Rapport hebdomadaire 12/2025

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Les évaluations moins diplomatiques

Ceux qui sont habitués au style policé des chefs de banques centrales doivent être surpris de constater à quel point ces derniers s’expriment désormais clairement et sans ambiguïté, et abandonnent leurs usages diplomatiques. Cela est dû aux chassés-croisés du président américain Donald Trump en matière de politique commerciale. Dans un premier temps, les taxes douanières sont annoncées à grands cris sur les réseaux sociaux, pour ensuite être reportées. Les montants des taxes annoncées fluctuent également énormément en peu de temps.
Cette politique inconstante est source d’incertitude. Et justement, les investisseurs et les entreprises n’aiment pas l’incertitude. Aux États-Unis, la politique économique, perçue comme chaotique et menaçante, est source de pessimisme conjoncturel. Donald Trump s’est inscrit en faux contre cette perception : selon lui, une « période de transition » serait nécessaire pour atteindre son grand objectif.
Pendant ce temps, la Maison Blanche reçoit plusieurs avertissements, même de la part de la société Tesla d’Elon Musk. En effet, la direction de Tesla a envoyé une lettre au délégué du gouvernement pour le commerce, en indiquant que les entreprises américaines pourraient également être affectées par les contre-mesures prises par d’autres pays en période de guerre commerciale. La province canadienne de Colombie-Britannique a retiré Tesla de son programme de subventions. Le porte-parole du Premier ministre a déclaré que « si les gens apprenaient qu’Elon Musk touche 10’000 dollars de l’argent des contribuables, ils auraient envie de vomir. »
Une personne s’est exprimée de manière encore plus explicite : Mark Carney, le Premier ministre canadien, qui a dirigé la Banque du Canada pendant la crise de 2008 en tant que banquier central, sans qu’aucune grande banque canadienne n’ait besoin de capitaux publics, avant d’être nommé plus tard à la tête de la Banque d’Angleterre. Il a la réputation d’être une star discrète de la politique monétaire et a été le premier non-Britannique à accéder à la tête de la Banque d’Angleterre en plus de 300 ans d’histoire de l’institution.
Trump a remis en question l’existence même du Canada en tant que pays indépendant, en affirmant qu’il devrait rejoindre les États-Unis d’Amérique en tant que 51e État fédéral. La réponse de Mark Carney a été sans équivoque : « le Canada ne fera jamais partie des États-Unis, en aucune manière et sous aucune forme ». Selon lui, le Canada n’a jamais voulu de ce conflit, mais il ne faut pas se leurrer, car le pays est prêt à « enlever les gants ». Dans un esprit combattif, Mark Carney a affirmé que le Canada l’emporterait tant sur le plan commercial que sur celui du hockey sur glace.
Quant au président de la Banque fédérale d’Allemagne, Joachim Nagel, il appartient également en temps normal à la catégorie des diplomates de la politique monétaire. Toutefois, en se référant à la politique douanière de Donald Trump, il a déclaré qu’il fallait « quasiment examiner au jour le jour ce qui avait été décidé ou annoncé la nuit précédente sur l’autre rive de l’Atlantique ». Il a en outre déclaré : « je le dis en toute clarté et sans équivoque : ce qui se passe actuellement du côté de l’administration américaine, c’est de la politique économique digne d’un cabinet des horreurs ». C’est pourquoi l’on attend avec beaucoup d’intérêt la conférence de presse qui suivra la réunion de la Réserve fédérale mercredi prochain. Un aspect particulièrement intéressant sera la manière dont la politique économique et douanière se reflètera dans les projections de la Réserve fédérale américaine, qui attisent notoirement les craintes de récession. Actuellement, les marchés des actions et des obligations se comportent encore de manière relativement sereine.

Sujet de la semaine : Fluctuations des actions technologiques

Il est vrai que les fluctuations des actions technologiques sont importantes, mais elles s’inscrivent dans la normalité. Le moment est opportun pour se rappeler que même l’indice boursier mondial peut fluctuer considérablement. Le marché global connaît généralement des corrections de 10 % une fois par an, de 15 % tous les deux ans et de 20 % tous les 3.5 ans. Jeudi dernier, l’indice MSCI World a cédé près de 10 % par rapport à son plus haut (en francs suisses), sous l’influence considérable des actions technologiques.

D’abord, il convient de souligner que les actions technologiques représentent une part relativement faible de nos portefeuilles. Ensuite, il sied de mentionner que les marges bénéficiaires dans le secteur technologique demeurent solides. Une « récession des bénéfices » n’est pas en vue. Des tendances fondamentales solides limitent les pertes de cours et les prévisions de bénéfices par action restent nettement positives.

L’intelligence artificielle (IA) constitue un nouvel élément de la concurrence, qui va certainement mettre au défi plusieurs modèles commerciaux. D’expérience, nous savons que le phénomène peut également concerner des entreprises leaders du marché si elles ne s’adaptent pas à temps aux nouveaux défis. Actuellement, elles assurent leur capacité d’action technologique même dans un avenir dominé par l’IA au moyen de programmes d’investissements importants.

