protection des salariés et les livraisons ont eu des conséquences démesurées.

Apple a annoncé une croissance plate de son chiffre d’affaires au premier trimestre, et pour la première fois depuis 2003, a renoncé à faire des prévisions pour la suite de l’année en cours en raison des incertitudes concernant les conséquences du virus. Le bénéfice trimestriel d’Apple a diminué pour la sixième fois consécutive. Seul Microsoft a pu augmenter son chiffre d’affaires de 15% et son bénéfice de 22%. Le groupe a notamment profité de l’activité du Cloud et des jeux vidéo.

Sujet de la semaine: Un pays modèle en difficulté

Une forte économie mondiale sans une forte économie nationale américaine est encore inimaginable. Par ailleurs, les indices mondiaux en matière d’actions et d’obligations dépendent fortement des indices directeurs américains. C’est pourquoi il est particulièrement intéressant d’observer la manière dont ce pays gère les défis actuels.

Dernièrement, le président des États-Unis Donald Trump a contribué au climat hostile des marchés d’actions et d’obligations. Il a durci son discours vis-à-vis de la Chine et a menacé d’entreprendre de nouvelles sanctions douanières ainsi que de nouveaux blocages pour les placements de caisses de pension dans les actions chinoises. Dans ce contexte, il ne faut pas oublier que le président n’est, jusqu’ici, pas parvenu à faire bonne impression dans la gestion de la crise.

Trump n’a même pas été capable d’unifier le pays. Le «Washington Post» a évalué les prises de parole du président dans le cadre de ses conférences médiatiques quotidiennes sur une période de trois semaines. Sur 13 heures de temps de parole, il a utilisé quatre minutes trente pour exprimer sa compassion, 45 minutes pour faire sa propre éloge et deux heures pour attaquer les critiques. L’être-ensemble traditionnel qui se cache derrière chaque gouvernement et que l’on peut observer par exemple en Allemagne, fait grandement défaut aux États-Unis.

La gestion de la crise de la Covid-19 dévoile plutôt des problèmes structurels. Le pays qui s’offre l’armée la plus moderne et les services de santé les plus chers est paralysé par la crise. Un porte-avions de l’armée américaine est même devenu un épicentre de l’épidémie et n’est plus opérationnel. Les hôpitaux manquent de matériel, à tel point qu’en de nombreux endroits, le personnel de santé utilise provisoirement des lunettes de ski et des sacs poubelle pour se protéger. Le pays où des antécédents médicaux tels que l’hypertension et le diabète sont particulièrement répandus, est lui-même devenu un épicentre mondial, et a, depuis longtemps, dérobé l’ingrate première place dans le classement international des cas de Covid-19 et des décès.

Le nouvel endettement qui surpasse de loin l’ampleur de celui de l’Europe affaiblit le dollar américain. Dernièrement, le franc suisse était coté à 0.96 pour un dollar, et la tendance se veut à la baisse. L’euro a quant à lui progressé à 1.06. Vis-à-vis du dollar, l’euro est à nouveau coté à 1.10.

Les principales dates de la nouvelle semaine

5 mai 2020 États-Unis: indice des directeurs d’achat de l'industrie des services ISM au mois d'avril
6 mai 2020 États-Unis: rapport sur le marché du travail et demandes d'hypothèques au mois d'avril
7 mai 2020 Allemagne / France: production industrielle au mois de mars
8 mai 2020 États-Unis: chômage et évolution des salaires au mois d'avril

Commentaire

Le plus grand groupe alimentaire au monde Nestlé nous surprend avec une forte croissance. Cette nouvelle nous réjouit car les actions Nestlé font partie intégrante de toutes les solutions de portefeuille de Zugerberg Finanz. Le chiffre d’affaires a affiché une remarquable progression de 4,3%. C’est tout à fait inattendu, mais la crise de la Covid-19 emporte avec elle son lot de surprises. Le café (avec les marques Nescafé, Nespresso et Starbucks) s’est très bien vendu. Les crèmes glacées un peu moins. Quant au secteur de la gastronomie, lui aussi a essuyé un recul. Le chiffre d’affaires des produits Purina destinés aux animaux domestiques a très fortement progressé (+13%).

Dans la répartition géographique, on peut voir que la part des pays émergents (part de chiffre d’affaires: 42%) a stagné, notamment en raison de la paralysie en Chine. En revanche, une progression de 7,4% a pu être enregistrée dans les pays industrialisés. Exceptionnelle, cette tendance est en partie due aux achats préventifs.

De manière générale, le chiffre des ventes ne permet pas de tirer bien plus de conclusions. Le commerce en ligne est certainement satisfaisant. Il a contribué pour la première fois à plus de 10% du chiffre d’affaires. Avec le confinement dans les pays industrialisés, ce taux devrait continuer à progresser au deuxième trimestre. La large diversification en matière de pays et de produits ainsi que la flexibilité et la capacité d’adaptation s’avèrent sans aucun doute payantes. C’est ce qui a d’ailleurs poussé Nestlé à rester fidèle aux prévisions pour la croissance organique et pour la marge bénéficiaire d’exploitation de 2020.

L’évaluation de l’action Nestlé est désormais plus haute qu’en début d’année. Le rapport cours/bénéfice se maintient à un niveau honorable avec une valeur d’environ 25. Le taux de rendement sur dividendes s’élève à près de 2,5%. Concernant la plus grande participation de Nestlé, qui détient 23% du capital du groupe cosmétique de luxe L’Oréal, les affaires ne marchent pas aussi bien qu’avant. Le confinement et la fermeture des commerces ordonnée par les autorités, entre autres pour les salons de coiffure et les magasins de cosmétiques, ont mis l’activité à rude épreuve.

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2019
SMI 9'629.4 –9.3%
SPI 11'905.9 –7.3%
DAX € 10'861.6 –18.0%
Euro Stoxx 50 € 2'927.9 –21.8%
S&P 500 $ 2'912.4 –9.9%
Dow Jones $ 24'345.7 –14.7%
MSCI EM $ 924.9 –17.0%
MSCI World $ 2'052.9 –13.0%
Marchés obligataires depuis 31/12/2019
SBI Dom Gov TR 240.7 +2.3%
SBI Dom Non-Gov TR 116.3 –2.7%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2019
SXI RE Funds 433.0 –0.8%
SXI RE Shares 2'921.7 –10.8%
Matières premières depuis 31/12/2019
Pétrole ($/Bbl.) 18.8 –69.1%
Or (CHF/kg) 52'435.3 +10.8%
Cours de change depuis 31/12/2019
EUR/CHF 1.0570 –2.6%
USD/CHF 0.9664 +0.0%
EUR/USD 1.0937 –2.6%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.58 −0.8 - −0.6 −0.8 - −0.6
EUR –0.17 −0.5 - −0.2 −0.2 - ±0.0
USD +0.69 +1.0 - +2.0 +1.0 - +2.0
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF –0.52 −0.6 - −0.4 −0.5 - ±0.0
EUR –0.58 −0.5 - −0.1 −0.5 - ±0.0
USD +0.64 +0.3 - +1.0 +0.9 - +1.4
Renchérissement
2020P 2021P 2022P
Suisse –0.5% 100.0% 120.0%
Zone euro 20.0% 160.0% 190.0%
Etats-Unis 60.0% 160.0% 220.0%
Economie (PIB real)
2020P 2021P 2022P
Suisse –3.0% +1.5% 150.0%
Zone euro –4.0% 180.0% 160.0%
Etats-Unis –4.0% 220.0% 200.0%
Global –2.5% 300.0% 320.0%
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