Le Swiss Market Index a terminé sa première semaine sur une légère hausse, avec 11’624 points (+0.2 %). C’est correct. Les titres financiers ont surtout bien performé, suivis par ceux de Roche, Novartis et Holcim. L’impression suscitée par les marchés européens a été mitigée. Le constructeur aéronautique Airbus a bien entamé l’année, comme l’entreprise d’infrastructure Engie et Deutsche Telekom.
En revanche, le brusque exode des actions automobiles, que nous évitons depuis longtemps, a poursuivi sa lancée. Nous évitons également les entreprises de produits de luxe, qui ont montré quelques difficultés en ce début d’année. Cela a concerné des entreprises suisses comme Swatch Group et Richemont, ainsi que des groupes français comme LVMH, Kering, Christian Dior, Hermès et L’Oréal. Le grand absent est le consommateur chinois, ce dont le tourisme suisse se ressent également.
En Chine, l’espoir d’une reprise sur le marché des capitaux semble fondre comme la neige au soleil printanier. Après deux jours, l’indice boursier CSI300 négocié à Shanghai et à Shenzhen était déjà nettement plus bas qu’en début d’année (-4.1 %). Ce sont surtout les entreprises technologiques qui ont subi des pertes cuisantes. Les rendements des obligations d’État chinoises, qui ont oscillé entre 3 et 4 % pendant des décennies, ont atteint un creux historiquement bas de 1.6 %. Il s’agit là de clairs signaux de crise dans la deuxième économie au monde, où l’endettement de nombreux promoteurs immobiliers ainsi que des collectivités régionales et locales est très élevé.
En Chine, les personnes qui relatent la véritable évolution macro et microéconomique mènent une vie dangereuse. Il est interdit de mettre en doute les chiffres officiels de la croissance. En 2024, une multitude d’économistes ont été muselés, et ont vu leurs comptes sur les médias sociaux supprimés. A l’inverse, il arrive souvent que les personnes qui décrivent la situation comme rose ou stable suscitent moqueries et sarcasme, avec pour conséquence la fermeture des commentaires figurant sous leurs publications. En Chine, les personnes au pouvoir craignent que si le développement économique continue à se dégrader, des protestations et des troubles sociaux traversent le pays.
Il est fort probable que les valeurs macroéconomiques soient inférieures de 2 % à celles annoncées officiellement. L’année dernière, la croissance a été plus proche de 3 % que de 5 %. Selon les chiffres officiels, l’inflation s’élève à +0.2 %, mais la chute massive des prix d’usine fait plutôt penser à une déflation. Les salaires ont baissé, de même que les prix de l’immobilier, les fermetures d’usines se sont multipliées et de nombreux postes de travail ont été supprimés.
Néanmoins, les Chinois disposent d’un atout. Dans le conflit qui les oppose aux États-Unis sur la question des puces électroniques, les Américains ne parviennent pas à construire une base viable dans leur pays. Le secteur américain de la tech est dépendant du fabricant taïwanais TSMC. Selon le préambule de la Constitution de la République populaire de Chine, Taïwan fait partie intégrante du pays. Toute personne qui le conteste s’expose aux plus grandes difficultés diplomatiques (et commerciales). Les conséquences d’une interruption des livraisons en provenance de Taïwan pour l’économie américaine seraient aussi graves que celles de la Grande Dépression des années 1930.
Avec une part de 72.6 %, les groupes américains dominent les bourses mondiales. Actuellement, Apple est l’entreprise la plus valorisée au monde (3’679 milliards de dollars) et sa pondération dans le MSCI World s’élève à 5.3 %. Ce faisant, la pondération du développeur de l’iPhone est plus importante que celle des 40 entreprises de l’indice phare allemand DAX (2.1 %) et celle du marché boursier français CAC40 (2.4 %) réunies.
Le développeur de semi-conducteurs Nvidia (3’538 milliards) a supplanté Microsoft (3’148 milliards). Leur part dans le MSCI World s’élève respectivement à 5.0 % et 4.2 %, puis viennent Amazon et Alphabet (3.0 % chacune) et Meta Platforms (1.9 %). La société californienne Broadcom (1.5 %) développe et fournit des solutions logicielles pour les semi-conducteurs et les infrastructures. Cette spin-off de Hewlett-Packard figure parmi les étoiles montantes de l’année 2024.
62 des 100 entreprises les plus valorisées au monde ont leur siège aux États-Unis. Leur valeur en bourse a augmenté de 25 % en 2024, atteignant ainsi un nouveau sommet de 45’000 milliards de dollars. Le cycle technologique généré par l’intelligence artificielle (IA) a dopé les revenus, et donc les valorisations, de nombreuses entreprises technologiques. Il devient de plus en plus évident que l’IA est une technologie révolutionnaire à maints égards et qu’elle gagnera en importance pour le monde économique. Bientôt, l’IA sera largement utilisée dans tous les secteurs, sphère privée comprise, et entraînera des changements déterminants.
L’entreprise européenne la plus valorisée n’arrive qu’en 24ème position : il s’agit du groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk (391 milliards), connu pour sa pilule amaigrissante Wegovy. Il est suivi par le groupe français de produits de luxe LVMH (316 milliards), qui figure à la 28ème place. En ce qui concerne le thème de l’IA et, plus généralement, le secteur numérique, les entreprises européennes ne jouent qu’un rôle secondaire. SAP occupe la 32ème place avec sa valeur boursière (296 milliards), et pèse désormais nettement plus que l’ensemble des constructeurs automobiles allemands VW, BMW, Mercedes et Porsche (206 milliards) réunis. Siemens (153 milliards) et Deutsche Telekom (146 milliards) ainsi qu’Allianz (134 milliards) figurent également dans le top 100.
La Suisse est représentée avec trois entreprises, ce qui permet au pays de figurer dans l’indice boursier mondial avec une part de 2.5 %. Roche (226 milliards) a dépassé Nestlé (215 milliards) et Novartis (214 milliards).
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – janvier 2025
Le mardi 14 janvier 2025 et le mardi 21 janvier 2025 aura lieu la 34e édition du Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz au Theater Casino de Zoug et au KKL de Lucerne. Le programme sera mené par le fondateur et CEO Timo Dainese. Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef, et Cyrill von Burg, CIO, expliqueront les perspectives pour l’économie et les marchés des capitaux à l’occasion d’une table ronde
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Séance d’information pour particuliers en suisse-allemand – Placer son argent est aussi une question de confiance
Le jeudi 20 février 2025 aura lieu chez nous au Lüssihof une séance d’information destinée aux particuliers. Cette séance s’adresse principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation. Vous trouverez des informations plus détaillées à ce sujet ainsi que les modalités d’inscription ici :
Ateliers de l’économie de Zugerberg Finanz à l’intention des jeunes – mars 2025
Enthousiasmer et motiver les jeunes ! Samedi, 1er mars 2025 et samedi 8 mars 2025, nous organisons deux ateliers d’une journée pour les jeunes, sous les titres « Fascination économie » et « Fascination bourses et marchés des capitaux ».