Il est impressionnant d’observer la manière dont les principaux fournisseurs de Cloud Computing, Amazon, Microsoft et Alphabet, sont non seulement capables de défendre leur position, mais également de la renforcer. Leur valorisation ayant déjà perdu beaucoup d’altitude, ils sont à nouveau considérés comme attractifs. Nous ignorons quand exactement les cours vont s’inverser. Vendredi dernier, le printemps était déjà bien présent dans l’air. Toutefois, l’incertitude persiste sur les marchés, et elle n’est pas due à une baisse des ventes ou des bénéfices, mais uniquement à la politique commerciale et douanière imprévisible du président américain Donald Trump.

Enfin, il reste à mentionner que ceux qui ont abordé avec calme et sérénité les nombreux rebondissements et revirements inattendus sur les marchés ont été bien récompensés ces dernières années. Ceux qui pensent pouvoir trouver le bon moment pour entrer ou sortir en se basant sur l’actualité devraient garder à l’esprit que c’est en faisant des allers-retours que l’on se vide les poches. Diversifier les risques et réorganiser les actions et les obligations, telle est la principale tâche d’un gestionnaire de fortune humble. Quant à l’investisseur, sa principale qualité consiste à savoir garder son calme.

Les rendez-vous importants de la semaine à venir

18 mars 2025 Allemagne : Sondage sur les attentes du ZEW, mars
19 mars 2025 Zone euro : Inflation sous-jacente HICP et inflation février
20 mars 2025 États-Unis : Perspectives des affaires de la Philly Fed pour mars
21 mars 2025 Royaume-Uni / France : Confiance des consommateurs et climat des affaires, mars

Événements

Point sur le marché de Zugerberg Finanz – mars 2025

Le prochain point sur le marché de Zugerberg Finanz aura lieu le lundi, 24 mars 2025 et sera consacré à la thématique des « taux d’intérêt et de l’inflation ».

Il convient de procéder à une nouvelle évaluation de la tendance inflationniste en 2025 afin de mieux estimer l’évolution des taux d’intérêt du marché des capitaux au cours des prochains trimestres, tant au niveau national qu’international.

Date : Lundi 24 mars 2025
Heure : 08h00 (25 minutes avec Q&A)
Langue : Allemand
Support : Événement en ligne via Zoom

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Séance d’information pour particuliers en anglais – Financial Markets Outlook 2025

Le jeudi 27 mars 2025 aura lieu chez nous au Lüssihof une séance d’information en anglais destinée aux particuliers. Cette séance s’adresse principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation.

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Séance d’information pour particuliers en suisse-allemand – Placer son argent est aussi une question de confiance

Le jeudi 3 avril 2025 aura lieu chez nous au Lüssihof une séance d’information destinée aux particuliers. Cette séance s’adresse principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation.

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Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2024
SMI 12'916.8 +11.3%
SPI 17'093.2 +10.5%
DAX € 22'986.8 +15.5%
Euro Stoxx 50 € 5'404.2 +10.4%
S&P 500 $ 5'638.9 –4.1%
Dow Jones $ 41'488.2 –2.5%
Nasdaq Composite $ 17'754.1 –8.1%
MSCI EM $ 1'119.6 +4.1%
MSCI World $ 3'665.7 –1.1%
Marchés obligataires depuis 31/12/2024
SBI Dom Gov TR 212.3 –5.1%
SBI Dom Non-Gov TR 118.8 –1.5%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2024
SXI RE Funds 541.4 –0.4%
SXI RE Shares 3'837.6 +4.7%
Matières premières depuis 31/12/2024
Pétrole ($/Bbl.) 67.2 –6.3%
Or (CHF/kg) 84'917.2 +10.9%
Cours de change depuis 31/12/2024
EUR/CHF 0.9630 +2.4%
USD/CHF 0.8851 –2.5%
EUR/USD 1.0879 +5.1%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF 0.44% 0.2%–0.5% 0.2%–0.5%
EUR 2.48% 1.9%–2.1% 1.7%–1.9%
USD 4.30% 4.0%–4.4% 3.4%–3.8%
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF 0.80% 0.6%–0.9% 0.5%–0.7%
EUR 2.86% 2.8%–3.0% 2.5%–2.8%
USD 4.31% 4.3%–4.6% 3.8%–4.2%
Renchérissement
2024 2025P 2026P
Suisse 0.7% 0.5% 0.5%
Zone euro 2.2% 1.8% 1.8%
Etats-Unis 2.8% 2.5% 2.3%
Economie (PIB real)
2024 2025P 2026P
Suisse 1.8% 1.8% 1.8%
Zone euro 1.5% 1.6% 1.7%
Etats-Unis 2.6% 1.8% 2.0%
Global 3.0% 3.0% 3.0%
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